Vous, père Corcuera, autant que le Délégué Pontifical et d'autres responsables de l'Eglise, comme le cardinal Rodé, avez eu connaissance directe des abus sexuels commis par des prêtres et des religieux de la congrégation et avez préféré les étouffer.

Vous savez bien que le père Luis Garza a couvert des affaires de pédophilie commises à Rome ces derniers temps. Des affaires que le père Juan José Arrieta connait également. Des affaires qui ont conduit la prestigieuse association de l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) à devoir faire face à un procès civil, il y a quelques mois, à cause de Javier Legorreta, que vous avez préféré couvrir plutôt que de l'expulser du Regnum Christi, malgré toutes les accusations qui pesaient sur lui.

Vous aviez toutes les informations en main depuis plus de 10 ans, et vous n'avez rien fait, ou plus exactement si : vous avez appliqué la bonne vieille méthode de toujours : déplacer le prédateur sexuel pour le protéger, sans vous préoccuper des victimes.

Vous avez également connaissance depuis plusieurs années de l'injustice commise par votre congrégation à l'égard de ses anciens membres, pour lesquels la congrégation n'a jamais cotisé à la sécurité sociale (NDTr. : ni au régime de retraite).

Vous savez bien comment ceux qui ont osé dénoncer le système pourri et corrompu de la Légion du Christ ont été menacés et diffamés, et que tout cela a provoqué suffisamment de souffrance dans la vie de ces personnes. Un système qui a fait perdre la foi en l'Eglise, un système qui perdure, malgré le fait qu'il soit enraciné sur les enseignements d'un faux prophète.

Voici quelques heures à peine que nous sommes entrés dans une nouvelle année, et je vous écris maintenant cette lettre ouverte, afin que la société connaisse la vérité. Comme l'un de vos religieux l'écrivait il y a quelque temps, avant de se rétracter devant l'impact de ses paroles : « La vie continue pareille ».

Et c'est bien vrai, père Corcuera : vous continuez à mentir et à tromper les gens.

Il paraît que les victimes devraient avoir honte de vous demander la justice ainsi qu'une indemnisation financière. Mais il n'y a aucune honte à demander ce qui est juste, en tout cas, pas en qui me concerne. C'est vous qui avez créé le problème, et je vous ai proposé plusieurs fois de possibles arrangements... mais je n'ai jamais reçu de votre part qu'un silence complice.

Je vous écris ces lignes en espérant qu'elle vous aideront à reconsidérer cette affaire. Nous ne sommes pas les responsables des maux qui vous assaillent. Non, père Corcuera, nous sommes seulement des hommes qui avons été trompés et escroqués par le système nauséabond que vous défendez.

Espérons, père Corcuera, que cette année ne sera pas seulement une année de la FOI, comme le projette le pape Benoît XVI, mais aussi un année pour la justice.

Je vous invite, père Corcuera, comme nous l'enseigne l'Evangile – dont vous prétendez vous nourrir tous les jours – à mettre en pratique les enseignements de ce cyrénéen qui a aidé le Christ à porter sa croix. Soyez comme ce Bon Samaritain qui soigne les blessures de l'homme injustement outragé.

Arrêtez votre pharisianisme par lequel vous feignez de ne pas entendre les tourments de ces personnes qui faisaient autrefois partie de votre famille religieuse. Mettez de côté les apparences et engagez-vous, une bonne fois pour toutes, du côté de la vérité et de la justice.

Faites dans votre vie l'expérience de la joie que procure le fait de donner sans recevoir ; découvrez la paix qu'il y a à donner sans récompense, à être pardonné parce qu'on a pardonné, comme le disait jadis un saint un peu dérangeant à Assise.