La sagesse du père Peter Cronin (1949-1999)
Par Xavier le vendredi 20 août 2010, - Documents clés - Lien permanent

Je publie aujourd'hui une lettre qui a été écrite par le père Peter
Cronin, prêtre irlandais, qui a été Légionnaire du Christ pendant vingt ans...
avant de rejoindre l'archidiocèse de Washington, en 1985. Après quelques années
de recul, le père Cronin revient sur son expérience de vie à la Légion, et
propose une analyse d'une très grande finesse. Il finit sa vie prématurément, à
l'âge de 50 ans. Le père Cronin a écrit cette lettre le 23 octobre 1996, à
l'attention de Pat Kenny, un animateur de radio qui s'était intéressé à la
question.
Je joins, à la suite de la lettre, une courte biographie du père
Cronin.
La version originale de cette lettre, en anglais, se trouve sur le site de Regain Network.
Je remercie de nouveau l'aimable personne qui nous offre cette magnifique traduction.
La Légion du Christ : une Organisation sectaire.
Je suis un prêtre catholique, curé de l’Eglise St Michel Archange : une
grande paroisse dans le Silverspring MD, aux portes de Washington DC. Je me
suis rendu, il y a une semaine en Irlande, à l’occasion d’un mariage et j’ai
entendu quelques commentaires dans votre programme radiophonique à propos de la
Légion du Christ. Ils ont d’autant plus retenu mon attention que j’y ai passé
une grande partie de ma vie, de 1965 à 1985.
Au tout jeune âge de 16 ans, j’ai obtenu le Certificat de fin d’études à Drimnagh Castle et avec quelques 20 autres élèves, j’ai rejoint les légionnaires qui se trouvaient à Belgard Castle à Clondalkin.
Après avoir postulé pendant les mois d’été, nous sommes entrés au noviciat
(2 ans) puis prononcé les vœux de religion. Je fus envoyé à Salamanque en
Espagne pour une année d’études classiques et d’espagnol et de là je suis allé
à Rome pour étudier la philosophie. Trois ans plus tard j’ai été assigné à
l’Institut Irlandais, une école légionnaire de Mexico où j’ai travaillé de 1971
à 1975. Je suis alors retourné à Rome où j’ai étudié la théologie pendant les
trois années qui suivent. En 1979, j’étais assigné au noviciat du Connecticut
où je suis resté jusqu’en 1985, moment où j’ai quitté les Légionnaires du
Christ.
Je suis actuellement prêtre dans l’archidiocèse de Washington. Le problème
au centre de la discussion de votre programme semblait porter sur la question
de savoir si la Légion du Christ était un ordre religieux dans le sens large ou
bien si c’était une secte. Si je me réfère à mon expérience personnelle, je
peux dire que l’ordre combine les éléments de ces deux réalités. C’est à la
fois un ordre extrêmement conservateur, qui a érigé le programme de formation
des étudiants sur le modèle de celui des premiers Jésuites et une bonne partie
de son apostolat est calquée sur celui de l’Opus Dei.
Il a ses Constitutions et Règles, des formes d’apostolats spécifiques, des
activités comme il en va des autres ordres. Mais simultanément, la Légion
recourt à des stratégies et techniques qui relèvent de procédés employés dans
les sectes ou groupes sectaires et en cela, il se distingue des congrégations
religieuses traditionnelles. En voici quelques exemples :
1. Cet Ordre a le programme de recrutement le plus efficace qui soit au sein
de l’Eglise catholique. Le nombre des recrues, c’est ce qui est important pour
la Légion en matière de crédibilité et d’approbation par les autorités de
l’Eglise. Malgré cette bonne impression il y a une sélection minimale et aucun
discernement vrai à savoir s’il y a vocation ou si le mode de vie convient ou
non à tel ou tel individu. Les qualités particulières - humaines,
psychologiques ou spirituelles- du candidat ne rentrent jamais en ligne de
compte. Mais quand l’Ordre jette son dévolu sur un jeune, tout son pouvoir de
persuasion et de séduction est mis en œuvre.
2. La Légion recrute abondamment chez les jeunes. Plus ils sont jeunes,
mieux c’est. Vers la mi-adolescence pour le noviciat, et encore plus jeunes
pour les centres de Vocation. Dans ces écoles, des garçons âgés de 11 et 12 ans
sont influencés dans la direction d’une vie pour la Légion. En tous cas, pour
ce qui est des écoles à Mexico, en Espagne et aux Etats-Unis (Centre Harbor New
Hampshire).
