Un gros crapaud = pas de vocation!
Par Xavier le vendredi 4 février 2011, - Témoignages - Lien permanent
Voici
un petit témoignage publié il y a quelques jours par "José", un ancien
légionnaire, dans les commentaire du blog américain Life-after-rc. Nous sommes
désormais assez nombreux, José, à trinquer avec toi!
Je célèbre l'anniversaire de la mort de Maciel comme celui de l'une des plus
grandes farces, aberrations et impostures que l'Eglise n'a JAMAIS connu dans
ses rangs. Personnellement, je me réjouis également que le pèlerinage terrestre
de ce monstre ait pris fin et qu'il récolte maintenant la récompense de sa vie
éternelle – une vie éternelle qui se déroulera probablement dans les tourments
de l'ENFER.
J'ai été légionnaire pendant 11 ans. Si seulement j'avais pu savoir alors ce
que nous savons tous aujourd'hui, comme j'aurais aimé pouvoir lui faire face et
lui partager quelques échantillons de la rage qui m'habite! La dernière fois
que j'ai vu Maciel, juste avant de quitter la Légion, c'était dans le nouveau
Centre d'Etudes Supérieures de Rome, via degli Aldobrandeschi.
C'était vers la fin du mois de septembre 2000. J'attendais depuis longtemps la «permission» de Maciel de pouvoir «abandonner» ma vocation. Je venais de finir mes exercices spirituels, au cours desquels on m'avait forcé malgré moi à renouveler mes voeux. Cela faisait plus de deux ans que j'essayais activement de convaincre mon Directeur Spirituel que le sacerdoce et la Légion n'étaient pas faits pour moi... et j'avais eu le droit, en réponse, au lavage de cerveau habituel, à coup de «Soyez plus généreux!» et de «Vous avez été appelé de toute éternité!».
Mon Directeur Spirituel me conseilla un jour de formuler au père Maciel la
demande d'être relevé de mes voeux. Ce dernier en verrait la pertinence. J'ai
donc écrit au père Maciel, vers la fin du mois de Juillet. Après quoi, je
demandais régulièrement au père Oscar s'il avait reçu la dispense. Mais chaque
fois, il me répondait la même chose: «Soyez patient, et priez».
Une semaine avant les exercices spirituels - au cours desquels j'étais censé
prononcer le renouvellement de mes voeux - je me suis risqué à dire au père
Oscar que je n'étais pas l'aise avec l'idée de renouveler mes voeux. Je pensais
qu'il n'était pas juste de les renouveler, si je n'avais plus l'intention de
les vivre. Il m'a dit que si je n'obtenais pas la dispense, il fallait que je
renouvelle mes voeux, quitte à recevoir la dispense par la suite. J'étais
choqué. J'avais 24 ans, mais comme j'étais entré dans la Légion à 13 ans, et
que depuis, j'avais toujours vécu «l'obéissance aveugle» demandée aux
légionnaires... j'ai accepté. Je suis allé à la messe de renouvellement, mais
je n'ai pas participé activement à celle-ci. C'était seulement un stratagème
pour éviter de provoquer un «scandale» parmi les autres frères.
Revenons à la dernière fois que j'ai vu le père Maciel... J'étais en train
de nettoyer les jardins qui entourent l'université Regina Apostolorum, quand
j'ai découvert un de ces énormes crapauds qu'on trouve beaucoup dans la région.
Si vous n'en avez jamais vu, ils ont facilement la taille d'une main. Ils sont
gros, et vraiment dégoutants. Le père Maciel venait d'arriver à l'Atheneum.
J'ai attrapé le crapaud, et je l'ai amené avec moi vers le père Maciel. Je lui
ai dit: «Hé, Nuestro Padre, comment allez-vous?». Et puis j'ai ajouté:
«Regardez ce que je viens de trouver...» Je lui ai présenté le crapaud dans mes
mains. Ce crapaud faisait facilement la taille des deux mains ensemble. Je
trouvais que ma découverte est assez cool, mais le père Maciel réagit
immédiatement en me montrant son dégout et son mécontentement. Il se retourna
et s'en alla, d'un trait.
J'ai reçu ma dispense quelques jours plus tard! Le père Oscar m'a appelé à
son bureau et m'a dit que le père Maciel était d'accord avec moi sur le fait
que je n'avais pas la vocation... Mais que je ne devais en parler à personne,
et garder cela pour moi. Je n'en avais plus rien à faire: je l'ai dit à tous
ceux que j'ai pu.
