Pour ma part, contrairement à l'auteur de cette réponse, je n'ai pas eu d'autres expériences négatives de l'Eglise. Au contraire. Si je reconnais avoir été profondément blessé par la Légion, je reconnais également avoir trouvé soutien et guérison dans l'Eglise. Saint Ambroise prenait souvent l'image de la «sainte prostituée» pour parler de l'Eglise. Prostituée, certes, à cause des péchés de ses membres... mais sainte, surtout, car Epouse du Christ.

Je remercie l'aimable personne qui m'a offert cette traduction. Je me permets de publier également sa réaction personnelle, qui rejoint parfaitement la mienne:

«Cet article très important mériterait d'être travaillé à la lumière de la catholicité et de se poser la question: mais comment se fait-il que des catholiques ne sachent pas reconnaître ce qui sain ou ne l'est pas?
Par exemple, comment quelqu'un d'un niveau bac ne se rend pas compte que le savoir vivre s'apprend chez Nadine de Rotshild et non dans un couvent!
Comment des appelés à ce qui spirituel ne voient pas que ça n'a rien à voir avec le spirituel? Et que toutes ces règles ressemblent aux innombrables lois du temps de Moïse, qu'il y a eu le Christ depuis, et que ça se sait!
Je suis frappé du côté ridicule qu'il y a dans l'horreur. Ce serait intéressant de le relever car l'effet de comique a le pouvoir de réveiller...»

Réponse à "REGNUM CHRISTI"

REGNUM CHRISTI, bienvenu dans ce blog.

Tu as demandé à être lu. Je l'ai fait. Il est donc juste de me lire à ton tour.

Moi aussi, je suis un ancien légionnaire. Puisque tu as clairement exprimé que tes compagnons ont été pour toi une famille, j'espère que ce «lien» aidera à la communication. Même si contrairement à toi, la Légion du Christ et le Regnum Christi m'ont découragé d'être catholique en tant que tel, comme toi, je pense que cette épreuve a eu ceci de positif qu'elle m'a fait grandir en tant qu'être humain.

Toujours contrairement à ton expérience, le mouvement, mot que tu ornes curieusement d'une majuscule comme il est d'usage de le faire pour mettre en valeur une institution comme fin plus que moyen. Le mouvement donc, pour moi, ne m'a pas appris à aimer le Christ, à m'en remettre à lui et mieux connaître et aimer l'Eglise et le pape. A titre d'exemple, pour faire court et ne pas t'accabler de généralités, un jour, j'ai présenté au père William Brock mon programme de lectures spirituelles, avec quelques encycliques et une «vie du Christ». ll l'a refusé en me disant textuellement que je devais donner la priorité aux lettres de «Nuestro Padre», quintessence de «notre spiritualité», illustrant dans le détail tout ce que Dieu attendait de moi. D'anecdotes de ce type, il y en a beaucoup.

Le Christ, tel qu'il m'a été présenté à la Légion du Christ était un Christ filtré par la grille des convenances instaurées par le fondateur. L'église qui m'a été présentée est un institution hiérarchique, dont le meilleur fruit était la Légion du Christ.

Lequel, je l'admets, quoiqu'il en soit, était moins pire que l'église à laquelle je me suis trouvé confronté quand j'ai quitté la Légion: une institution humaine obscure, hypocrite, incohérente, arbitraire, manipulatrice, autoritaire, arrogante, orgueilleuse. Tout aussi viciée, sinon plus, que la Légion du Christ à cause de ses multiples années d'ancienneté.

Ils ne m'ont pas non plus donné de connaître la liturgie, dans la Légion, au point que, pour servir la messe, il nous suffisait de répéter une chorégraphie, comme des robots. Et ceci n'est pas connaître la liturgie.

A Marie, eh bien, figure-toi que je l'ai davantage reconnue comme mère et amie au sein de la Légion. Je lui ai attribué d'avoir veillé sur moi sachant combien j'avais besoin d'elle. En tout cas, il est certain que c'est dans tout ce temps passé dans la Légion, que je l'ai connue et aimée le plus.

Quant au respect dû aux prêtres, la leçon que j'ai tirée de la Légion fût la nécessité de les remettre en question et de se méfier car nombre de ceux que j'ai connus n'étaient autres que les disciples d'un homme et de son système, et non des hommes consacrés au Christ et à leur prochain. D'autres encore, qui passaient pour des modèles de vertu, se sont avérés être des homosexuels actifs, abusant de mineurs et manipulant les consciences. Et tout cela, bien peignés et le sourire aux lèvres.

