Parce que le curé d'Ars est un anti-héros par excellence: un homme dont le parcours personnel a été marqué par des échecs successifs et dont le combat spirituel de toute la vie a été une lutte sans merci contre le démon du désespoir. Combat, d'ailleurs, dont il n'a pas toujours été vainqueur. Héritier d'une spiritualité pétrie de jansénisme, il lui a fallu des années pour arriver à surmonter ce sentiment étouffant de culpabilité qui le rongeait depuis ses premières années de séminaire... et lui permettre de tourner son regard – comme il le reconnaissait lui-même – vers la miséricorde divine.

Il y a un peu plus de deux ans, un film « miracle » nous est venu de l'est: L'Île, de Pavel Lounguine. Ce film, qui retrace la vie de quelques moines sur une petite île perdue au milieu de la mer du Nord, reprend toute cette thématique, avec un génie et une subtilité... qui ne peut être qu'inspiré.

Car ce film, en fait, nous parle de la sainteté. Et chaque personnage en présente un aspect, ainsi que le défaut qui lui correspond. J'ai trouvé, dans la méditation de ce merveilleux film, de nombreuses réponses à mes inquiétudes, que j'aimerais, en ce jour où nous célébrons la venue de l'Esprit-Saint sur les apôtres, vous partager.

l_ile.jpgLe père Philarète, le supérieur de la communauté, représente la bonté, la miséricorde. Il prie devant l'icône de la Sainte Vierge pour les frères de sa communauté. Il est plein d'amour et de compassion pour le malheureux Anatoli, qu'il admire, dans le fond. Il aurait aimé être ermite, mais accepte sa tâche de supérieur avec dévouement. Cependant, le défaut de sa qualité, c'est son attachement aux biens matériels, qui tranche avec son désir de détachement absolu: son matelas brodé qu'il a acheté au mont Athos avec le patriarche, ses belles bottes en cuir...

18672509.jpgLe père Job, son assistant, représente la foi militante: c'est l'homme du Règne. Il est grand, beau, fort... avec sa belle barbe, il ressemble au Christ. Il aime la belle liturgie, prétend connaître les Ecritures par coeur, est exigent à l'égard de ses frères. Son problème, c'est qu'il a beaucoup de mal à accepter le fait qu'on ne soit pas aussi parfait que lui. Cependant, sa présence est nécessaire, autant que celle du père Philarète ou du frère Anatoli. Certains séminaristes qui ont vu le film avec moi ont rapidement jugé ce prêtre comme étant "le salaud" de l'histoire, parce qu'il semble bien orgueilleux. Mais ce n'est pas juste. La recherche de la perfection n'est pas "en soi" un péché. Elle le devient quand elle s'arrête sur soi, et tombe dans un certain narcissisme. Le père Job prend la voie de la sainteté la plus dure. En un certain sens, c'est la plus méritante... mais c'est aussi la plus dangereuse. C'est la voie de certains mystiques, d'une Ste Thérèse d'Avila, d'un St Ignace ou d'un St Jean de la Croix. Le grand danger, ce sont les tentations d'orgueil, qui nous guettent à chaque pas: dès qu'on avance un peu, on risque, en fait, de reculer, car il suffit qu'on se félicite, pour qu'un voile d'orgueil tombe subtilement sur notre regard, et nous fasse perdre tout mérite. Le danger de cette voie de sainteté, c'est de "vouloir se sauver tout seul", ultime tentation de la vie spirituelle: croire qu'on mérite le salut... ou, comme le dit Macha Chmakoff: c'est comme si on utilisait l'échelle de Jacob pour construire la tour de Babel. Faire du salut une affaire personnelle...

