Le curé d'Ars, le frère Anatoli... et l'Esprit-Saint
Par Xavier le lundi 24 mai 2010, - Lien permanent

Comme beaucoup, je ne peux m'empêcher de voir la coïncidence «providentielle»
entre les terribles révélations qui secouent l'Eglise depuis quelques mois (et
pas seulement dans la Légion du Christ)... et le fait que le pape ait dédié
cette année à la figure du prêtre, avec, comme point culminant, la proclamation
du Saint Curé d'Ars comme «patron de tous les prêtres de l'univers».
C'est une idée géniale, à tous points de vue. Et je crois que notre bon curé
d'Ars est le meilleur médicament que l'on pouvait espérer pour guérir notre
pauvre Eglise de la sclérose actuelle, qui la ronge un peu partout.
Pourquoi?
Parce que le curé d'Ars est un anti-héros par excellence: un homme dont le
parcours personnel a été marqué par des échecs successifs et dont le combat
spirituel de toute la vie a été une lutte sans merci contre le démon du
désespoir. Combat, d'ailleurs, dont il n'a pas toujours été vainqueur. Héritier
d'une spiritualité pétrie de jansénisme, il lui a fallu des années pour arriver
à surmonter ce sentiment étouffant de culpabilité qui le rongeait depuis ses
premières années de séminaire... et lui permettre de tourner son regard – comme
il le reconnaissait lui-même – vers la miséricorde divine.
Il y a un peu plus de deux ans, un film « miracle » nous est venu
de l'est: L'Île, de Pavel Lounguine. Ce film, qui retrace la vie de quelques
moines sur une petite île perdue au milieu de la mer du Nord, reprend toute
cette thématique, avec un génie et une subtilité... qui ne peut être
qu'inspiré.
Car ce film, en fait, nous parle de la sainteté. Et chaque personnage en
présente un aspect, ainsi que le défaut qui lui correspond. J'ai trouvé, dans
la méditation de ce merveilleux film, de nombreuses réponses à mes inquiétudes,
que j'aimerais, en ce jour où nous célébrons la venue de l'Esprit-Saint sur les
apôtres, vous partager.
Le père
Philarète, le supérieur de la communauté, représente la bonté, la miséricorde.
Il prie devant l'icône de la Sainte Vierge pour les frères de sa communauté. Il
est plein d'amour et de compassion pour le malheureux Anatoli, qu'il admire,
dans le fond. Il aurait aimé être ermite, mais accepte sa tâche de supérieur
avec dévouement. Cependant, le défaut de sa qualité, c'est son attachement aux
biens matériels, qui tranche avec son désir de détachement absolu: son matelas
brodé qu'il a acheté au mont Athos avec le patriarche, ses belles bottes en
cuir...
Le père
Job, son assistant, représente la foi militante: c'est l'homme du Règne. Il est
grand, beau, fort... avec sa belle barbe, il ressemble au Christ. Il aime la
belle liturgie, prétend connaître les Ecritures par coeur, est exigent à
l'égard de ses frères. Son problème, c'est qu'il a beaucoup de mal à accepter
le fait qu'on ne soit pas aussi parfait que lui. Cependant, sa présence est
nécessaire, autant que celle du père Philarète ou du frère Anatoli. Certains
séminaristes qui ont vu le film avec moi ont rapidement jugé ce prêtre comme
étant "le salaud" de l'histoire, parce qu'il semble bien orgueilleux. Mais ce
n'est pas juste. La recherche de la perfection n'est pas "en soi" un péché.
Elle le devient quand elle s'arrête sur soi, et tombe dans un certain
narcissisme. Le père Job prend la voie de la sainteté la plus dure. En un
certain sens, c'est la plus méritante... mais c'est aussi la plus dangereuse.
C'est la voie de certains mystiques, d'une Ste Thérèse d'Avila, d'un St Ignace
ou d'un St Jean de la Croix. Le grand danger, ce sont les tentations d'orgueil,
qui nous guettent à chaque pas: dès qu'on avance un peu, on risque, en fait, de
reculer, car il suffit qu'on se félicite, pour qu'un voile d'orgueil tombe
subtilement sur notre regard, et nous fasse perdre tout mérite. Le danger de
cette voie de sainteté, c'est de "vouloir se sauver tout seul", ultime
tentation de la vie spirituelle: croire qu'on mérite le salut... ou, comme le
dit Macha Chmakoff: c'est comme si on utilisait l'échelle de Jacob pour
construire la tour de Babel. Faire du salut une affaire
personnelle...
