La Légion du Christ est-elle une oeuvre de Dieu... ou une secte? 3ème partie
Par Xavier le samedi 2 octobre 2010, - Documents clés - Lien permanent
Pour illustrer les deux articles précédents, je publie aujourd'hui un
commentaire qui est apparu il y a quelques jours sur le blog du Trastevere, et que l'on peut lire
actuellement sur la première page du site espagnol de l'AAAEGRLC (Association d'Aide aux Victimes des
Enseignements du Groupe Religieux Légionnaires du Christ)
Il s'agit d'une réponse écrite par un ancien légionnaire à un autre ancien,
sorti récemment de la congrégation. Comme le notait le site Internet exlcesp.com, il s'agit d'une «synthèse
magistrale», qui manifeste brillamment le problème de l'emprise psychologique
que la Légion du Christ, comme la plupart des sectes, conserve sur ses anciens
adeptes.
Il m'apparait de plus en plus qu'il faut un certain temps (plusieurs années, en général) – et un minimum d'honnêteté personnelle - pour parvenir à sortir du halo de culpabilité que la Légion tisse dans les esprits de ses membres... Car on est ici au coeur du problème: une spiritualité bâtie entièrement sur des fondements idéologiques culpabilisants et des techniques de manipulation psychologique insinue dans l'esprit de ses adeptes un besoin insatiable d'auto-justification et une attitude assez aberrante de déni, parfois même des années après que ces derniers aient quitté l'ordre. Ces comportements, convulsifs et irrationnels, appartiennent à ce que les psychologues catégorisent dans les Troubles de Stress Post-Traumatique.
Pour ma part, contrairement à l'auteur de cette réponse, je n'ai pas eu
d'autres expériences négatives de l'Eglise. Au contraire. Si je reconnais avoir
été profondément blessé par la Légion, je reconnais également avoir trouvé
soutien et guérison dans l'Eglise. Saint Ambroise prenait souvent l'image de la
«sainte prostituée» pour parler de l'Eglise. Prostituée, certes, à cause des
péchés de ses membres... mais sainte, surtout, car Epouse du Christ.
Je remercie l'aimable personne qui m'a offert cette traduction. Je me
permets de publier également sa réaction personnelle, qui rejoint parfaitement
la mienne:
«Cet article très important mériterait d'être travaillé à la lumière de la catholicité et de se poser la question: mais comment se fait-il que des catholiques ne sachent pas reconnaître ce qui sain ou ne l'est pas?
Par exemple, comment quelqu'un d'un niveau bac ne se rend pas compte que le savoir vivre s'apprend chez Nadine de Rotshild et non dans un couvent!
Comment des appelés à ce qui spirituel ne voient pas que ça n'a rien à voir avec le spirituel? Et que toutes ces règles ressemblent aux innombrables lois du temps de Moïse, qu'il y a eu le Christ depuis, et que ça se sait!
Je suis frappé du côté ridicule qu'il y a dans l'horreur. Ce serait intéressant de le relever car l'effet de comique a le pouvoir de réveiller...»
Réponse à "REGNUM CHRISTI"
REGNUM CHRISTI, bienvenu dans ce blog.
Tu as demandé à être lu. Je l'ai fait. Il est donc juste de me lire à ton
tour.
Moi aussi, je suis un ancien légionnaire. Puisque tu as clairement exprimé
que tes compagnons ont été pour toi une famille, j'espère que ce «lien» aidera
à la communication. Même si contrairement à toi, la Légion du Christ et le
Regnum Christi m'ont découragé d'être catholique en tant que tel, comme toi, je
pense que cette épreuve a eu ceci de positif qu'elle m'a fait grandir en tant
qu'être humain.
Toujours contrairement à ton expérience, le mouvement, mot que tu ornes
curieusement d'une majuscule comme il est d'usage de le faire pour mettre en
valeur une institution comme fin plus que moyen. Le mouvement donc, pour moi,
ne m'a pas appris à aimer le Christ, à m'en remettre à lui et mieux connaître
et aimer l'Eglise et le pape. A titre d'exemple, pour faire court et ne pas
t'accabler de généralités, un jour, j'ai présenté au père William Brock mon
programme de lectures spirituelles, avec quelques encycliques et une «vie du
Christ». ll l'a refusé en me disant textuellement que je devais donner la
priorité aux lettres de «Nuestro Padre», quintessence de «notre spiritualité»,
illustrant dans le détail tout ce que Dieu attendait de moi. D'anecdotes de ce
type, il y en a beaucoup.
