Lettre ouverte d'une mère de famille aux Légionnaires du Christ
Par Xavier le mardi 21 juin 2011, - Lien permanent
Avec seulement quatre mois de
retard, je publie aujourd'hui une lettre qu'une maman a voulu donner à lire aux
lecteurs de ce blog. Comme on dit en anglais, c'est un "must
read".
Mardi 22 Février Chaire de St Pierre
Les puissances du mal ne prévaudront pas contre les portes de
l’Eglise
Légionnaires du Christ: Réveillez -vous! Vous avez assez fait de constats et
de constatations. Tout n’est-il pas suffisamment clair? Votre ordre est
constitué et organisé de telle sorte que vos activités piétinent l’humanité, la
vôtre propre et celles de vos frères. Venez et voyez : la croix que vous
choisissez n’est pas un chemin d’humanité.
Réveillez vous, cela veut dire: devenez capable d’entendre la parole de
Jésus qui réveille. Quand vous êtes «rentrés en religion» n’étiez vous pas
venus vers Jésus Sauveur? Aujourd’hui pour vous qui est-Il, que dites vous de
lui? Le Christ que vous proclamez est-il bien Verbe Incarné? Il faut que «par
la foi, vous teniez solides et fermes, ne pas vous laisser détourner de
l’espérance que vous avez reçu en écoutant l’Evangile.» Col 1; 22-23
Benoît XVI a dit: «le mal dont nous demandons à Dieu de nous libérer est en
premier lieu la perte de la foi. Tout le reste en découle, mépris de la dignité
humaine, destruction de la confiance entre les hommes, violence, domination» et
je rajoute orgueil et cruauté. Non, la bénédiction de l’Eglise ne suffit pas.
Il faut scruter les enseignements que vous recevez. Il s’agit de de ne faire
aucune concession pour préserver coûte que coûte le caractère sacré de l’homme
fait à l’ image de Dieu, pour l’honneur de son Nom.
«La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaître les
réalités que l’on ne voit pas. Grâce à la foi, Abel offrit un sacrifice
meilleur que celui de Caïn (Il y a donc des sacrifices qui ne servent pas
Dieu). Or sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu car pour
s’avancer vers lui, il faut croire qu’il existe» (Heb, 11;1-7)
Oui, mais pour croire qu’il existe, il faut d’abord soi-même exister. En
êtes vous bien sûrs? Un régime de type totalitaire, un ordre qui fait main
basse sur les vocations, donne –il à chacun une chance d’exister? Comment
rester objectif sans une subjectivité première? Il faut un «je» pour pouvoir
dire «tu». C’est une ruse subtile qui fait se confondre l’objectivité fruit de
la raison avec l’objectivité fruit de l’indifférence. Or l’existence ne peut
jamais être objet. L’objectivation du péché est la cause de la déchéance du
monde et de vies fonctionnalisées.
Vous qui avez été blessés, vous qui peinez sous le fardeau, voyez entre les
mains du Christ le mystère d’un monde nouveau. Déjà du temps de Noé le genre
humain croissait en nombre et en mal. Dieu se fâcha puis s’en repentit et
depuis, le bien et le mal n’ont cessé de cohabiter. Il faut donc admettre que
juger et discerner à temps et à contretemps sont des actes nécessaires à poser
sans peur et sans reproche pour se garder de l’angélisme qui, tout en voulant
faire l’ange fait la bête. Devenir adulte dans la foi c’est, loin de s’en
remettre à un système parodiant l’efficacité militaire être capable d’éprouver
cette foi qui vous est transmise: est-elle bien celle, vivifiante qui, depuis
les Apôtres s’est conservée et transmise jusqu’à maintenant dans une seule et
unique vérité? C’est aussi oser militer pour éviter d’être une proie, d’être
broyés par un système aveugle, pour refuser en conscience, une
emprise-possession de la vérité, c’est votre droit quand bien même on vous
affirme le contraire! Etes vous de ceux qui veulent voir la vérité?
Avouez: quand votre chef existait, vous n’aviez pas de qualité d’existant.
Vous avez été amenés à implorer un Dieu qui n’était que le complice des
convoitises d’un appareil collectif. Le Père, l’initiateur de ce projet vous a
trompé. Vous en avez été plus d’un fois contrariés mais à cause de votre
allégeance, vous vous êtes détournés de l’Alliance. Oui, «souvenez-vous de
celui qui vous a dirigé: vous a-t-il annoncé la parole de Dieu? Méditez sur
l’aboutissement de la vie qu’il a menée, pouvez-vous l’imiter en sa foi?» (Héb
13; 8). Par rapport à cela où en êtes–vous aujourd’hui, au juste?
Savez vous aujourd’hui ce qu’il faut offrir à Dieu pour lui plaire et de
quelle manière? St Paul dit «Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu
vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la
sagesse (Cor 2, 1-5). N’avez vous pas recherché sans réagir, à acquérir un
prestige aux seules fins de convaincre par des moyens détournés et non par
l’Esprit et la puissance de Dieu? Que pensez-vous de la parole de Jésus «Il est
inutile ce culte qu’ils me rendent, les doctrines qu’ils enseignent ne sont que
des préceptes humains» ou encore vous rejetez bel et bien le commandement de
Dieu pour observer votre tradition» (Marc 7, 1-13)
Le sacrifice intérieur doit être l’expression du don intérieur du cœur, sans
quoi, ce n’est qu’un rituel désincarné qui s’active en faveur d’un Dieu idole.
Relevez la tête! Vous ne priez pas!
On ne peut prier que lorsque, dépassant l’univers cérébral des idées la
parole est enracinée dans l’être qui retrouve son unité. Et pour ce faire, cela
implique une reconnaissance toujours réactualisée du Verbe Incarné.