En étant dans la Légion du Christ, je me suis cru amoureux du Regnum Christi et membre d'une famille authentique, «réellement accueilli et apprécié de tous». Cependant, le temps, les faits concrets et une analyse honnête de mon histoire, m'ont montré qu'il s'agissait d'un nuage de fumée occultant le fait qu'ils nous dépersonnalisaient, nous coupaient du monde extérieur, nous séparaient de nos parents et amis, nous imposaient l'uniformité la plus contrôlée et surveillée qui soit, en nous privant de toute marque d'amitié et d'affection légitime entre nous. Il nous oubliaient aussitôt quand nous quittions la secte et cessions d'être des numéros figurant dans leurs rapports.

Bien sûr qu'il y a eu «beaucoup de bons moments inoubliables», mais je ne crois pas que l'on puisse dire qu'ils aient été plus nombreux que les moments réellement mauvais, «désagréables».

Si toi, humainement parlant, «tu as appris à être ordonné, discipliné, propre et soigneux, non seulement dans tes habits, tes affaires et ta chambre», ne le prends pas mal si je te dis que tu devais méconnaître des gestes les plus élémentaires à la dignité humaine, qui s'acquièrent dès l'enfance. Il est ridicule d'attribuer comme bienfait à la Légion du Christ ce qui est d'ordinaire exigé dans toute institution digne de ce nom. Dans tes responsabilités, par contre: rien, puisqu'il n'y en pas dans la Légion du Christ. Peut-être que toi, tu en avais? De qui étais tu le secrétaire?

Bien sûr que tu as «appris à mieux t'exprimer oralement et par écrit». Cela fait partie du contrat qu'ils instaurent pour soutirer de l'argent aux familles les plus aisées, et justifie en même temps qu'ils se chargent d'améliorer ta connaissance des règles de savoir-vivre pour manger et t'assoir. J'ajoute, parce que tu l'as oublié, qu'à cette fin, ils donnent des cours d'histoire de l'art, de littérature et de notions d'histoire pour que tu ne passes pas pour un ignorant devant des clients potentiels.

Ce qu'ils t'enseignent par rapport à ton corps peut être vu de façon précise comme l'imposition d'une relation psychologique malsaine à ta sexualité, pour la réguler et l'écraser au lieu de l'intégrer à ta vie, étant donné que les circonstances les plus banales du quotidien de tout homme normal étaient affublées d'une connotation sexuelle, homosexuelle, ou de péché. Ceci pour justifier le fait qu'ils te faisaient doucher avec un maillot de bain, te raser avec une chemise, dormir en pyjama dans la chaleur liquéfiante de Rome, et jusqu'à te prescrire, selon leurs «principes et normes», de faire la queue, dans la maison de vacances de Termini, afin que ce soit un frère spécialement préposé à cette tâche qui mette la crème solaire sur le visage de ses frères... car te laisser «toucher» par n'importe quel frère équivaudrait à forniquer avec lui. C'est à ce degré d'absurdité que l'on parvient dans la Légion du Christ, et qu'on continuera de le faire. Ceci n'est pas du respect de ton corps et de ton esprit, ni même du respect pour la nature que Dieu a créé. Ce n'est qu'un ingrédient aberrant du lavage de cerveau le plus morbide qui soit.

Il est certain que tu apprends à apprécier davantage une promenade dans la campagne ou à la montagne qu'une promenade en ville, et à en être reconnaissant. De la même façon, j'aimais bien le sport que nous pratiquions si souvent et qui me manque. Un merveilleux privilège. Mais la vie religieuse, est-ce cela? Cet argument suffira-t-il à racheter la Légion du Christ?

Car à la Légion, tu te déconnectes du monde, non seulement «du bruit, à l'extérieur», mais également de la réalité elle-même. Et surtout de cette réalité qui se cache derrière les apparences vaniteuses de tant de sainteté, en commençant par celle du fondateur lui-même. Toutes les sectes «ont le privilège» de te déconnecter du monde, y compris de ce concept de monde qui englobe tes parents et ta propre famille.

«Tu apprends à valoriser et respecter chaque personne», mais cela, seulement en théorie et dans les cours d'anthropologie. Dans la pratique, ce que tu constates, c'est que les personnes sont cataloguées en trois catégories: Triple A, Double A, Simple A, ou que «tout le monde a la vocation, jusqu'à preuve du contraire» (Principe élémentaire de la captation, prêché talis et qualis en public par des grands experts comme le père Juan Pedro Oriol).