On m'a dit, environ une semaine plus tard, que je devais faire mes valises
et les apporter au milieu de la nuit dans le sous-sol du séminaire, là où sont
garées les voitures, et les mettre dans le coffre d'une voiture (la vieille
Ford Orion métallisée). Le jour suivant, alors que la communauté était à la
messe (on m'avait dit de m'habiller avec mon clergyman), on m'a conduit à
l'aéroport. Le frère Marcelo Cecato est celui qui m'a conduit. Sur la route, on
a assisté à un grave accident, juste devant nous. Il y avait des gens blessés,
allongés sur l'autoroute, mais nous avons continué...
Finalement, quand nous sommes arrivés à l'aéroport de Fiumicino, on m'a
donné mes affaires et on m'a demandé d'aller me changer dans les toilettes de
l'aéroport, pour ôter le clergyman.
Après avoir pris un café avec le frère Marcelo, et n'avoir en fait parlé de
rien, j'ai embarqué dans mon avion de la ligne TWA, à la fois excité et
anxieux, devant la nouvelle vie qui m'attendait!
J'ai récolté de l'argent pour une secte; J'ai cherché des vocations; J'ai
toujours souri et je n'ai jamais partagé mes souffrances ou mes véritables
sentiments, ni à ma famille, ni à des amis, parce que cela nous était
interdit.
Il y a de bonnes personnes dans la Légion, mais ils sont pris dans les
chaînes d'une «méthodologie» inhumaine, qui fait d'eux des robots, sans esprit
et sans scrupules.
C'est pourquoi, demain, j'ai l'intention de m'assoir, de déclarer une «Primerissima» et de boire quelques bières pour célébrer la disparition de l'odieuse imposture du «guide efficace pour la jeunesse».
Commentaires
Merci José, ou quel que soit ton vrai nom.
Moi aussi, je suis écoeuré de tout ce que j'ai appris sur Maciel.
Je suis désolé si mes paroles vous choquent, mais personnellement, j'espère bien que Maciel crame au fond de l'enfer. Qu'il souffre maintenant dans l'éternité ce qu'il nous obligé de subir. Si j'avais les sous, j'irais volontiers à Cotija pour pisser sur sa tombe, ou y déverser de nuit une bonne cargaison de purin.
Excusez moi, c'est le coeur qui parle. Et ça vient de 14 ans de souffrance, d'humiliations et de solitude.
Maciel a détruit ma vie, ma famille, ma foi, ma vocation. Il s'est torché le c. avec le plus beau cadeau que je voulais offrir au Bon Dieu: ma vie.
Maintenant, lui qui était tellement épris de lui même, qu'il aille un peu découvrir ce qu'il était, en vérité.
Une mérienda-cena éternelle, avec plein de mozzarella dégueulasses et de frites molles... ça fera bizarre, hein? Pour une fois manger ce que la communauté mangeait!
Je comprends votre colère, mes amis.
Tout cela est sans doute très perturbant. Je ne pense pas qu'on puisse espérer qu'un homme, fût-il aussi méchant que Maciel, aille en enfer.
Parfois je me dis que ce bandit aurait eu besoin qu'on l'arrête, et soit trainer devant la justice de son vivant. Le fait d'être confronté à la justice des hommes, aux regards de ses victimes... cela peut sortir l'homme de son déni. Cela aurait peut-être pu sauver l'âme de Maciel?
Oui, les malheureux prêtres et religieux qui ont couvert Maciel lui ont rendu un bien mauvais service, au final.
Espérons qu'ils se repentent!
Violent .
Violent biensûr !
On nous a interdit de juger, on nous a muselés, bâillonnés, alors maintenant respectons celui qui crie !
Puisse ce cri atteindre ceux qui sont encore dramatiquement enchâinés !
Le seul moyen de respecter celui qui crie, çàd les victimes passées et actuelles du système, ne serait il pas de faire toute la lumière sur les agissements de Maciel... Amour & VERITE se rencontre, JUSTICE & Paix s'embrasse.
or j'ai l'impression qu'on en prend pas le chemin dans l'espoir de sauver ce qui oeut l'être de la Légion. Faut-il sauver la Légion ? Faudrait faire un film sur le sujet