Le frère Anatoli, enfin. Il n'est pas prêtre
puisqu'il refuse la tonsure, qui se rapporte au sacerdoce chez les orthodoxes.
Lui, représente l'humilité. C'est le moine raté, édenté, moche, qui dort sur du
charbon, braille aux offices, se tourne dans le mauvais sens pendant la messe,
a le visage couvert de suie... Une humilité qui se confond souvent avec le
sentiment de désespoir qui l'étouffe, pratiquement jusqu'à la fin du film. Ce
personnage ressemble beaucoup au curé d'Ars... surtout à cause de cette tension
entre l'humilité et le désespoir... Et c'est à lui, comme ce fut le cas pour le
curé d'Ars, que Dieu donne le don des miracles: C'est pourquoi beaucoup de gens
viennent à lui, de toute la Russie, pour lui demander une guérison, une
prophétie, une libération... Pourquoi lui? Peut-être parce qu'un tel don, chez
un autre, provoquerait un sentiment de gloire personnelle qui serait
désastreux!... Seule une âme consciente de sa misère peut "supporter" d'être le
canal de la grâce de Dieu... sans se prendre au sérieux.
Mais la grande leçon du film n'est pas tant dans l'exemple d'humilité du
frère Anatoli... que dans la complémentarité des membres de la communauté. A
chaque personnage sa forme de sainteté, certes... mais ce qui est important,
c'est qu'ils ont tous besoin les uns des autres:

Le frère Anatoli a besoin du père Philarète pour ne pas sombrer dans le
désespoir. Il a besoin du père Job, pour ne pas se replier sur soi, et
s'enfermer dans sa chaudière.

Le père Job a besoin du frère Anatoli pour apprendre à devenir plus humble.
Il a besoin du père Philarète pour apprendre à pardonner.

Le père Philarète a besoin du père Job pour diriger la communauté. Il a
besoin du frère Anatoli pour vivifier sa foi.
Dans le Christ, ces trois aspects de sainteté étaient unis, sans défauts:
Jésus était à la fois toute miséricorde, assoiffé par la mission... et
parfaitement humble.
Dans la communauté humaine, ces trois qualités sont réparties,
disséminées... Si bien que finalement - et c'est la grande leçon du film...
enfin, tel que je l'ai compris! - ON NE PEUT PAS DEVENIR SAINT TOUT SEUL. Dans
le film, comme dans toute communauté chrétienne, nous avons besoin des uns et
des autres pour devenir saints, pour nous stimuler, nous entraider, nous
vivifier, et maintenir le dynamisme propre de la ferveur. Et c'est en ce sens
que la communauté chrétienne, l'Eglise, est vraiment le corps du Christ. Il y a
derrière tout cela une profonde réalité mystique: chacun joue un rôle, et c'est
la complémentarité des rôles qui renvoie à la perfection du Fils de Dieu, qui
est également Fils de l'Homme.
Le grand problème de la Légion – mais je crois que c'est en fait un problème
plus général, dans l'Eglise, qui touche hélas un certain nombre de
congrégations et de communautés chrétiennes - c'est qu'elle ne laisse pas de
place pour un frère Anatoli. Il n'y a pas de place dans l'uniformité et le
rythme effréné pour le frère qui n'y arrive pas. Il n'y a pas de place pour le
plus faible, celui qui n'arrive pas à rester des heures à genoux, celui qui a
besoin de plus de sommeil, celui qui a besoin de solitude et de liberté, celui
qui a besoin de penser un peu différemment, hors du cadre...
Il n'y a pas de place pour un frère Anatoli dans la Légion... Et s'il s'en
trouve un qui ait "survécu" au crible des critères de sélection... Il finira
par se détruire de l'intérieur, culpabilisant de ne pas arriver à suivre le
rythme des autres. Et même si on ne lui dit rien et qu'on lui donne la
permission de prendre une heure de sommeil en plus, le grand oeil de sa
conscience l'empêchera de reposer en paix.