Mais comme nous irions bien s'il ne s'agissait que de cela. Malheureusement, le respect dû à chaque personne a été violé ouvertement tant de fois par la main, la langue, les muscles, le corps moite et les regards lascifs du fondateur. Ses plus fidèles émules aussi se sont approchés de petits garçons et de petites filles, de femmes ingénues, de prostituées homme ou femme, de prostitués en Thaïlande. Tu dois bien savoir que ton fondateur voyageait en Thaïlande, n'est-ce pas?

Et tu te trompes lourdement quand tu dis «bien que tu ne le supportes pas et ne t'entendes pas bien avec certains, tu les respectes pour ce qu'ils sont et comme ils sont». C'est qu'au sein de la Légion, il t'est tout simplement interdit d'être ami avec tes compagnons et de te permettre avec eux une spontanéité quelconque. Ils t'enseignent à faire semblant et à garder distance. Ils te mentent disant que c'est pour sauvegarder la pureté des relations humaines. Ils font de toi un robot, et te font croire que tu es un déchet humain.

Quand tu dis que «chaque jour tu apprends quelque chose de nouveau de chacun de tes frères», en cela, tu ne fais que répéter un cliché des plus naïfs et romantiques. Du reste, on peut dire la même chose de toute personne avec laquelle tu vis dans n'importe quel autre endroit. La Légion, comme tu devrais enfin t'en rendre compte, n'est pas le seul, ni le meilleur endroit au monde pour apprendre à partager la vie de ton prochain et pour le connaître tel qu'il est. Au contraire, à la Légion, nous ne parvenons jamais à nous connaître.

Qu'ils «donnent un véritable témoignage d'amour et d'abandon filial au Christ et à l'Eglise» cela se voit, en effet, surtout quand ils continuent de nier la vérité sur leur fondateur pendant des mois et des années, par dizaines, et qu'ils n'arrivent toujours pas à demander pardon aux victimes de leurs viols, calomnies, abus de travail et harcèlement moral. L'Evangile leur donne le nom de «sépulcres blanchis». Mais toi, tu les qualifies de «témoignage». C'est peut-être toi qui a raison...

Tu dis que tu es sorti de la Légion du Christ «pour beaucoup de raisons qui n'ont pas de relations avec les problèmes du fondateur». Moi aussi. Il y a 10 ans...

«Qu'ils ne t'ont jamais fait pression pour que tu restes ou partes». Moi non plus.

«Qu'on ne t'a jamais obligé à faire des choses étranges». Moi non plus, si tu veux parler de choses d'ordre sexuel. Avec le temps, tu verras la quantité de choses étranges qu'ils t'ont amené à faire dans d'autres domaines et tu y réfléchiras deux fois avant de l'affirmer.

«Au moment de partir, ils t'ont offert leur appui, non seulement économique, mais aussi moral». A moi aussi, ils m'ont mis 100 dollars en poche, c'est sûr. Et tous les ans, ils m'envoient deux cartes de Noël: une avec la signateur imprimée de rien de moins que celle du Directeur Général. L'autre de mon ex-recteur de Rome. Que nous sommes proches! C'est émouvant!

Et «depuis lors, tu n'as cessé de garder le contact et chaque fois que tu en avais besoin, ils étaient là pour toi». Figures-toi que pour moi aussi, ils étaient disponibles tant que je ne posais pas de questions ni n'exigeait de réponses. Du moment où je leur ai dit quelques «inconvenances», ils ont cessé de m'adresser la parole.

«Et toujours, ils rendent témoignage de l'amour de leur vocation au sacerdoce dans la Légion, où qu'ils aillent». Il y en a quelques uns ainsi, grâce à Dieu. Mais il y en a aussi parmi les protestants et les musulmans. Parmi les athées. Parmi les politiques. A la différence près que certains ne connaissent pas encore la vérité pleine et entière sur leur propre congrégation, parce qu'ils filtrent et continuent de filtrer tout accès au contenu d'information qui ne leur convient pas. Tu sauras à titre d'exemple qu'ils sont en train de quitter leur système de protection pour accéder à Internet, en ce moment même... dans le seul but de mettre en place un système de contrôle encore plus restrictif.