L’idée est que la personne doit être mise sous influence aussi tôt que possible pour que lui soit inculqué l’esprit de la Légion de façon à ce qu’aucune autre influence puisse s’immiscer et porter atteinte à sa vocation, à sa «personnalité» de légionnaire. Tenu à l’écart de toute autre influence, le candidat est alors dans sa jeunesse et immaturité rendu très vulnérable au lavage de cerveau.
3. Une fois rentré dans l’Ordre, la personne est soumise à la phase de
formation la plus intensive, c’est-à-dire: le lavage de cerveau.
Le terme employé par la Légion pour qualifier cela est le mot de
«formation». Le dit lavage de cerveau advient par une combinaison de divers
éléments qui influencent et contrôlent la personne avec grande efficacité, par
exemple, la direction spirituelle et la confession.
Le droit canon stipule que les séminaristes et religieux devraient jouir
d’une entière liberté de choix pour un confesseur et directeur spirituel. Dans
la Légion, ce n’est pas le cas: il n’y a pas de liberté, du tout. Tous les
légionnaires reçoivent la confession et la direction spirituelle de leurs
Supérieurs, au noviciat, pendant leurs années de formation et même au delà,
quand ils sont prêtres.
C’est une véritable aberration, du fait que cela met la personne sous le
contrôle absolu du Supérieur. Cela signifie que le Supérieur peut recommander
ou non une personne à la prononciation des vœux, à des tâches ou à des postes
de responsabilité, qu’il a accès au for intérieur de la personne en question.
La confession et la direction spirituelle sont les leviers dans les mains de la
Légion pour forcer les individus sous cette emprise à rester dans la Légion.
Egalement pour les convaincre de ce que, recevant leur vocation d’être dans la
Légion, de Dieu Lui-même, ils doivent se conformer totalement à la Légion et
aux désirs des Supérieurs, lesquels obtiennent ainsi entière gouverne sur la
conscience et emprise sur l’esprit de la personne.
Les légionnaires sont constamment exhortés à tout dire aux
Supérieurs/directeurs spirituels, à ne rien garder pour eux-mêmes, à ne pas
avoir de secrets.
D’autres outils de «lavage de cerveau» sont les conférences, discours,
retraites, prêches, constamment diffusés dans les communautés qui répètent
inlassablement le message essentiel.
Dans tout cela, le message de base, la toile de fond est que les membres ont
«Vocation» d’être dans la Légion et cette appel vient de Dieu, de toute
éternité. C’est la volonté de Dieu qu’ils soient là. S’ils ne répondent pas à
cette vocation, il y va de leur salut, ils risquent la damnation
éternelle.
C’est ce message sous forme de tam-tam incessant qui martèle de son rythme
lancinant toute la vie de la Légion. C’est le mode de communication le plus sûr
et le plus persuasif parce que continuel, obsédant.
4. Dès l’instant où elle s’engage dans la Légion du Christ, la personne est
soumise à un contrôle total de tout ce qu’elle fait, ce qu’elle dit, ce qu’elle
pense. La légion se réfère à cela sous le nom d’«intégration» et le légionnaire
doit tout faire pour mener à bien intégration de comportement, d’esprit et de
volonté. Cela implique une entière conformité à la loi de la Légion, en tout.
Sa personnalité doit être transformée en personnalité de la Légion et pour ce
faire, il doit perdre sa propre personnalité. Toute forme d’expression d’une
individualité quelconque doit être gommée: cela est clairement souligné, dès le
début.
Toutefois, cette action est menée de façon subtile, douce même, avec sourire et bonne humeur, de sorte que la victime ne le remarque pas.
5. Quand nous nous sommes engagés dans la Légion, nous avons pensé qu’il
s’agissait là d’un Ordre comme les autres grands Ordres:Dominicains,
Franciscains ou Jésuites.
Nous avons été trompés du fait que beaucoup de choses nous ont été cachées jusqu’à une date avancée. Il y avait toujours un voile de secret: les visites chez soi, l’apostolat de la Légion (Regnum Christi), le terrain était en constante évolution et changements. Cela prenait des années jusqu’à ce que nous puissions avoir une vision globale des choses.