Et pourtant, le frère Anatoli est indispensable. Dans la représentation des
relations entre les personnages du film, on est également devant une
iconographie, vivante. Philarète, c'est le Père, qui transpire la bonté. Job,
c'est le Fils, l'homme du Règne. Et Anatoli, c'est l'Esprit-Saint:
insaisissable, sa mission - bien plus importante que d'accomplir quelques
miracles - elle est dans la communauté: il apporte l'Esprit: insaisissable, un
peu fou, surprenant... et finalement tellement vivant. Ce n'est pas un hasard
s'il lui revient de s'occuper de la chaudière: il passe sa vie à brûler le
charbon du navire qui s'est échoué (son péché)... pour réchauffer le coeur de
ses frères en communauté (la grâce de Dieu).
Le drame vient quand, dans l'Eglise, des groupes «excluent» les membres qui
ne correspondent pas à leur vision de la sainteté. Dans le film, cette
tentation est représentée par la querelle qui oppose systématiquement le père
Job au frère Anatoli. Et c'est sans doute la véritable mission du frère Anatoli
au sein de la communauté: quelque chose de la logique «trinitaire» qui est à
l'oeuvre dans la communauté a été rompue. Le père Job n'éprouve que mépris et
répugnance pour le frère Anatoli, tout en l'enviant pour ses dons
spirituels:

- «Tu ne m'aimes pas, père Job. Philarète, lui, il m'aime. Mais toi... Tu fais des efforts pour lui».
Le frère Anatoli souffre terriblement de voir le père Job s'enfermer dans
ses jugements. Sans arrêt, il essaye de lui ouvrir son coeur:

- En fait, tu m'aimes, père Job... N'est-ce pas? Tu m'aimes?
- Je ne peux pas te supporter, vieux débris
- (…) A ma mort, tu pleureras?
La tension augmente, jusqu'au dernier moment. Ce qui est en jeu, c'est le
rétablissement – ou non – de la dynamique trinitaire, dans la communauté. Le
père Job a succombé à la tentation de l'apparence: il rêve tellement d'une
Eglise belle et parfaite, qu'il en a perdu le sens des valeurs. L'autre devient
secondaire par rapport à l'Eglise. Sa difficulté à aimer le malheureux frère
Anatoli est un révélateur. Ce « décrochage » le rend immédiatement
antipathique aux yeux des spectateurs, car ce faisant, il révèle la dureté de
son coeur. Dès lors, tout le reste, tous ses talents, son goût pour l'ordre et
la beauté, pour la liturgie... tout cela sonne faux.
Et non sans raison. Le Christ n'a jamais séparé l'amour de Dieu de l'amour
du prochain. Mieux: il les a identifié. Dieu étant amour, aimer Dieu C'EST
aimer son prochain, et aimer son prochain C'EST aimer Dieu. (Mt 22, 37-39; Mt
26, 45; 1Jn 4, 20). Le symbole de la croix n'est pas seulement le symbole de la
victime universelle, dont les bras écartés représenteraient le don ultime de
soi: il est aussi, et surtout, le symbole de la réconciliation entre l'amour de
Dieu et l'amour du prochain. La verticalité (transcendance) est attachée à
l'horizontalité (les relations humaines), A TRAVERS le corps du Fils de Dieu...
car dans le fond, c'est la même chose.
Si bien que le père Job, en refusant d'ouvrir son coeur au misérable
Anatoli, refuse, en fait, de suivre l'exemple du Christ. En recherchant la
gloire de Dieu, sans aimer le plus malheureux des frères de la communauté, il
rompt la communion trinitaire. Sa foi devient une idéologie mortifère, car elle
n'est plus alimentée par l'action de l'Esprit-Saint, que représente, dans ses
souffrances, le frère Anatoli. Son péché, finalement, c'est celui contre
l'Esprit-Saint. En excluant le frère Anatoli, il exclue de sa vie la présence –
vivifiante – de l'Esprit-Saint...
Poussé à l'extrême, la tentation du père Job devient celle du père Maciel:
le fantasme d'une cité parfaite, d'une Eglise de purs... tout cela l'a conduit
aux conséquences inimaginables que nous connaissons. Lorsque le décrochage
s'opère, dans un esprit faible et pervers, alors l'idéologie se vide
progressivement de tout contenu, et les passions humaines se reportent, au grès
des passions désordonnées, sur tout et n'importe quoi. L'autre, de toute façon,
n'existe pas: c'est un instrument, un numéro... qui n'a de valeur que s'il
satisfait le besoin existentiel de toute-puissance du pervers. Quand arrive une
belle âme, pure et immaculée, le pervers ressent un désir malsain pour cette
âme, qu'il jalouse, aimerait posséder, car ce dernier possède quelque chose...
qu'il ne possède pas et qui le fascine. Il ne sait pas comment interpréter ce
sentiment, autrement que sexuellement.