18672505.jpgLe frère Anatoli, enfin. Il n'est pas prêtre puisqu'il refuse la tonsure, qui se rapporte au sacerdoce chez les orthodoxes. Lui, représente l'humilité. C'est le moine raté, édenté, moche, qui dort sur du charbon, braille aux offices, se tourne dans le mauvais sens pendant la messe, a le visage couvert de suie... Une humilité qui se confond souvent avec le sentiment de désespoir qui l'étouffe, pratiquement jusqu'à la fin du film. Ce personnage ressemble beaucoup au curé d'Ars... surtout à cause de cette tension entre l'humilité et le désespoir... Et c'est à lui, comme ce fut le cas pour le curé d'Ars, que Dieu donne le don des miracles: C'est pourquoi beaucoup de gens viennent à lui, de toute la Russie, pour lui demander une guérison, une prophétie, une libération... Pourquoi lui? Peut-être parce qu'un tel don, chez un autre, provoquerait un sentiment de gloire personnelle qui serait désastreux!... Seule une âme consciente de sa misère peut "supporter" d'être le canal de la grâce de Dieu... sans se prendre au sérieux.

Mais la grande leçon du film n'est pas tant dans l'exemple d'humilité du frère Anatoli... que dans la complémentarité des membres de la communauté. A chaque personnage sa forme de sainteté, certes... mais ce qui est important, c'est qu'ils ont tous besoin les uns des autres:

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Le frère Anatoli a besoin du père Philarète pour ne pas sombrer dans le désespoir. Il a besoin du père Job, pour ne pas se replier sur soi, et s'enfermer dans sa chaudière.

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Le père Job a besoin du frère Anatoli pour apprendre à devenir plus humble. Il a besoin du père Philarète pour apprendre à pardonner.

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Le père Philarète a besoin du père Job pour diriger la communauté. Il a besoin du frère Anatoli pour vivifier sa foi.

Dans le Christ, ces trois aspects de sainteté étaient unis, sans défauts: Jésus était à la fois toute miséricorde, assoiffé par la mission... et parfaitement humble.

Dans la communauté humaine, ces trois qualités sont réparties, disséminées... Si bien que finalement - et c'est la grande leçon du film... enfin, tel que je l'ai compris! - ON NE PEUT PAS DEVENIR SAINT TOUT SEUL. Dans le film, comme dans toute communauté chrétienne, nous avons besoin des uns et des autres pour devenir saints, pour nous stimuler, nous entraider, nous vivifier, et maintenir le dynamisme propre de la ferveur. Et c'est en ce sens que la communauté chrétienne, l'Eglise, est vraiment le corps du Christ. Il y a derrière tout cela une profonde réalité mystique: chacun joue un rôle, et c'est la complémentarité des rôles qui renvoie à la perfection du Fils de Dieu, qui est également Fils de l'Homme.

Le grand problème de la Légion – mais je crois que c'est en fait un problème plus général, dans l'Eglise, qui touche hélas un certain nombre de congrégations et de communautés chrétiennes - c'est qu'elle ne laisse pas de place pour un frère Anatoli. Il n'y a pas de place dans l'uniformité et le rythme effréné pour le frère qui n'y arrive pas. Il n'y a pas de place pour le plus faible, celui qui n'arrive pas à rester des heures à genoux, celui qui a besoin de plus de sommeil, celui qui a besoin de solitude et de liberté, celui qui a besoin de penser un peu différemment, hors du cadre...

Il n'y a pas de place pour un frère Anatoli dans la Légion... Et s'il s'en trouve un qui ait "survécu" au crible des critères de sélection... Il finira par se détruire de l'intérieur, culpabilisant de ne pas arriver à suivre le rythme des autres. Et même si on ne lui dit rien et qu'on lui donne la permission de prendre une heure de sommeil en plus, le grand oeil de sa conscience l'empêchera de reposer en paix.

Et pourtant, le frère Anatoli est indispensable. Dans la représentation des relations entre les personnages du film, on est également devant une iconographie, vivante. Philarète, c'est le Père, qui transpire la bonté. Job, c'est le Fils, l'homme du Règne. Et Anatoli, c'est l'Esprit-Saint: insaisissable, sa mission - bien plus importante que d'accomplir quelques miracles - elle est dans la communauté: il apporte l'Esprit: insaisissable, un peu fou, surprenant... et finalement tellement vivant. Ce n'est pas un hasard s'il lui revient de s'occuper de la chaudière: il passe sa vie à brûler le charbon du navire qui s'est échoué (son péché)... pour réchauffer le coeur de ses frères en communauté (la grâce de Dieu).