Le Christ, tel qu'il m'a été présenté à la Légion du Christ était un Christ
filtré par la grille des convenances instaurées par le fondateur. L'église qui
m'a été présentée est un institution hiérarchique, dont le meilleur fruit était
la Légion du Christ.
Lequel, je l'admets, quoiqu'il en soit, était moins pire que l'église à
laquelle je me suis trouvé confronté quand j'ai quitté la Légion: une
institution humaine obscure, hypocrite, incohérente, arbitraire, manipulatrice,
autoritaire, arrogante, orgueilleuse. Tout aussi viciée, sinon plus, que la
Légion du Christ à cause de ses multiples années d'ancienneté.
Ils ne m'ont pas non plus donné de connaître la liturgie, dans la Légion, au
point que, pour servir la messe, il nous suffisait de répéter une chorégraphie,
comme des robots. Et ceci n'est pas connaître la liturgie.
A Marie, eh bien, figure-toi que je l'ai davantage reconnue comme mère et
amie au sein de la Légion. Je lui ai attribué d'avoir veillé sur moi sachant
combien j'avais besoin d'elle. En tout cas, il est certain que c'est dans tout
ce temps passé dans la Légion, que je l'ai connue et aimée le plus.
Quant au respect dû aux prêtres, la leçon que j'ai tirée de la Légion fût la
nécessité de les remettre en question et de se méfier car nombre de ceux que
j'ai connus n'étaient autres que les disciples d'un homme et de son système, et
non des hommes consacrés au Christ et à leur prochain. D'autres encore, qui
passaient pour des modèles de vertu, se sont avérés être des homosexuels
actifs, abusant de mineurs et manipulant les consciences. Et tout cela, bien
peignés et le sourire aux lèvres.
En étant dans la Légion du Christ, je me suis cru amoureux du Regnum Christi
et membre d'une famille authentique, «réellement accueilli et apprécié de
tous». Cependant, le temps, les faits concrets et une analyse honnête de
mon histoire, m'ont montré qu'il s'agissait d'un nuage de fumée occultant le
fait qu'ils nous dépersonnalisaient, nous coupaient du monde extérieur, nous
séparaient de nos parents et amis, nous imposaient l'uniformité la plus
contrôlée et surveillée qui soit, en nous privant de toute marque d'amitié et
d'affection légitime entre nous. Il nous oubliaient aussitôt quand nous
quittions la secte et cessions d'être des numéros figurant dans leurs
rapports.
Bien sûr qu'il y a eu «beaucoup de bons moments inoubliables», mais
je ne crois pas que l'on puisse dire qu'ils aient été plus nombreux que les
moments réellement mauvais, «désagréables».
Si toi, humainement parlant, «tu as appris à être ordonné, discipliné,
propre et soigneux, non seulement dans tes habits, tes affaires et ta
chambre», ne le prends pas mal si je te dis que tu devais méconnaître des
gestes les plus élémentaires à la dignité humaine, qui s'acquièrent dès
l'enfance. Il est ridicule d'attribuer comme bienfait à la Légion du Christ ce
qui est d'ordinaire exigé dans toute institution digne de ce nom. Dans tes
responsabilités, par contre: rien, puisqu'il n'y en pas dans la Légion du
Christ. Peut-être que toi, tu en avais? De qui étais tu le
secrétaire?
Bien sûr que tu as «appris à mieux t'exprimer oralement et par
écrit». Cela fait partie du contrat qu'ils instaurent pour soutirer de
l'argent aux familles les plus aisées, et justifie en même temps qu'ils se
chargent d'améliorer ta connaissance des règles de savoir-vivre pour manger et
t'assoir. J'ajoute, parce que tu l'as oublié, qu'à cette fin, ils donnent des
cours d'histoire de l'art, de littérature et de notions d'histoire pour que tu
ne passes pas pour un ignorant devant des clients potentiels.