Le père Job ne tombe pas dans ces excès, certes, mais le film prend un
allure de plus en plus dramatique, jusqu'au dénouement final, en forme
eu-catastrophique, pourrait-on dire, en terme tolkienien. Le frère Anatoli
arrivera-t-il à ouvrir le coeur du père Job? Arrivera-t-il à obtenir un acte
d'humilité de sa part?
Il suffirait d'une seule chose, un seul mot: pardon. Ce mot, si coûteux pour
les orgueilleux, puisqu'il nécessite de reconnaître son imperfection, son
erreur... et simultanément, nous ouvre à l'autre. Et ce moment arrive enfin –
ouf! - à la fin du film:

Frère Anatoli: «Ecoute, père Job, pardonne-moi, vieil imbécile que je suis! Pour la suie, pour Caïn, pour ce buffet...»
Père Job: «C'est bon.»
Frère Anatoli: «Pardonne-moi, au nom du Christ!»
Père Job: «Oublions ce qui s'est passé. Toi aussi, pardonne-moi.»
Frère Anatoli: «J'ai été injuste envers toi.»
Père Job: «Pardonne-moi, aussi, au nom du Christ!»
Frère Anatoli: «Que Dieu te pardonne! Gloire à Toi, Seigneur!»
Dès lors, le frère Anatoli peut mourir. Il quitte à ce moment même la salle,
revêt un vêtement blanc (riche de symbolisme) et s'installe dans son cercueil,
pour y mourir. La brèche que le frère Anatoli a finalement réussi à ouvrir dans
le coeur du père Job s'ouvre. Quand ce dernier réalise que le frère Anatoli est
sur le point de mourir, un cri du coeur s'élève de son âme:

- « Mais, comment je vais vivre? »
Curieuse contradiction. Le frère Anatoli meurt, et le père Job renait à la
vie. Jusque là, à cause de sa dureté de coeur, le père Job s'était enfermé dans
le péché. En fait, il ne vivait pas, il était mort... et c'est alors que le
frère Anatoli, qui a accompli sa mission, meurt, qu'il comprend qu'il ne peut
pas vivre sans lui.
L'histoire du père Maciel ne nous a pas, hélas, offert un tel dénouement. En
s'enfermant, jusqu'au bout, dans le déni, il a fermé la porte à l'Esprit Saint.
Les Légionnaires portent aujourd'hui bien injustement la blessure d'une telle
cruauté.
Certains membres de la Légion du Christ continuent mordicus de défendre
l'oeuvre et avancent l'argument « vince in bono malum ». Je ne crois
pas que le bien à tirer de cette sombre histoire se trouve dans quelques
réformes – pourtant nécessaires, dans un premier temps – de la congrégation.
L'avenir de la Légion du Christ m'apparait bien incertain, et je souffre en
pensant à tous mes anciens compagnons, en proie à de terribles doutes et
confusion.
Le bien à tirer est autre part. Peut-être, simplement, dans la leçon
qu'apporte toute cette histoire... Depuis que j'ai créé ce blog, j'ai été
contacté par un certain nombre d'anciens membres d'autres communautés
religieuses, qui ont vécu des choses très similaires au drame légionnaire.
L'affaire Maciel a pris une ampleur toute particulière à cause de la gravité de
la dépravation morale du père Maciel... mais elle n'est que la partie émergée
d'un iceberg qui a infecté toutes les strates de l'Eglise, jusqu'aux plus
hautes autorités... et a profondément abîmé sa « dynamique
trinitaire », en se laissant séduire par des modèles religieux trop
parfaits.
Peut-être que les grandes souffrances que l'Eglise est en train de vivre
actuellement sont, dans le fond, une grande purification de toutes ces fausses
apparences de sainteté, qui sclérosent l'Eglise depuis trop longtemps... et
font obstacle à l'action vivifiante de l'Esprit-Saint!
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous!

Post-Scriptum: Je me permets de publier une très belle prière qui m'a été
envoyé, il y a quelques jours, par une internaute:
Pour que nous ne fassions qu’UN... Viens Esprit-Saint!
Jésus, l’Immaculée, le Saint Père, Bernadette, la boue et le
péché.
