«La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaître les réalités que l’on ne voit pas. Grâce à la foi, Abel offrit un sacrifice meilleur que celui de Caïn (Il y a donc des sacrifices qui ne servent pas Dieu). Or sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu car pour s’avancer vers lui, il faut croire qu’il existe» (Heb, 11;1-7)

Oui, mais pour croire qu’il existe, il faut d’abord soi-même exister. En êtes vous bien sûrs? Un régime de type totalitaire, un ordre qui fait main basse sur les vocations, donne –il à chacun une chance d’exister? Comment rester objectif sans une subjectivité première? Il faut un «je» pour pouvoir dire «tu». C’est une ruse subtile qui fait se confondre l’objectivité fruit de la raison avec l’objectivité fruit de l’indifférence. Or l’existence ne peut jamais être objet. L’objectivation du péché est la cause de la déchéance du monde et de vies fonctionnalisées.

Vous qui avez été blessés, vous qui peinez sous le fardeau, voyez entre les mains du Christ le mystère d’un monde nouveau. Déjà du temps de Noé le genre humain croissait en nombre et en mal. Dieu se fâcha puis s’en repentit et depuis, le bien et le mal n’ont cessé de cohabiter. Il faut donc admettre que juger et discerner à temps et à contretemps sont des actes nécessaires à poser sans peur et sans reproche pour se garder de l’angélisme qui, tout en voulant faire l’ange fait la bête. Devenir adulte dans la foi c’est, loin de s’en remettre à un système parodiant l’efficacité militaire être capable d’éprouver cette foi qui vous est transmise: est-elle bien celle, vivifiante qui, depuis les Apôtres s’est conservée et transmise jusqu’à maintenant dans une seule et unique vérité? C’est aussi oser militer pour éviter d’être une proie, d’être broyés par un système aveugle, pour refuser en conscience, une emprise-possession de la vérité, c’est votre droit quand bien même on vous affirme le contraire! Etes vous de ceux qui veulent voir la vérité?

Avouez: quand votre chef existait, vous n’aviez pas de qualité d’existant. Vous avez été amenés à implorer un Dieu qui n’était que le complice des convoitises d’un appareil collectif. Le Père, l’initiateur de ce projet vous a trompé. Vous en avez été plus d’un fois contrariés mais à cause de votre allégeance, vous vous êtes détournés de l’Alliance. Oui, «souvenez-vous de celui qui vous a dirigé: vous a-t-il annoncé la parole de Dieu? Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’il a menée, pouvez-vous l’imiter en sa foi?» (Héb 13; 8). Par rapport à cela où en êtes–vous aujourd’hui, au juste?

Savez vous aujourd’hui ce qu’il faut offrir à Dieu pour lui plaire et de quelle manière? St Paul dit «Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse (Cor 2, 1-5). N’avez vous pas recherché sans réagir, à acquérir un prestige aux seules fins de convaincre par des moyens détournés et non par l’Esprit et la puissance de Dieu? Que pensez-vous de la parole de Jésus «Il est inutile ce culte qu’ils me rendent, les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains» ou encore vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition» (Marc 7, 1-13)

Le sacrifice intérieur doit être l’expression du don intérieur du cœur, sans quoi, ce n’est qu’un rituel désincarné qui s’active en faveur d’un Dieu idole. Relevez la tête! Vous ne priez pas!

On ne peut prier que lorsque, dépassant l’univers cérébral des idées la parole est enracinée dans l’être qui retrouve son unité. Et pour ce faire, cela implique une reconnaissance toujours réactualisée du Verbe Incarné.

La proclamation de l’Evangile, c’est professer le Verbe Incarné en la personne du Christ. Il ne suffit pas de reconnaître Jésus pour fils de Dieu, la preuve est que celui qui s’est fait passer pour maître le faisait mais tout en lui démentait l’Incarnation. Pourtant, vous vous en êtes fait un dieu, ou du moins l’avez accepté comme tel. Aujourd’hui, il a été démasqué appelé «faux prophète». Vous pouvez oser dire avec l’Eglise: il nous a trompé. Quelle sont alors, vos conclusions à ce sujet? A quoi et à qui avez vous aliéné votre liberté?