6. La personne qui rentre dans la Légion est systématiquement séparée et éloignée de toute autre influence, particulièrement des parents et de la famille, la culture, l’Eglise et la société en général (le monde). Les personnes extérieures à la Légion sont considérés comme «étrangères». On parle avec eux dans la plus grande méfiance. Communiquer avec eux n’est admis que sous contrôle et la plus part du temps on en est dissuadé (sauf quand la Légion y voit un intérêt de captation pour atteindre ses buts). Il est interdit aux légionnaires de communiquer avec ces personnes dites extérieures et si c’est le cas, il faut rapporter de tout ce qui a été dit, ce qui a été fait avec elles.
7. Dans la Légion du Christ, l’individu n’a pas de sphère privée, que ce
soit psychologique ou physique. Il n’a pas d’espace propre: les Supérieurs ont
le droit de rentrer sans frapper dans les chambres, de s’y rendre et de
contrôler biens et effets personnels en son absence (et cela sans qu’il le
sache). Le légionnaire n’a pas de temps pour lui-même puisque depuis le réveil,
tout est intensivement prévu et encadré.
Les membres sont incités à espionner et à rapporter ce qu’ils ont vu, à tout moment. «Nous devons aider fr. John et quel meilleur moyen que de tenir nos Supérieurs au courant, puisque personne d’autre mieux qu’eux peuvent l’aider...» Il y a des règles (au bas mot des milliers qui contrôlent et dirigent chaque fait et geste de la vie (manger, marcher, parler etc…)
8. La garde du secret envers le monde extérieur est aussi un trait
caractéristique de la secte. Dans l’Ordre, on s’y réfère sous les vocables de
«prudence» ou «discrétion» ou «esprit de réserve». Du fait que les gens
extérieurs constituent une menace, les membres n’ont pas le droit de
communiquer avec qui que ce soit d’extérieur à la communauté sans la permission
du Supérieur, les membres de la famille y compris. Aucune information sur
l’Ordre: ses pratiques, règles, habitudes, plans, Constitutions, Règlements, ne
peut être transmise à l’extérieur. Essayez de leur demander une copie de leurs
Constitutions, de leurs Règlements, de l’édition complète des lettres du père
Maciel, le Manuel du Regnum Christi, les documents du Chapitre…
9. Il y a donc un contrôle absolu de la communication avec le monde
extérieur et ce qui en provient: toutes les lettres entrantes ou sortantes -
celles des parents ou famille comprises - sont ouvertes et lues par les
Supérieurs. Cela vaut pour les novices à tous les stades de formation, pour les
prêtres aussi. Les journaux, magazines et livres sont lus et censurés par les
Supérieurs.
Il n’est pas possible d’avoir un directeur spirituel ou conseiller extérieur
à l’Ordre. C’est interdit.
10. Le même contrôle de la communication avec l’extérieur est exercé à
l’intérieur de l’Ordre et entre les membres. Personne ne peut se confier à un
autre membre d’aucune façon à l’intérieur de l’ordre, particulièrement s’il a
un problème, quel qu’il soit. Il doit en référer au Supérieur et seulement au
Supérieur. C’est un contrôle, une vigilance permanente exercée par le
Supérieur. Aucune amitié particulière n’est tolérée entre les
membres.
11. A l’intérieur de l’ordre, il y a un cruel manque de dialogue,
discussion, possibilité de contestation ou d’opposition. Il n’y a de place pour
aucun désaccord avec la Légion. Le membre doit accepter tout ce que l’Ordre dit
sans questionnement. Chaque règle, chaque ordre, chaque idée de la Légion est
d’ordre divin et directement inspirée par Dieu et par conséquent ne saurait
être mis en doute. Dès lors, dès que l’on met en question une ligne d’action,
une règle, une décision, la personne concernée est punie et peut même être
ostracisée, envoyée dans quelque endroit perdu (comme les Missions de Quntana
Roo, au Mexique) d’où elle ne pourra plus influencer les autres d’aucune
façon.
12.Une autre caractéristique sectaire de l’Ordre est la difficulté d’en
sortir. Il est extrêmement difficile de sortir puisque l’on est constamment
guidé, encouragé à rester à l’aide de toutes sortes d’arguments et on est
spécialement rivé par un complexe de culpabilité. «Vous trahissez votre
vocation, vous êtes responsables des âmes qui seront perdues si vous partez...»