Le drame vient quand, dans l'Eglise, des groupes «excluent» les membres qui ne correspondent pas à leur vision de la sainteté. Dans le film, cette tentation est représentée par la querelle qui oppose systématiquement le père Job au frère Anatoli. Et c'est sans doute la véritable mission du frère Anatoli au sein de la communauté: quelque chose de la logique «trinitaire» qui est à l'oeuvre dans la communauté a été rompue. Le père Job n'éprouve que mépris et répugnance pour le frère Anatoli, tout en l'enviant pour ses dons spirituels:

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- «Tu ne m'aimes pas, père Job. Philarète, lui, il m'aime. Mais toi... Tu fais des efforts pour lui».

Le frère Anatoli souffre terriblement de voir le père Job s'enfermer dans ses jugements. Sans arrêt, il essaye de lui ouvrir son coeur:

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- En fait, tu m'aimes, père Job... N'est-ce pas? Tu m'aimes?
- Je ne peux pas te supporter, vieux débris
- (…) A ma mort, tu pleureras?

La tension augmente, jusqu'au dernier moment. Ce qui est en jeu, c'est le rétablissement – ou non – de la dynamique trinitaire, dans la communauté. Le père Job a succombé à la tentation de l'apparence: il rêve tellement d'une Eglise belle et parfaite, qu'il en a perdu le sens des valeurs. L'autre devient secondaire par rapport à l'Eglise. Sa difficulté à aimer le malheureux frère Anatoli est un révélateur. Ce « décrochage » le rend immédiatement antipathique aux yeux des spectateurs, car ce faisant, il révèle la dureté de son coeur. Dès lors, tout le reste, tous ses talents, son goût pour l'ordre et la beauté, pour la liturgie... tout cela sonne faux.

Et non sans raison. Le Christ n'a jamais séparé l'amour de Dieu de l'amour du prochain. Mieux: il les a identifié. Dieu étant amour, aimer Dieu C'EST aimer son prochain, et aimer son prochain C'EST aimer Dieu. (Mt 22, 37-39; Mt 26, 45; 1Jn 4, 20). Le symbole de la croix n'est pas seulement le symbole de la victime universelle, dont les bras écartés représenteraient le don ultime de soi: il est aussi, et surtout, le symbole de la réconciliation entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain. La verticalité (transcendance) est attachée à l'horizontalité (les relations humaines), A TRAVERS le corps du Fils de Dieu... car dans le fond, c'est la même chose.

Si bien que le père Job, en refusant d'ouvrir son coeur au misérable Anatoli, refuse, en fait, de suivre l'exemple du Christ. En recherchant la gloire de Dieu, sans aimer le plus malheureux des frères de la communauté, il rompt la communion trinitaire. Sa foi devient une idéologie mortifère, car elle n'est plus alimentée par l'action de l'Esprit-Saint, que représente, dans ses souffrances, le frère Anatoli. Son péché, finalement, c'est celui contre l'Esprit-Saint. En excluant le frère Anatoli, il exclue de sa vie la présence – vivifiante – de l'Esprit-Saint...

Poussé à l'extrême, la tentation du père Job devient celle du père Maciel: le fantasme d'une cité parfaite, d'une Eglise de purs... tout cela l'a conduit aux conséquences inimaginables que nous connaissons. Lorsque le décrochage s'opère, dans un esprit faible et pervers, alors l'idéologie se vide progressivement de tout contenu, et les passions humaines se reportent, au grès des passions désordonnées, sur tout et n'importe quoi. L'autre, de toute façon, n'existe pas: c'est un instrument, un numéro... qui n'a de valeur que s'il satisfait le besoin existentiel de toute-puissance du pervers. Quand arrive une belle âme, pure et immaculée, le pervers ressent un désir malsain pour cette âme, qu'il jalouse, aimerait posséder, car ce dernier possède quelque chose... qu'il ne possède pas et qui le fascine. Il ne sait pas comment interpréter ce sentiment, autrement que sexuellement.

Le père Job ne tombe pas dans ces excès, certes, mais le film prend un allure de plus en plus dramatique, jusqu'au dénouement final, en forme eu-catastrophique, pourrait-on dire, en terme tolkienien. Le frère Anatoli arrivera-t-il à ouvrir le coeur du père Job? Arrivera-t-il à obtenir un acte d'humilité de sa part?