A genoux devant Marie, toute petite et humble Bernadette, qui à Lourdes a
fait point par point ce que demandait «la Belle Dame», apprends-nous à regarder
Marie, la toute Belle, afin de garder nos regards purs de toute souillures,
pour aller à Jésus au plus vite et pour y demeurer à jamais.
Apprends-nous à nous mettre à genoux devant Celle qui a dit OUI, la mère du
Sauveur, et aide-nous à faire en pensée le geste que tu as fait lorsque la Dame
te l’a demandé;
L’Eglise est persécutée, par le péché généralisé, mais elle souffre du péché
des siens nous rappelle le Pape en revenant de FATIMA....les péchés de
l’intérieur de l’Eglise, notre péché à tous. Nos manques d’Amour à tous, et nos
manquements graves.
Petite Bernadette, aide-nous à en supporter le poids de ce péché et à
accepter humblement de faire ce geste que tu as fait pour nous montrer le
chemin de la vraie purification. De la boue dont tu as recouvert ton visage, a
jailli la source qui guérit les cœurs et les corps. Plonge-nous dans ce mystère
de purification, en ces temps où nous attendons l’Esprit Saint. Aide-nous, afin
que nous ayons le courage d’être auprès de Pierre dans ce chemin de solitude
pour la purification du monde. Si ce n’est pas le peuple de Dieu qui fait cela,
qui le fera?
...personne.
A genoux sur cette terre qui nous a vus naitre, nous mesurons combien nous
sommes faits d’un corps et d’une âme; Ce corps que le Créateur a voulu Beau de
la beauté de Dieu mais qui fut abîmé par le péché et que l’Homme ne cesse
d’abîmer de toutes les manières. Notre corps fait pour la Gloire, comme nous
désirons qu’il soit renouvelé, purifié, ravivé! En vue de la Vie éternelle pour
notre âme. Mais la Vie éternelle, l’Homme y croit-il encore? OUI, le petit
reste, qui sera le grand gagnant, mais au prix du Don total. Pour le salut de
tous.
Ce monde est parcouru par des tremblements. Ils ne vont sans doute pas
cesser; Celui qui est l’Alpha et l’Oméga ne tremble-t-il pas en voyant les
désordres des hommes?de colère, ou de surprise, d’effroi ou de sévérité? Nul ne
le sait et Dieu est Dieu. Il ne tremble pas sans doute. Mais en sommes-nous
sûrs?
Cette Terre qu’Il a forgée pour le Bien de sa créature, n’en fait-Il pas ce
qu’il lui plait? Cet Homme qui croit tout savoir, tout gérer et tout prévenir,
ne doit-il pas parfois se rappeler qu’il est poussière et qu’il redeviendra
poussière? La terre ne crache-t-elle pas du fonds de ses entrailles cette
poussière ou ce feu qui le lui rappelleront, à temps et à contretemps? Les
masses de la mer mugissante ne sont-elles pas le lieu des forces de la mort qui
peuvent tout engloutir? Nul besoin d’affabuler sur des événements en cours ou à
venir, la terre elle-même garde ses secrets, et frémit lorsqu’elle va enfanter,
dans la douleur comme la femme qui donne la vie. Notre Terre frémit et le Ciel
lui répond. Est-ce si anormal? Non, Il est l’Alpha et l’Oméga. Tout lui
appartient. Il nous tient entre ses mains.
Jésus est là, jusqu’à la fin du monde, il nous l’a promis: il nous livre son
secret, qu’il veut que nous fassions nôtre: «que TOUS, nous soyons UN».
C’est
plus vrai que jamais en cette année sacerdotale, car tous, nous sommes prêtres,
prophètes et rois.
Prêtres, offrons tous ceux qui nous entourent et qui souffrent, surtout les
malades psychiques et mentaux. Ce temps est le leur. Celui des plus pauvres et
des plus souffrants. Ils souffrent dans leur cœur et leur corps ce que le reste
du Corps tout entier - nous tous compris - porte comme péché.
Prophète, laissons parler l’Esprit de Vérité lorsqu’Il se fait connaitre et
appelons-Le avec toute notre confiance, pour nos frères et sœurs qui Le
cherchent et peuvent le trouver.
Rois, nous le sommes si le Ciel est notre Patrie - au moins par désir - dont
Marie est la Reine. Pour que nous soyons UN, plongeons en Marie qui nous donne
Jésus. Faisons nous si petits qu’Elle nous accueille en son Sein, Temple qui
accueillit le Verbe fait chair et prenons chair en Elle, pour n’être qu’UN avec
celui est UN avec le Père.