Quand un membre a pris la décision de partir, il est soigneusement mis à
l’écart du reste de l’ordre en étant transféré dans une autre maison ou bien
une campagne de rumeurs est répandue parmi les autres membres: «Méfiez vous de
fr. Peter, il a des problèmes».
Tous ceux qui sont partis ont fait la même expérience. Le sentiment
d’isolement et de solitude chez ceux qui sortent, est terrible.
13. Une fois sortis de Légion, les ponts sont coupés. J’ai passé 20 ans dans
la Légion, depuis le jour où je suis parti, je n’ai jamais rien entendu de
l’Ordre, jamais reçu de lettre, d’appel téléphonique, encore moins d’invitation
à rendre visite ou bien même de visite de leur part (même si pendant 11 ans,
j’ai vécu dans un rayon de quelques kilomètres de leur Centre aux alentours de
Washington). Je n’ai reçu absolument aucune aide ni soutien pour me déplacer
dans un autre diocèse, aucune aide pour continuer dans la prêtrise, aucune
marque d’intérêt en tant que personne ou en tant que prêtre. Pendant 20 ans, la
Légion a été «ma vie» «ma famille» «mon monde» mais à partir du moment où j’ai
passé la porte, le 27 juillet 1985, je n’ai plus jamais rien entendu d’eux. Je
suis venu dans ce diocèse directement contre leur gré et il m’a été très
difficile d’obtenir les documents nécessaires à mon incardination.
Sortir de l’Ordre est le seul moyen de manifester son désaccord avec la
Légion et cette dernière le prend pour une offense, un rejet.
SORTIE COMME «EXODUS»
Ceci a commencé par un bref message sous forme d’e-mail mais une fois lancé,
les vannes se sont ouvertes. J’ai mis du temps à retrouver mon équilibre mais
je me sens hors du système de la Légion du Christ. C’est du passé. Il y a 5 ans
environ, j’ai mis sur pied un «réseau» d’anciens membres de l’Ordre. Une
trentaine dont quelques prêtres, d’anciens prêtres et d'autres qui avaient
passé quelques années dans l’ordre comme étudiants. Il existe un réseau
semblable en Espagne. Nous communiquons quelques fois par an. Certains se
rencontrent ici ou en Irlande pour partager leurs expériences, histoires,
faites d’incidents cocasses parfois (Volez une phrase à Paddy Crosby). On
pourrait faire un film sur les divers chemins de fuite, les stratégies, les
histoires de survie.
Je parle souvent de ma dernière paroisse à Bethesda MD comme d’une voie
souterraine étant donné que le responsable précédent (l’Irlandais Mgr Jans
Reddy, aujourd’hui décédé) a été très accueillant et compréhensif. Il a été un
grand soutien pour plusieurs prêtres qui ont quitté la Légion et se trouvaient
dans une phase de transition, au seuil d’une nouvelle vie. Beaucoup de gens ont
été profondément blessés dans ce processus de rupture d'avec la Légion et ont
mis des années à s’en guérir.
Quitter la Légion a été mon «exodus», une libération dans laquelle j’ai
senti la force et la présence de l’Esprit-Saint. Heureusement, notre réseau a
pu aider d'autres membres, au moment où ils quittaient la congrégation, ou peu
de temps après l'avoir quitté.
BIOGRAPHIE DU PERE PETER CRONIN
13 janvier 1949: Peter Christopher Cronin nait à Dublin, dans une famille catholique pratiquante. Il ira ensuite dans une école tenue par les Frères Chrétiens Irlandais (Irish Christian Brothers)
10 juillet 1965 (16 ans): il entre au noviciat de la Légion du Christ, et poursuit sa formation en Espagne, puis à Rome.
3 janvier 1981 (32 ans): il est ordonné prêtre et est envoyé aux Etats-Unis et au Mexique pour exercer son apostolat.
1 novembre 1985 (36 ans): il quitte la Légion du Christ et rejoint l'archidiocèse de Washington, DC
8 septembre 1992 : il décide de fonder "NETWORK", un réseau de soutien pour anciens membres de la congrégation des Légionnaires du Christ. Network est le précurseur de Regain Network.