Ce qu'ils t'enseignent par rapport à ton corps peut être vu de façon précise
comme l'imposition d'une relation psychologique malsaine à ta sexualité, pour
la réguler et l'écraser au lieu de l'intégrer à ta vie, étant donné que les
circonstances les plus banales du quotidien de tout homme normal étaient
affublées d'une connotation sexuelle, homosexuelle, ou de péché. Ceci pour
justifier le fait qu'ils te faisaient doucher avec un maillot de bain, te raser
avec une chemise, dormir en pyjama dans la chaleur liquéfiante de Rome, et
jusqu'à te prescrire, selon leurs «principes et normes», de faire la queue,
dans la maison de vacances de Termini, afin que ce soit un frère spécialement
préposé à cette tâche qui mette la crème solaire sur le visage de ses frères...
car te laisser «toucher» par n'importe quel frère équivaudrait à forniquer avec
lui. C'est à ce degré d'absurdité que l'on parvient dans la Légion du Christ,
et qu'on continuera de le faire. Ceci n'est pas du respect de ton corps et de
ton esprit, ni même du respect pour la nature que Dieu a créé. Ce n'est qu'un
ingrédient aberrant du lavage de cerveau le plus morbide qui soit.
Il est certain que tu apprends à apprécier davantage une promenade dans la
campagne ou à la montagne qu'une promenade en ville, et à en être
reconnaissant. De la même façon, j'aimais bien le sport que nous pratiquions si
souvent et qui me manque. Un merveilleux privilège. Mais la vie religieuse,
est-ce cela? Cet argument suffira-t-il à racheter la Légion du
Christ?
Car à la Légion, tu te déconnectes du monde, non seulement «du bruit, à
l'extérieur», mais également de la réalité elle-même. Et surtout de cette
réalité qui se cache derrière les apparences vaniteuses de tant de sainteté, en
commençant par celle du fondateur lui-même. Toutes les sectes «ont le
privilège» de te déconnecter du monde, y compris de ce concept de monde qui
englobe tes parents et ta propre famille.
«Tu apprends à valoriser et respecter chaque personne», mais cela,
seulement en théorie et dans les cours d'anthropologie. Dans la pratique, ce
que tu constates, c'est que les personnes sont cataloguées en trois catégories:
Triple A, Double A, Simple A, ou que «tout le monde a la vocation, jusqu'à
preuve du contraire» (Principe élémentaire de la captation, prêché talis et
qualis en public par des grands experts comme le père Juan Pedro
Oriol).
Mais comme nous irions bien s'il ne s'agissait que de cela. Malheureusement,
le respect dû à chaque personne a été violé ouvertement tant de fois par la
main, la langue, les muscles, le corps moite et les regards lascifs du
fondateur. Ses plus fidèles émules aussi se sont approchés de petits garçons et
de petites filles, de femmes ingénues, de prostituées homme ou femme, de
prostitués en Thaïlande. Tu dois bien savoir que ton fondateur voyageait en
Thaïlande, n'est-ce pas?
Et tu te trompes lourdement quand tu dis «bien que tu ne le supportes
pas et ne t'entendes pas bien avec certains, tu les respectes pour ce qu'ils
sont et comme ils sont». C'est qu'au sein de la Légion, il t'est tout
simplement interdit d'être ami avec tes compagnons et de te permettre avec eux
une spontanéité quelconque. Ils t'enseignent à faire semblant et à garder
distance. Ils te mentent disant que c'est pour sauvegarder la pureté des
relations humaines. Ils font de toi un robot, et te font croire que tu es un
déchet humain.
Quand tu dis que «chaque jour tu apprends quelque chose de nouveau de
chacun de tes frères», en cela, tu ne fais que répéter un cliché des plus
naïfs et romantiques. Du reste, on peut dire la même chose de toute personne
avec laquelle tu vis dans n'importe quel autre endroit. La Légion, comme tu
devrais enfin t'en rendre compte, n'est pas le seul, ni le meilleur endroit au
monde pour apprendre à partager la vie de ton prochain et pour le connaître tel
qu'il est. Au contraire, à la Légion, nous ne parvenons jamais à nous
connaître.