La proclamation de l’Evangile, c’est professer le Verbe Incarné en la
personne du Christ. Il ne suffit pas de reconnaître Jésus pour fils de Dieu, la
preuve est que celui qui s’est fait passer pour maître le faisait mais tout en
lui démentait l’Incarnation. Pourtant, vous vous en êtes fait un dieu, ou du
moins l’avez accepté comme tel. Aujourd’hui, il a été démasqué appelé «faux
prophète». Vous pouvez oser dire avec l’Eglise: il nous a trompé. Quelle sont
alors, vos conclusions à ce sujet? A quoi et à qui avez vous aliéné votre
liberté?
Accédez à l’existence, votre existence unique en croissance, faite pour
s’épanouir au fur et à mesure de votre liberté. Croyez donc dans le bon sens!
L’absence d’intériorité dont vous êtes des victimes programmées est une folie.
Elle se discerne à peine parce que c’est une folie sociable. Débarrassez-vous
de tout ce qui vous alourdit… Puis, méditez l’exemple de celui qui a enduré de
la part des pécheurs une telle hostilité et vous ne serez pas accablée par le
découragement» Héb 12,1-4 Ainsi ne vous épanchez pas, ne vous confiez pas à
ceux qui égarés, pourraient encore vous tromper, deux fois bourreaux et vous
deux fois anéantis. (Le savez vous, que tout vous a été volé? Savez –vous qu’il
se peut que l’Eglise quand elle se tait, tue elle-même ses enfants?)
Ceux qui sont sortis des rangs parleront pour vous, ils diront que le
christianisme et les droits de l’homme ne font qu’un et qu’il suffit de croire
en l’homme pour les respecter.
Et croire en l’homme, c’est croire au «Fils de l’homme.»
Reprenez pied!… Se lever, cela veut dire reconnaître un seul Dieu pour Père,
un seul Seigneur pour Sagesse et Médiateur. Cela veut dire quitter tout
sentiment révérencieux envers le religieux pour le religieux. Il faut d’abord
avoir éprouvé personnes et faits à l’aune de l’Esprit pour pouvoir ensuite se
mettre à vénérer.
Etes vous bien libérés de votre fondateur avéré faussaire? Pouvez vous
maintenant le toiser de cette toise qui était la sienne et vous a induit en
erreur? Avez-vous confronté sa parole à celle du Christ: savez vous maintenant
juger de la différence? Osez-vous nommer le Mal par son nom sans faux
scrupules, sans culpabilité?
Ne vivez plus à cloche-pied. Quittez Mamon, choisissez Dieu qui promet sans
jamais compromettre. Que reste-t-il de ces pratiques infâmes païennes et
gnostiques? Avez vous purifié par la foi vos intentions? C’est-à-dire,
avez-vous passé vos actions au crible de l’amour authentique qui ne fait pas au
prochain ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse et qui appelle à
l’existence, soi-même et l’autre, résolument.
Ce n’est qu’une fois re-constitués dans la Parole du Christ, épée à double
tranchant dont l’un blesse et l’autre guéri que vous pourrez penser à des
réformes et de nouvelles constitutions.
C’est en rendant témoignage à vous-mêmes, faisant ce que vous dites et donc
à l’Evangile, que vous panserez vos blessures.
Refusez d’octroyer à votre fondateur une reconnaissance d’opacité (de
mystère) c’est-à-dire d’être humain qui mérite d’être salué alors que cette
reconnaissance est refusée à tout légionnaire qui lui, se sent coupable
d’avouer les méfaits ou exactions exercés sur sa personne. Pourquoi cette
sordide re-mise de peine, cette injonction de prier et de se sacrifier pour lui
alors que vous ne pouvez exercer le droit de parole sans vous sentir coupable
d’exister?
Nausée et désespoir est cette ronde folle de l’homme qui veut posséder le
monde et ses créatures soit disant pour les sauver. Comme St Paul, Changez! Que
votre raison ait ses raisons que le cœur connaît. Vous êtes épuisés? Tout est
possible en faveur de celui qui croit! (Marc 9, 14-29)
Alors, finalement dans tout cela, qu’en est-il de votre vocation? Eh bien,
elle est toujours devant vous, il ne faut jamais laisser quiconque fût-t-il le
plus brillant, mettre la main dessus. S’il y a eu choix décisif au début, il y
a en même temps une plasticité continuelle qui lui permet d’évoluer dans une
créativité sans cesse renouvelée. Votre vocation est une aventure unique à
vivre. Personne ne peut s’y insinuer ni prétendre en toucher les droits
d’auteur! L’Eglise est au service de cela et non le contraire!
Une vocation religieuse c’est être disciple du Christ au service de ce qui
est humain dans tout être humain. Conditions à remplir pour trouver son
chemin:
- Demander conseil à qui il est avéré possible de faire confiance. Ne pas
aborder l’Eglise selon vos propres projets.
- Avoir une vie intérieure, une véritable intériorité qui permet de relire
le chemin parcouru.
- Des références:
- le Christ, qui est, par excellence, la figure de la Vie, non pas d’une
religiosité, mais de la vie unifiée dans l’expérience fondamentale de la vie
Trinitaire.
- Les Evangiles, termes clé de la vie humaine, termes clé de toute vie
spirituelle.
Trop d’abondance de paroles nuit. QUE VOTRE OUI SOIT OUI ET VOTRE NON SOIT
NON.
Le moment est venu de rendre témoignage à l’Evangile!
Commentaires
Merci Madame, merci. Cela valait la peine d'être attendu pendant plusieurs mois que de vous lire et d'avoir l'opportunité de nourrir ma méditation matinale. JG
Quelle vigueur ! on est entre Amos et Ezechiel !
un grand merci pour cette parole prophétique