Octobre 1992: première lettre de Network
22 janvier 1995 (46 ans): il est installé comme curé de St Michael Church, une paroisse multi-ethnique, à Silver Spring, MD
19 septembre 1999 (50 ans): il meurt soudainement.
Commentaires
Cet article est d'une clarté étonnante. Il rejoint parfaitement vos différentes analyse. Brillant! ce document devrait être transmis à tous les parents qui confient leurs enfants à la Légion...
A propos, savez vous que le père Cronin a été traîné dans la boue pendant des années par les supérieurs de la Légion? Ah oui, c'est vrai, il a osé critiquer la Légion, donc l'Eglise, le Pape, l'Evangile et Dieu lui même... Il devait bien mériter l'excommunication légionnaire! Heureusement qu'on a aboli le buchet!
On devrait commencer un procès de béatification pour ce saint homme, ne pensez vous pas?
Sur le site du Trastevere, il y a une lettre impressionnante d'un prêtre
légionnaire, adressée à Corcuera (c'est dans les commentaires):
Mexico, le 27 juillet 2010
Estimé dans le Christ, cher père Alvaro,
Je m'adresse de nouveau à vous, avec douleur et honte. La douleur augmente avec le fait que sais que le fait de vous envoyer cette lettre sera encore un effort inutile, comme l'ont été tant d'autres lettres et d'autres suggestions que je vous ai adressé, à vous comme à d'autres supérieurs. Mais le silence n'est pas une bonne option, car il me rendrait complice de celui qui a abusé et volé la vie de nos frères.
Au cours de ces derniers jours, j'ai eu l'honneur de rendre visite à quelques maisons légionnaires (et d'être reçu avec une grande charité). J'ai pu constaté, de mes propres yeux, que dans la plupart de celles ci se trouvent encore des photos du village de Cotija, de la maison de Cotija, et incroyablement, dans trois endroits (San Salvador, Cancun et au Canada), il y a des photos du père Maciel, entouré d'apostoliques ou des premiers groupes de légionnaires.
Comment cela est-il possible, père Alvaro? Quel message sommes nous en train de donner aux victimes du père Maciel? Est-ce la bonne manière d'accueillir le communiqué du 1er mai 2010?
Père Alvaro, pour l'amour de Dieu, et pour l'honneur de tous ceux qui ont souffert l'horreur de l'abus, l'agonie du mépris et de l'oubli, je vous supplie de donner l'ordre de faire retirer toutes les photos de l'abuseur, de la maison où il est né, de son village et de la fondation, au cours de laquelle se sont déroulés ces actes qui ont blessé l'innocence et ont apporté un tel discrédit à la Sainte Eglise.
De même, je vous supplie de donner l'indication que toutes les retraites faites à Cotija se fasse sur le ton de la réparation, que le corps du père Maciel soit déplacé depuis l'autel central vers un caveau latéral, où se trouvent d'autres légionnaires (afin qu'il n'y ait que le Christ au centre).
Je suggère que la maison du défunt soit converti en une maison de réparation et d'adoration perpétuelle, et que le musée soit transformé en un musée pour honorer ses victimes et garantir qu'elles ne seront jamais oubliées.
Finalement, je suggère que l'on offre au diocèse la maison d'en haut (CCI), qui pourrait être utilisé comme séminaire ou centre de retraite, ou bien comme un lieu d'accueil pour aider les prêtres alcooliques ou pervers.
Ainsi, nous ferions un geste de réparation à l'Eglise du Mexique, tellement discrédité à cause de nous.
J'ai également constaté qu'au Mexique, on continue à suivre la méthodologie des réunions de leaders, avec les listes infâmes qui répartissent les personnes et les familles en « triple A, double A, etc. », et mets les noms des prêtres qui doivent « cultiver » ces familles pour ensuite leur demander de l'argent.
Père Alvaro, c'est une pratique immorale, qui va contre le principe que les personnes ne doivent jamais être utilisé comme des moyens pour une fin. Comment un prêtre peut-il aller à la rencontre d'une famille avec une intention aussi mondaine? Comment un prêtre peut-il utiliser les sacrements, l'amitié ou encore la direction spirituelle avec une seconde intention?