Entrons dans le cénacle qui réunit Marie et les douze. L’Epouse de l’Esprit,
celle qui a dit OUI, attire l’Esprit à nouveau, et celui-ci survient, purifiant
chacun des douze réunis. Les comblant de ses dons.
O Marie, attire à nouveau
l’Esprit purificateur, Toi la Vierge Très Pure. Afin qu’Il nous comble de son
Amour. Pour que nous le rayonnions pour le monde.
Esprit-Saint, consume-nous, fonds-nous dans le creuset de l’Amour qu’est le
sein virginal de l’Immaculée, afin que nous soyons débarrassés de toutes nos
impuretés, brûlants du désir de n’être qu’à Dieu par toutes nos actions
et pensées dans nos vies de chaque jour. Dans nos joies comme dans nos
peines, auprès de nos frères et sœurs, ceux qui te cherchent et ceux qui ne te
cherchent pas.
Que nous soyons UN, derrière Pierre, Ton serviteur, afin d’être à ses côtés
dans ce qu’Il a à porter à ta suite. Pour lui et pour ses serviteurs, que nous
soyons UN pour affronter les bouleversements qui peuvent survenir. L’Amour peut
tout, et surtout servir de bouclier, de nourriture et d’onction pour l’âme
éprouvée.
Demeurer UN en LUI, afin que tous, nous ses Bien-Aimés, nous devenions ce
que nous sommes, répondant là à Jean (1Jn 3, 2): «Ce que nous serons n’a pas
encore été manifesté».
EN LUI, cela sera manifesté. Quand nous serons
UN.
Et grande sera notre JOIE.
Sainte attente de l’Esprit Saint à tous!
Commentaires
Merci pour cette belle méditation riche d'espérance par-delà le péché... A nous tous, les uns avec les autres, de contribuer à ce que l'Eglise soit cette "épouse pure et sans tache" dont le Roi est épris... Apprenons, avec le saint curé d'Ars (et tant d'autres saints) à entrer dans les vois de l'humilité, qui sont aussi celles de la vérité. Merci encore, pour ce témoignage, et pour tout le travail de clarification et d'apaisement à l'égard des Légionnaires du Christ.
Merci pour ces commentaires d'une clarté étonnante, mettant en lumière les comportements humains et leurs résonnances par-delà les apparences.
Bravo pour votre analyse absolument remarquable, qui mérite d'être lue et relue,
et comme Joachim Bouflet, je vous remercie de votre travail au service dela Vérité, qui ne pourra qu'aider ceux qui, dans la LC ou ailleurs auront à se sortir d'une situation rude mais non pas désespérée.
Vous leur redonnez espoir, et courage; C'est effectivement à nous tous d'être derrière le st Père afin de n'être qu'UN dans cette tâche immense qui s'annonce.
Nous sommes derrière vous, par la prière.
ce qui est sûr, c'est que l'apaisement ne pourra venir que dans la vérité , et vous y travaillez.
soyez béni!
Cher légionnaire,
J'aimerai vous dire que j'ai beaucoup apprécié votre article sur le curé d'Ars, le Père Anatoli et l'Esprit-Saint.
Je crois avec vous qu'il faudrait réfléchir ensemble à une certaine institutionalisation de la spiritualité dans l'Eglise Catholique qui aboutit toujours à une impasse malgré des apparences parfois impressionantes. Oui, comme vous dites, ce qui se passe est une purification, non pas "passive" mais, à mon avis, monitoire: "Non, Je vous le dis, si vous ne vous repentez pas il vous arrivera pire". (Luc 13, 3 et 5)
Et dans la foulée de cette monition se trouve la parabole du figuier sans fruit à qui fut donné une rémission de trois ans.
Je crois que nous sommes là.
Aussi il est important de prier, méditer et tirer les conclusions pour soi et pour les autres en se partageant les lumières, les espérances et les déceptions. Nous formons partie d'un seul Corps dont nous sommes membres actifs. La charité nous presse de nous admonester mutuellement, de nous aider, de nous encourager, car les temps sont difficiles mais ils sont salvifiques.
AM+
remarquable, ce commentaire.
Au-delà de ce qu'il dit de l'actualité, l'analyse pleine de charité que vous faites des trois personnages principaux du film est très stimulante.
Bien à vous.