Accédez à l’existence, votre existence unique en croissance, faite pour s’épanouir au fur et à mesure de votre liberté. Croyez donc dans le bon sens! L’absence d’intériorité dont vous êtes des victimes programmées est une folie. Elle se discerne à peine parce que c’est une folie sociable. Débarrassez-vous de tout ce qui vous alourdit… Puis, méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité et vous ne serez pas accablée par le découragement» Héb 12,1-4 Ainsi ne vous épanchez pas, ne vous confiez pas à ceux qui égarés, pourraient encore vous tromper, deux fois bourreaux et vous deux fois anéantis. (Le savez vous, que tout vous a été volé? Savez –vous qu’il se peut que l’Eglise quand elle se tait, tue elle-même ses enfants?)

Ceux qui sont sortis des rangs parleront pour vous, ils diront que le christianisme et les droits de l’homme ne font qu’un et qu’il suffit de croire en l’homme pour les respecter.

Et croire en l’homme, c’est croire au «Fils de l’homme.»

Reprenez pied!… Se lever, cela veut dire reconnaître un seul Dieu pour Père, un seul Seigneur pour Sagesse et Médiateur. Cela veut dire quitter tout sentiment révérencieux envers le religieux pour le religieux. Il faut d’abord avoir éprouvé personnes et faits à l’aune de l’Esprit pour pouvoir ensuite se mettre à vénérer.

Etes vous bien libérés de votre fondateur avéré faussaire? Pouvez vous maintenant le toiser de cette toise qui était la sienne et vous a induit en erreur? Avez-vous confronté sa parole à celle du Christ: savez vous maintenant juger de la différence? Osez-vous nommer le Mal par son nom sans faux scrupules, sans culpabilité?

Ne vivez plus à cloche-pied. Quittez Mamon, choisissez Dieu qui promet sans jamais compromettre. Que reste-t-il de ces pratiques infâmes païennes et gnostiques? Avez vous purifié par la foi vos intentions? C’est-à-dire, avez-vous passé vos actions au crible de l’amour authentique qui ne fait pas au prochain ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse et qui appelle à l’existence, soi-même et l’autre, résolument.

Ce n’est qu’une fois re-constitués dans la Parole du Christ, épée à double tranchant dont l’un blesse et l’autre guéri que vous pourrez penser à des réformes et de nouvelles constitutions.

C’est en rendant témoignage à vous-mêmes, faisant ce que vous dites et donc à l’Evangile, que vous panserez vos blessures.

Refusez d’octroyer à votre fondateur une reconnaissance d’opacité (de mystère) c’est-à-dire d’être humain qui mérite d’être salué alors que cette reconnaissance est refusée à tout légionnaire qui lui, se sent coupable d’avouer les méfaits ou exactions exercés sur sa personne. Pourquoi cette sordide re-mise de peine, cette injonction de prier et de se sacrifier pour lui alors que vous ne pouvez exercer le droit de parole sans vous sentir coupable d’exister?

Nausée et désespoir est cette ronde folle de l’homme qui veut posséder le monde et ses créatures soit disant pour les sauver. Comme St Paul, Changez! Que votre raison ait ses raisons que le cœur connaît. Vous êtes épuisés? Tout est possible en faveur de celui qui croit! (Marc 9, 14-29)

Alors, finalement dans tout cela, qu’en est-il de votre vocation? Eh bien, elle est toujours devant vous, il ne faut jamais laisser quiconque fût-t-il le plus brillant, mettre la main dessus. S’il y a eu choix décisif au début, il y a en même temps une plasticité continuelle qui lui permet d’évoluer dans une créativité sans cesse renouvelée. Votre vocation est une aventure unique à vivre. Personne ne peut s’y insinuer ni prétendre en toucher les droits d’auteur! L’Eglise est au service de cela et non le contraire!

Une vocation religieuse c’est être disciple du Christ au service de ce qui est humain dans tout être humain. Conditions à remplir pour trouver son chemin:

- Demander conseil à qui il est avéré possible de faire confiance. Ne pas aborder l’Eglise selon vos propres projets.

- Avoir une vie intérieure, une véritable intériorité qui permet de relire le chemin parcouru.

- Des références:

  • le Christ, qui est, par excellence, la figure de la Vie, non pas d’une religiosité, mais de la vie unifiée dans l’expérience fondamentale de la vie Trinitaire.
  • Les Evangiles, termes clé de la vie humaine, termes clé de toute vie spirituelle.

Trop d’abondance de paroles nuit. QUE VOTRE OUI SOIT OUI ET VOTRE NON SOIT NON.

Le moment est venu de rendre témoignage à l’Evangile!