Il suffirait d'une seule chose, un seul mot: pardon. Ce mot, si coûteux pour les orgueilleux, puisqu'il nécessite de reconnaître son imperfection, son erreur... et simultanément, nous ouvre à l'autre. Et ce moment arrive enfin – ouf! - à la fin du film:

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Frère Anatoli: «Ecoute, père Job, pardonne-moi, vieil imbécile que je suis! Pour la suie, pour Caïn, pour ce buffet...»
Père Job: «C'est bon.»
Frère Anatoli: «Pardonne-moi, au nom du Christ!»
Père Job: «Oublions ce qui s'est passé. Toi aussi, pardonne-moi.»
Frère Anatoli: «J'ai été injuste envers toi.»
Père Job: «Pardonne-moi, aussi, au nom du Christ!»
Frère Anatoli: «Que Dieu te pardonne! Gloire à Toi, Seigneur!»

Dès lors, le frère Anatoli peut mourir. Il quitte à ce moment même la salle, revêt un vêtement blanc (riche de symbolisme) et s'installe dans son cercueil, pour y mourir. La brèche que le frère Anatoli a finalement réussi à ouvrir dans le coeur du père Job s'ouvre. Quand ce dernier réalise que le frère Anatoli est sur le point de mourir, un cri du coeur s'élève de son âme:

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- « Mais, comment je vais vivre? »

Curieuse contradiction. Le frère Anatoli meurt, et le père Job renait à la vie. Jusque là, à cause de sa dureté de coeur, le père Job s'était enfermé dans le péché. En fait, il ne vivait pas, il était mort... et c'est alors que le frère Anatoli, qui a accompli sa mission, meurt, qu'il comprend qu'il ne peut pas vivre sans lui.

L'histoire du père Maciel ne nous a pas, hélas, offert un tel dénouement. En s'enfermant, jusqu'au bout, dans le déni, il a fermé la porte à l'Esprit Saint. Les Légionnaires portent aujourd'hui bien injustement la blessure d'une telle cruauté.

Certains membres de la Légion du Christ continuent mordicus de défendre l'oeuvre et avancent l'argument « vince in bono malum ». Je ne crois pas que le bien à tirer de cette sombre histoire se trouve dans quelques réformes – pourtant nécessaires, dans un premier temps – de la congrégation. L'avenir de la Légion du Christ m'apparait bien incertain, et je souffre en pensant à tous mes anciens compagnons, en proie à de terribles doutes et confusion.

Le bien à tirer est autre part. Peut-être, simplement, dans la leçon qu'apporte toute cette histoire... Depuis que j'ai créé ce blog, j'ai été contacté par un certain nombre d'anciens membres d'autres communautés religieuses, qui ont vécu des choses très similaires au drame légionnaire. L'affaire Maciel a pris une ampleur toute particulière à cause de la gravité de la dépravation morale du père Maciel... mais elle n'est que la partie émergée d'un iceberg qui a infecté toutes les strates de l'Eglise, jusqu'aux plus hautes autorités... et a profondément abîmé sa « dynamique trinitaire », en se laissant séduire par des modèles religieux trop parfaits.

Peut-être que les grandes souffrances que l'Eglise est en train de vivre actuellement sont, dans le fond, une grande purification de toutes ces fausses apparences de sainteté, qui sclérosent l'Eglise depuis trop longtemps... et font obstacle à l'action vivifiante de l'Esprit-Saint!

Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous!
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Post-Scriptum: Je me permets de publier une très belle prière qui m'a été envoyé, il y a quelques jours, par une internaute:

Pour que nous ne fassions qu’UN... Viens Esprit-Saint!

Jésus, l’Immaculée, le Saint Père, Bernadette, la boue et le péché.

A genoux devant Marie, toute petite et humble Bernadette, qui à Lourdes a fait point par point ce que demandait «la Belle Dame», apprends-nous à regarder Marie, la toute Belle, afin de garder nos regards purs de toute souillures, pour aller à Jésus au plus vite et pour y demeurer à jamais.