Qu'ils «donnent un véritable témoignage d'amour et d'abandon filial au
Christ et à l'Eglise» cela se voit, en effet, surtout quand ils continuent
de nier la vérité sur leur fondateur pendant des mois et des années, par
dizaines, et qu'ils n'arrivent toujours pas à demander pardon aux victimes de
leurs viols, calomnies, abus de travail et harcèlement moral. L'Evangile leur
donne le nom de «sépulcres blanchis». Mais toi, tu les qualifies de
«témoignage». C'est peut-être toi qui a raison...
Tu dis que tu es sorti de la Légion du Christ «pour beaucoup de raisons
qui n'ont pas de relations avec les problèmes du fondateur». Moi aussi. Il
y a 10 ans...
«Qu'ils ne t'ont jamais fait pression pour que tu restes ou
partes». Moi non plus.
«Qu'on ne t'a jamais obligé à faire des choses étranges». Moi non
plus, si tu veux parler de choses d'ordre sexuel. Avec le temps, tu verras la
quantité de choses étranges qu'ils t'ont amené à faire dans d'autres domaines
et tu y réfléchiras deux fois avant de l'affirmer.
«Au moment de partir, ils t'ont offert leur appui, non seulement
économique, mais aussi moral». A moi aussi, ils m'ont mis 100 dollars en
poche, c'est sûr. Et tous les ans, ils m'envoient deux cartes de Noël: une avec
la signateur imprimée de rien de moins que celle du Directeur Général. L'autre
de mon ex-recteur de Rome. Que nous sommes proches! C'est émouvant!
Et «depuis lors, tu n'as cessé de garder le contact et chaque fois que
tu en avais besoin, ils étaient là pour toi». Figures-toi que pour moi
aussi, ils étaient disponibles tant que je ne posais pas de questions ni
n'exigeait de réponses. Du moment où je leur ai dit quelques «inconvenances»,
ils ont cessé de m'adresser la parole.
«Et toujours, ils rendent témoignage de l'amour de leur vocation au
sacerdoce dans la Légion, où qu'ils aillent». Il y en a quelques uns
ainsi, grâce à Dieu. Mais il y en a aussi parmi les protestants et les
musulmans. Parmi les athées. Parmi les politiques. A la différence près que
certains ne connaissent pas encore la vérité pleine et entière sur leur propre
congrégation, parce qu'ils filtrent et continuent de filtrer tout accès au
contenu d'information qui ne leur convient pas. Tu sauras à titre d'exemple
qu'ils sont en train de quitter leur système de protection pour accéder à
Internet, en ce moment même... dans le seul but de mettre en place un système
de contrôle encore plus restrictif.
Moi aussi j'ai connu personnellement les père Alvaro Corcuera, Luis Garza,
Carlos Garcia et Evaristo Sada. J'ai été l'objet d'attentions et de privilèges.
Plus encore: j'ai nagé avec le fondateur et je l'ai vu flotter verticalement
dans la piscine de la Direction Générale, tandis que le père Evaristo
expliquait qu'il s'agissait d'un effet de son état de sainteté. J'ai dîné avec
le fondateur, et j'ai fait des plaisanteries et des commentaires informels
pendant toute la soirée. Un vrai boute-en-train!
«Jamais ils ne t'ont demandé un centime, jamais ils n'ont vu en toi une
mine d'or, comme beaucoup croient que les Légionnaires voient les
personnes». Ils ne sont pas stupides, si tu me permets ce commentaire. Ils
savent qu'il ne peuvent pas prendre le risque d'apparaître comme des loups
capitalistes, aux yeux de ceux qui sont les acteurs mêmes de leur markéting
viral. Surtout avec des personnes comme toi, qui manifestent de tels signes de
naïveté.
«Chaque Père Légionnaire que tu as connu t'a enseigné tant de choses,
qu'en vérité, tu ne changerais pour rien au monde». Si ta posture initiale
est de de ne pas changer, tu ne changeras pas. Et tu ne pourras ni analyser
jusqu'à quel point cela vaudrait la peine de revoir ce qu'ils t'ont enseigné,
ni le comparer avec ce qui est enseigné par d'autres. C'est assez
caractéristique de toutes les sectes.
«Mon Directeur Spirituel, depuis que je le connais, est devenu mon
meilleur ami, mon conseiller, mon confident.» Le mien, à Rome, je le
considérais comme mon père. Cependant, si j'analyse objectivement son attitude,
je vois clair et net qu'il mettait en pratique, bien qu'innocemment, la
méthodologie légionnaire. Cela n'est pas la preuve d'une amitié authentique.
