Et vous continuez à l'embrasser, puisque même après avoir renié Maciel (ce qu'il avait prévu, bien sûr), vous êtes encore agrippés au leurre du « bien » apparu dans les sillons du faux prophète. Vous arguez que vous êtes restés fidèles à la vérité, bien qu'on vous ait demandé de rejeter la foi que vous aviez placé dans votre Fondateur. Vous vous défendez en disant que ce n'est pas si compliqué, mais vous êtes intrigués par ceux qui critiquent l'idée qu'un mauvais instrument peut produire de bonnes choses. Est-ce que nous nous sommes tous fait avoir? Bien sûr que Dieu peut tirer du bien à partir du mal! Bien sûr, cela a été un choc terrible de découvrir la vérité à propos de Maciel, mais ne pensons pas à cela. Nous étions consacré pour toujours au Christ, n'est-ce pas? Mais vous, l'étiez vous? Pour toujours?

Et c'est là que se trouve l'ironie du sort: on vous avait dit, avant même que vous ne rencontriez Maciel et sa Légion, que pour répondre vraiment à l'appel du Christ, il vous fallait mourir à vous même. Et maintenant, vous défendez une Eglise que Maciel à façonné en vous. Abandonnez-la! Brûlez ce que vous avez adoré! Cette Eglise n'est que le produit de votre propre imagination . Maciel, grâce à son système, vous a fait croire en plus que ce n'était pas seulement réel, mais c'était également sain. Rien de tout cela n'est vrai!

Vous êtes tombé dans un piège si ingénieux que même aujourd'hui vous continuez à le défendre. Vous le défendez parce que vous pensez qu'en le défendant, vous défendez le Christ et l'Eglise. Mais le Christ et l'Eglise n'ont pas besoin d'être défendus. Ce que vous défendez aujourd'hui, c'est vous-même! Mais le monde ne dépend pas de VOUS pour sa délivrance et pour son salut. Et puisque vous savez bien cela, dites-moi donc: qu'êtes vous donc en train de faire?

(...)

Le fait est que quand Maciel parlait de «vous»; Quand le pape JPII parlait de «vous»; quand Benoît XVI parlait de «vous», le «vous» que nous voyons tous dans le miroir était ce «vous» façonné à travers le système de formation de Maciel (je parle des personnes intégrées à la Légion et au Regnum Christi, bien sûr). Mais ce «vous» n'étais pas «VOUS»! Le visage dans le miroir n'était pas Vous! C'était une version arrangée pour ressembler à une version du Christ.

Ce visage ne vous ressemble pas, et ne ressemble pas plus à Maciel et encore moins, en fait, au Christ: c'était une version, une version sentimentale, à la manière de Madame Bovary. C'était un Christ blond... au visage aimant, magnifique, miséricordieux. Vous connaissez cette image. Ainsi, lorsque les membres intégrés se regardaient dans le miroir, ils assistait à une véritable tragédie: car atteindre un l'idéal d'une telle image était purement et simplement impossible. C'était une entreprise vouée à l'échec.

Ce fait, plus qu'aucun autre, les a convaincu que leurs souffrances étaient justes. Ils savaient que ce Christ là, était LE seul Christ possible. Ils savaient qu'ils ne pourraient jamais être à la hauteur d'un tel sacrifice. Mais ils devaient essayer. Bien que cela leur paraissait impossible, ils devaient essayer d'atteindre ce but final, afin d'obtenir la Grâce qui leur était promise... s'ils suivaient scrupuleusement toutes les règles et s'ils étaient à la hauteur des espoirs posés sur eux. Cela vous rappelle quelque chose? C'est Mel Gibson!

(Commentaire de Geneviève Kineke (responsable du blog Life-after-rc): Cette dernière boutade, sur Mel Gibson est peut-être un peu injuste, mais c'était une façon de montrer que les gens ont tendance à inventer (ce que j'appelle) «L'Eglise du Moi». La Légion et le RC n'était qu'un moyen pour exploiter toute notre énergie et l'orienter dans la direction voulue par Maciel. J'ajoute que je crois personnellement que l'effort de Maciel était «sincère», dans le sens où il était lui-même convaincu que sa propre vision de l'Eglise... était la bonne. Mais il se trompait, et cela peut sans doute expliquer bien des choses...)