Moi aussi j'ai connu personnellement les père Alvaro Corcuera, Luis Garza, Carlos Garcia et Evaristo Sada. J'ai été l'objet d'attentions et de privilèges. Plus encore: j'ai nagé avec le fondateur et je l'ai vu flotter verticalement dans la piscine de la Direction Générale, tandis que le père Evaristo expliquait qu'il s'agissait d'un effet de son état de sainteté. J'ai dîné avec le fondateur, et j'ai fait des plaisanteries et des commentaires informels pendant toute la soirée. Un vrai boute-en-train!

«Jamais ils ne t'ont demandé un centime, jamais ils n'ont vu en toi une mine d'or, comme beaucoup croient que les Légionnaires voient les personnes». Ils ne sont pas stupides, si tu me permets ce commentaire. Ils savent qu'il ne peuvent pas prendre le risque d'apparaître comme des loups capitalistes, aux yeux de ceux qui sont les acteurs mêmes de leur markéting viral. Surtout avec des personnes comme toi, qui manifestent de tels signes de naïveté.

«Chaque Père Légionnaire que tu as connu t'a enseigné tant de choses, qu'en vérité, tu ne changerais pour rien au monde». Si ta posture initiale est de de ne pas changer, tu ne changeras pas. Et tu ne pourras ni analyser jusqu'à quel point cela vaudrait la peine de revoir ce qu'ils t'ont enseigné, ni le comparer avec ce qui est enseigné par d'autres. C'est assez caractéristique de toutes les sectes.

«Mon Directeur Spirituel, depuis que je le connais, est devenu mon meilleur ami, mon conseiller, mon confident.» Le mien, à Rome, je le considérais comme mon père. Cependant, si j'analyse objectivement son attitude, je vois clair et net qu'il mettait en pratique, bien qu'innocemment, la méthodologie légionnaire. Cela n'est pas la preuve d'une amitié authentique. Cela fait partie d'un travail, pour le moins contestable.

Tu as raison quand tu dis que les crimes perpétrés par le Fondateur (que tu n'as jamais connu) sont bien réels, sont épouvantables et très douloureux. Au moins, tu reconnais cela. Certains n'y arrivent pas. Certains ou certaines le défendent encore. Et d'autres, une fois les masques tombés, essaient de faire retomber sur lui la faute de 60 ans de scandales, délits, crimes, sacrilèges et exactions monnayés en dollars.

«Et la Légion l'a reconnu dès le début, et a demandé pardon et continue de le faire en demandant pardon aux victimes, cela je ne le vois pas mentionné ici». Tu mens. Tu mens effrontément et m'offenses mortellement avec ton mensonge si aveugle, stupide et abominable. La Légion n'a rien reconnu ni admis sinon deux ans après que la vérité ait éclaté sur la double vie du fondateur et qu'elle soit connu des directeurs actuels. Elle l'a fait uniquement parce qu'ils ne pouvaient plus continuer à cacher ce que les médias avaient publié, avec des preuves. Ils n'ont ni demandé pardon, ni indemnisé les victimes. Demande le aux victimes, elles-mêmes. Ici, sur ce blog, intervient Alejandro Espinosa, l'une des victimes les plus connues. Demande le lui.

Et avant de nous accuser de ne pas faire mention dans ce blog du thème de la prétendue demande de pardon que tu affirmes à tort avoir été faite par la Légion, lis bien ce dont nous parlons.

«Peut-être que ce que j'écris vous échappe». Non, petit. Ce que tu dis est si lamentable que même si nous voulions l'ignorer, nous ne pourrions le faire en conscience.

«Et je sais que je serai l'objet d'attaques et de dérisions de la part de quelques-uns d'entre vous.» Si d'avance, tu viens avec des jugements préconçus sur nous, je ne comprends pas le sens de ta démarche. Pour échanger des opinions fondamentales ou bien t'enfermer dans tes propres certitudes, partielles, aveugles et limitées?

«Je sais que beaucoup d'entre vous ont fait des expériences terribles dans la Légion et que certains d'entre vous ont même été directement victimes de Maciel. Vraiment, la main sur le coeur, je regrette beaucoup ce qui vous est arrivé. Je sais très bien qu'une expérience traumatisante est comme une blessure qui met beaucoup de temps à se refermer. Mais on en doit pas «gratter» la blessure tout le temps. Se rappeler des mauvaises expériences ne fait que du mal. Tu finis par te sentir très mal jusqu'à avoir des maladies physiques et même mentales».

