Cette exclusion de la communauté légionnaire m'a profondément affecté. Au cours de ces dernières années, je n'ai fait que demander, aussi bien en publique qu'en privé, les choses suivantes:

  1. Justice et réconciliation avec les victimes du père Maciel
  2. Cohérence entre les critères évangéliques et le véritable service des âmes
  3. Transparence dans le gouvernement et dans les finances de la congrégation
  4. Co-responsabilité
  5. Enquête et rédaction de la véritable histoire du père Maciel et de la Légion
  6. Identification et exclusion des éléments pervers hérités du macielisme, que l'on rencontre dans notre culture légionnaire (discrimination en fonction des classes sociales; mensonges; tromperies; utilisations de personnes comme des moyens; culture du résultat en terme quantitatif ; racisme ; infantilisme ; manque de débat et de place pour l'esprit critique...)

Lequel de ces éléments risque de susciter des inquiétudes ? Lequel de ces éléments justifie que je sois interdit de séjour dans ces communautés ?

Est-ce cela, la nouvelle Légion ? Une nouvelle légion qui exclut ceux qui pensent différemment ? Une légion qui n'a pas de place pour le frère incommode ? Pour un frère qui a passé 34 années à vos côtés ? Ne s'agirait-il pas plutôt de la vieille légion, celle qui n'a pas su écouter les victimes du père Maciel ? Celle qui n'a pas voulu écouter ceux qui nous accusaient d'être une secte ? Ne s'agirait-il pas de la même vieille légion qui n'accepte de lire que la revue interne de la communauté, passe son temps à se féliciter et s'auto-congratuler pour ses réussites et ses réalisations... ignorant tous les dégâts qu'elle a faits à l'Eglise et l'urgente nécessité d'un changement radical ?

Personnellement, je suis très inquiet de voir que les protecteurs du père Maciel continuent à visiter des communautés, à prêcher des retraites, à recevoir des nominations de supérieur ou de confesseur. Mais je n'ai jamais considéré qu'ils n'avaient pas le droit de se rendre dans une communauté légionnaire, de déjeuner avec elle ou de dormir dans une chambre. Parce que dans le fond, ce sont des frères... ou peut-être plutôt devrais-je dire : « c'était des frères ». Pour votre gouverne, sachez que je n'ai jamais envoyé d'information à la presse. La lettre sur la vente de l'UNID, je l'ai envoyé à quelques supérieurs, à des conseillers et à quelques prêtres légionnaires. Je n'ai pas donné d'interview. Depuis le début, j'ai toujours signé les lettres en mon nom, et je n'ai jamais écrit en cachette.

Mes frères, c'est le silence des bons qui a permis au père Maciel de faire tant de mal à nos frères. Ne soyez pas complices par votre silence.

Dans le Christ, père Peter F. Byrne, LC