C'est une méthodologie qui a été institutionnalisé par le défunt fondateur, qui a vécu sans scrupules. Comment pouvons-nous arriver à réformer les Constitutions, alors que nous n'arrivons même pas à nous séparer de pratiques tellement immorales? Comment allons nous réussir à identifier un charisme, quand nous ne savons pas identifier de véritables injustices?
Comment pouvons nous avancer vers une culture de la transparence et de l'honnêteté, quand nous continuons à avoir des listes de personnes divisées en catégories et que nous nous intéressons à celles-ci pour des raisons seulement pécuniaires?
Que vont ressentir les personnes quand elles sauront qu'elles sont dans ces listes néfastes?
En réalité, père, je n'espère aucune action de votre part. Rien n'a changé à l'intérieur pendant toute la période de la crise. Tous les changements viennent de l'extérieur (Visiteurs, le Vatican, pressions de la presse ou des Conférences épiscopales).
Tout continue pareil... Jusqu'aux photos maudites de l'abuseur sur les murs des maisons... pour que nous nous souvenions de la structure de pouvoir qu'a imposé le père Maciel et qui se maintiennent jusqu'à ce jour. Nous continuons à être des victimes du père Maciel, parce que nous avons ni père, ni pasteur qui nous sorte de la fange dans laquelle nous sommes embourbés.
Je vous salue,
Affectueusement dans le Christ,
P. Peter F. Byrne L.C.
Ouch! Merci Sandra! ça c'est de la lettre!
Là c'est sûr, il peut faire ses valises: demain, il est envoyé en mission à Cancun ou en Afrique!
Ça fait du bien, quand même, de voir qu'il y a encore quelques légionnaires qui ont un peu de clairvoyance, de coeur et d'amour VRAI de l'Eglise.
Y'en a ras le bol de cette Eglise de façade et d'apparence que la Légion essaye d'imposer partout.
Vivement la dé-légionnarisation du Vatican. Je propose de déménager leur centre d'étude quelque part dans la forêt équatoriale. Il faut au moins ça pour qu'ils s'arrêtent de draguer tous évêques qu'ils rencontrent!
Oui, mais pour l'instant c'est pas gagné, du tout, du tout...
Ils sont pratiquement tous dans un déni qui dépasse l'imagination. Qu'est-ce que vous voulez: on leur a appris à ne jamais penser par eux-même, alors forcément...
J'ai été très choqué, récemment de rencontrer un légionnaire qui m'a expliqué que les péchés du fondateur n'avaient eu AUCUNE CONSEQUENCE sur la Légion. Un vrai miracle! Je me demande comment ils enseignent les preuves de l'existence de Dieu, en théologie: "Les causes ont une similitude avec leurs effets... sauf, dans le cas de père Maciel, où, par une grâce extraordinaire, les péchés n'ont eu aucune conséquence sur l'oeuvre"... ou bien à propos de la doctrine sur le péché "les péchés ont une conséquence sur l'ensemble du monde, duquel nous sommes héritier, sauf les péchés du père Maciel, qui n'ont eu aucune autre conséquence".
Mais le pire, c'est qu'ils continuent de dire que "Dieu, dans sa providence, a utilisé un faible instrument pour construire mystérieusement son oeuvre..." Autrement dit: "désolé les gars, vous avez été violé, détruit, démoli, mais bon, en même temps, c'était nécessaire, quoi! Dieu l'a permis!"
Mon Dieu quelle horreur!
Je me demande vraiment comment des gens peuvent continuer à envoyer leurs enfants chez eux. C'est répugnant.
Merci pour ces articles et heureux de voir que ce blog est alimenté de nouveau. Nous vous portons dans nos prières tous les soirs. Je sais que les légionnaires ont commencé à répandre des rumeurs sur vous... Mais ne vous inquiétez pas, Xavier, le Christ a été tué par les prêtres de son temps, Jeanne d'Arc également, les victimes du Monstre Maciel ont été calomniés toute leur vie, il n'y a pas de raisons pour que cela s'arrête.
De toute façon, vous avez à faire des orgueils, qui sont incapables de se remettre en cause. Comme ils sont parfaits, à leurs yeux, le problème ne peut venir que de vous. C'est tout.
Il faut prier pour le salut leur âme, et leur pardonner.
Que Dieu veille sur vous et vous donne la force d'être fidèle à la vérité, même quand elle dérange!
Guillaume