Cela fait partie d'un travail, pour le moins contestable.
Tu as raison quand tu dis que les crimes perpétrés par le Fondateur (que tu
n'as jamais connu) sont bien réels, sont épouvantables et très douloureux. Au
moins, tu reconnais cela. Certains n'y arrivent pas. Certains ou certaines le
défendent encore. Et d'autres, une fois les masques tombés, essaient de faire
retomber sur lui la faute de 60 ans de scandales, délits, crimes, sacrilèges et
exactions monnayés en dollars.
«Et la Légion l'a reconnu dès le début, et a demandé pardon et continue
de le faire en demandant pardon aux victimes, cela je ne le vois pas mentionné
ici». Tu mens. Tu mens effrontément et m'offenses mortellement avec ton
mensonge si aveugle, stupide et abominable. La Légion n'a rien reconnu ni admis
sinon deux ans après que la vérité ait éclaté sur la double vie du fondateur et
qu'elle soit connu des directeurs actuels. Elle l'a fait uniquement parce
qu'ils ne pouvaient plus continuer à cacher ce que les médias avaient publié,
avec des preuves. Ils n'ont ni demandé pardon, ni indemnisé les victimes.
Demande le aux victimes, elles-mêmes. Ici, sur ce blog, intervient Alejandro
Espinosa, l'une des victimes les plus connues. Demande le lui.
Et avant de nous accuser de ne pas faire mention dans ce blog du thème de la
prétendue demande de pardon que tu affirmes à tort avoir été faite par la
Légion, lis bien ce dont nous parlons.
«Peut-être que ce que j'écris vous échappe». Non, petit. Ce que tu
dis est si lamentable que même si nous voulions l'ignorer, nous ne pourrions le
faire en conscience.
«Et je sais que je serai l'objet d'attaques et de dérisions de la part
de quelques-uns d'entre vous.» Si d'avance, tu viens avec des jugements
préconçus sur nous, je ne comprends pas le sens de ta démarche. Pour échanger
des opinions fondamentales ou bien t'enfermer dans tes propres certitudes,
partielles, aveugles et limitées?
«Je sais que beaucoup d'entre vous ont fait des expériences terribles
dans la Légion et que certains d'entre vous ont même été directement victimes
de Maciel. Vraiment, la main sur le coeur, je regrette beaucoup ce qui vous est
arrivé. Je sais très bien qu'une expérience traumatisante est comme une
blessure qui met beaucoup de temps à se refermer. Mais on en doit pas «gratter»
la blessure tout le temps. Se rappeler des mauvaises expériences ne fait que du
mal. Tu finis par te sentir très mal jusqu'à avoir des maladies physiques et
même mentales».
Avec ce dernier paragraphes, tu montres explicitement que tu n'as pas la moindre idée de la profondeur et de la portée du mal que ton fondateur et que la Légion du Christ ont causé POUR TOUTE LA VIE. Et tu montres également que tu n'as pas la moindre idée des concepts de justice et de réparation. Il ne s'agit pas de faire remonter à la surface de mauvaises expériences. Il s'agit de dénoncer les crimes. Il s'agit de demander justice. Il s'agit du combat pour la vérité. Il s'agit précisément de combattre la maladie mentale, de dépasser le lavage de cerveau, de vaincre les peurs et de se libérer d’un passé dont tu ne peux imaginer combien il a été sombre et douloureux pour ceux qui ont été VIOLÉS par ton fondateur et abusés moralement par son système de déshumanisation déguisé en Christianisme.
«Qu’ils pardonnent!» Qu’entends-tu toi, par pardon: oublier, faire
abstraction? se résigner? C’est cela le pardon pour toi? Cela est digne des
êtres humains pour toi? Cela te semble-t-il vraiment chrétien? Cela
ressemble-t-il à ce que le Christ nous a enseigné?