Avec ce dernier paragraphes, tu montres explicitement que tu n'as pas la moindre idée de la profondeur et de la portée du mal que ton fondateur et que la Légion du Christ ont causé POUR TOUTE LA VIE. Et tu montres également que tu n'as pas la moindre idée des concepts de justice et de réparation. Il ne s'agit pas de faire remonter à la surface de mauvaises expériences. Il s'agit de dénoncer les crimes. Il s'agit de demander justice. Il s'agit du combat pour la vérité. Il s'agit précisément de combattre la maladie mentale, de dépasser le lavage de cerveau, de vaincre les peurs et de se libérer d’un passé dont tu ne peux imaginer combien il a été sombre et douloureux pour ceux qui ont été VIOLÉS par ton fondateur et abusés moralement par son système de déshumanisation déguisé en Christianisme.

«Qu’ils pardonnent!» Qu’entends-tu toi, par pardon: oublier, faire abstraction? se résigner? C’est cela le pardon pour toi? Cela est digne des êtres humains pour toi? Cela te semble-t-il vraiment chrétien? Cela ressemble-t-il à ce que le Christ nous a enseigné?

«A travers vos commentaires, on remarque la haine et le ressentiment envers de nombreux pères, contre la Légion, contre l’Eglise elle-même…» Dans d’autres commentaires, on remarque l’aveuglément, l’égoïsme insensé, la plus incompréhensible froideur et insensibilité face à la douleur des victimes, de la méchanceté satanique à l’état pur. On voit l’effet profondément affligeant causé par le lavage de cerveau qu’une secte peut opérer sur ses victimes par l’emprise. On voit la confusion dans le jugement qui confond et réduit à la seule notion de «haine» et «ressentiment» (tu as oublié le mot amertume) ce qui, en réalité, n’est qu’une juste colère et indignation éthique, chrétienne, humaine, nécessitant le dévoilement urgent et courageux de la vérité avec des noms, des faits, des dates, des lieux, des contextes.

«Au lieu de lancer des pierres dans le vide, aidez la Légion» NON et NON. Il ne s’agit pas d’aider la Légion, NON. Il s’agit du salut des âmes. Il s’agit de sauver la dignité même du Fils de Dieu. Il s’agit de retrouver cette décence que l’on tient du Christ. Il ne s’agit pas de sauver la face d’une Institution parce que ses structures sont compromises par l’héritage du fondateur dont le pape lui-même a dit «qu’il était dénué d'authentique sentiment religieux».

«Souvenez vous qu’il fût un temps où la Légion était votre maison de famille». Non, petit, ce n’était ni la maison, ni la famille. C’étaient des édifices, des cellules, des chambres, des lieux de contrôle d’une Institution. Jamais une famille.

«Vous avez voulu y aller». Non petit, ils nous ont enrôlés. Ils nous ont menti en faisant passer pour idyllique ce qui ne l’était pas. Ils nous ont trompés, quelques-uns innocemment, d’autres de mauvaise foi.

«On vous a donné un lit, de l’eau, de la nourriture, un toit, des connaissances, des expériences de vie». Nous avions déjà tout cela. Ou bien ta naïveté et ton aveuglément sont tels que tu vas finir par nous dire que la Légion nous a tirés de la rue? Encore une fois, vois comme ils t’ont inculqué l’Institutionnel comme seul et unique mode de pensée.

«Ils vous ont tout donné et ne vous demandaient rien d’autre que votre abandon au Christ». Non, ils ne nous ont rien donné du tout. Ils nous ont donné un minimum, quelquefois, moins encore. Ils nous ont beaucoup pris. Ils nous ont mis de nombreux bâtons dans les roues. Ils nous ont beaucoup refusé. Ils nous ont beaucoup volé. Non contents de demander l’abandon à Dieu, ils en édictaient les termes, les principes et les normes d’après les avis et désirs du fondateur. La remise de soi-même au Christ qu’ils demandaient n’était pas adressé au Christ pour lui–même mais au fondateur et ses sbires, à travers les directives qui leur convenaient.

«Peut-être croirez vous que je suis fermé, que je suis dans la «Matrix» comme beaucoup disent, mais je suis une personne pleinement consciente de tout, du bon et du mauvais qu’il peut y avoir dans la Légion du Christ et le Regnum Christi». Eh bien, ce n’est pas ce qui paraît. Tu filtres. Tu choisis. Si tu étais vraiment conscient «de tout», comme tu le dis, alors, tes propos dépasseraient en arrogance et entêtement la mesure de ton fondateur faussaire, manipulateur, pervers.

«Et si je vous écris tout cela, c’est dans l’intention de vous aider, non de vous attaquer» Nous aider à quoi, au juste?