«A travers vos commentaires, on remarque la haine et le ressentiment
envers de nombreux pères, contre la Légion, contre l’Eglise elle-même…»
Dans d’autres commentaires, on remarque l’aveuglément, l’égoïsme insensé, la
plus incompréhensible froideur et insensibilité face à la douleur des victimes,
de la méchanceté satanique à l’état pur. On voit l’effet profondément
affligeant causé par le lavage de cerveau qu’une secte peut opérer sur ses
victimes par l’emprise. On voit la confusion dans le jugement qui confond et
réduit à la seule notion de «haine» et «ressentiment» (tu as oublié le mot
amertume) ce qui, en réalité, n’est qu’une juste colère et indignation éthique,
chrétienne, humaine, nécessitant le dévoilement urgent et courageux de la
vérité avec des noms, des faits, des dates, des lieux, des contextes.
«Au lieu de lancer des pierres dans le vide, aidez la Légion» NON
et NON. Il ne s’agit pas d’aider la Légion, NON. Il s’agit du salut des âmes.
Il s’agit de sauver la dignité même du Fils de Dieu. Il s’agit de retrouver
cette décence que l’on tient du Christ. Il ne s’agit pas de sauver la face
d’une Institution parce que ses structures sont compromises par l’héritage du
fondateur dont le pape lui-même a dit «qu’il était dénué d'authentique
sentiment religieux».
«Souvenez vous qu’il fût un temps où la Légion était votre maison de
famille». Non, petit, ce n’était ni la maison, ni la famille. C’étaient
des édifices, des cellules, des chambres, des lieux de contrôle d’une
Institution. Jamais une famille.
«Vous avez voulu y aller». Non petit, ils nous ont enrôlés. Ils
nous ont menti en faisant passer pour idyllique ce qui ne l’était pas. Ils nous
ont trompés, quelques-uns innocemment, d’autres de mauvaise foi.
«On vous a donné un lit, de l’eau, de la nourriture, un toit, des
connaissances, des expériences de vie». Nous avions déjà tout cela. Ou
bien ta naïveté et ton aveuglément sont tels que tu vas finir par nous dire que
la Légion nous a tirés de la rue? Encore une fois, vois comme ils t’ont
inculqué l’Institutionnel comme seul et unique mode de pensée.
«Ils vous ont tout donné et ne vous demandaient rien d’autre que votre
abandon au Christ». Non, ils ne nous ont rien donné du tout. Ils nous ont
donné un minimum, quelquefois, moins encore. Ils nous ont beaucoup pris. Ils
nous ont mis de nombreux bâtons dans les roues. Ils nous ont beaucoup refusé.
Ils nous ont beaucoup volé. Non contents de demander l’abandon à Dieu, ils en
édictaient les termes, les principes et les normes d’après les avis et désirs
du fondateur. La remise de soi-même au Christ qu’ils demandaient n’était pas
adressé au Christ pour lui–même mais au fondateur et ses sbires, à travers les
directives qui leur convenaient.
«Peut-être croirez vous que je suis fermé, que je suis dans la «Matrix»
comme beaucoup disent, mais je suis une personne pleinement consciente de tout,
du bon et du mauvais qu’il peut y avoir dans la Légion du Christ et le Regnum
Christi». Eh bien, ce n’est pas ce qui paraît. Tu filtres. Tu choisis. Si
tu étais vraiment conscient «de tout», comme tu le dis, alors, tes propos
dépasseraient en arrogance et entêtement la mesure de ton fondateur faussaire,
manipulateur, pervers.
«Et si je vous écris tout cela, c’est dans l’intention de vous aider, non de vous attaquer» Nous aider à quoi, au juste?
Commentaires
Invité par un responsable laïc d’une œuvre de Regnum Christi j’avais croisé Maciel lors de sa venue à Meudon il y a une dizaine d’année… j’avais vu un homme blafard et sans charisme… et je me souviens ne l’avoir écouté que quelques minutes avant de m’éclipser de la conférence…
En attendant il demeure toujours une référence pour la Légion :
http://www.sacerdoce.fr/page-10036-...
photo inédite de maciel : la syphilis appraît...
Et puis c'te pédophile, on ne savait même pas s'il était prêtre . L'enquête n'a pas cherché de ce côté là et il l'aurait fallu car si on avait découvert le-pot-aux roses, on en serait pas là aujourd'hui : à savoir comment on nomme ce sordide individu, qui entre autre est un intrigant, on ne le proposerait pas comme modèle "privé", à 800 prêtres, 2500 séminaristes et à 75 000 "adhérents" du RC !