Apprends-nous à nous mettre à genoux devant Celle qui a dit OUI, la mère du Sauveur, et aide-nous à faire en pensée le geste que tu as fait lorsque la Dame te l’a demandé;

L’Eglise est persécutée, par le péché généralisé, mais elle souffre du péché des siens nous rappelle le Pape en revenant de FATIMA....les péchés de l’intérieur de l’Eglise, notre péché à tous. Nos manques d’Amour à tous, et nos manquements graves.

Petite Bernadette, aide-nous à en supporter le poids de ce péché et à accepter humblement de faire ce geste que tu as fait pour nous montrer le chemin de la vraie purification. De la boue dont tu as recouvert ton visage, a jailli la source qui guérit les cœurs et les corps. Plonge-nous dans ce mystère de purification, en ces temps où nous attendons l’Esprit Saint. Aide-nous, afin que nous ayons le courage d’être auprès de Pierre dans ce chemin de solitude pour la purification du monde. Si ce n’est pas le peuple de Dieu qui fait cela, qui le fera?
...personne.

A genoux sur cette terre qui nous a vus naitre, nous mesurons combien nous sommes faits d’un corps et d’une âme; Ce corps que le Créateur a voulu Beau de la beauté de Dieu mais qui fut abîmé par le péché et que l’Homme ne cesse d’abîmer de toutes les manières. Notre corps fait pour la Gloire, comme nous désirons qu’il soit renouvelé, purifié, ravivé! En vue de la Vie éternelle pour notre âme. Mais la Vie éternelle, l’Homme y croit-il encore? OUI, le petit reste, qui sera le grand gagnant, mais au prix du Don total. Pour le salut de tous.

Ce monde est parcouru par des tremblements. Ils ne vont sans doute pas cesser; Celui qui est l’Alpha et l’Oméga ne tremble-t-il pas en voyant les désordres des hommes?de colère, ou de surprise, d’effroi ou de sévérité? Nul ne le sait et Dieu est Dieu. Il ne tremble pas sans doute. Mais en sommes-nous sûrs?

Cette Terre qu’Il a forgée pour le Bien de sa créature, n’en fait-Il pas ce qu’il lui plait? Cet Homme qui croit tout savoir, tout gérer et tout prévenir, ne doit-il pas parfois se rappeler qu’il est poussière et qu’il redeviendra poussière? La terre ne crache-t-elle pas du fonds de ses entrailles cette poussière ou ce feu qui le lui rappelleront, à temps et à contretemps? Les masses de la mer mugissante ne sont-elles pas le lieu des forces de la mort qui peuvent tout engloutir? Nul besoin d’affabuler sur des événements en cours ou à venir, la terre elle-même garde ses secrets, et frémit lorsqu’elle va enfanter, dans la douleur comme la femme qui donne la vie. Notre Terre frémit et le Ciel lui répond. Est-ce si anormal? Non, Il est l’Alpha et l’Oméga. Tout lui appartient. Il nous tient entre ses mains.

Jésus est là, jusqu’à la fin du monde, il nous l’a promis: il nous livre son secret, qu’il veut que nous fassions nôtre: «que TOUS, nous soyons UN». 
C’est plus vrai que jamais en cette année sacerdotale, car tous, nous sommes prêtres, prophètes et rois.

Prêtres, offrons tous ceux qui nous entourent et qui souffrent, surtout les malades psychiques et mentaux. Ce temps est le leur. Celui des plus pauvres et des plus souffrants. Ils souffrent dans leur cœur et leur corps ce que le reste du Corps tout entier - nous tous compris - porte comme péché.

Prophète, laissons parler l’Esprit de Vérité lorsqu’Il se fait connaitre et appelons-Le avec toute notre confiance, pour nos frères et sœurs qui Le cherchent et peuvent le trouver.

Rois, nous le sommes si le Ciel est notre Patrie - au moins par désir - dont Marie est la Reine. Pour que nous soyons UN, plongeons en Marie qui nous donne Jésus. Faisons nous si petits qu’Elle nous accueille en son Sein, Temple qui accueillit le Verbe fait chair et prenons chair en Elle, pour n’être qu’UN avec celui est UN avec le Père.

Entrons dans le cénacle qui réunit Marie et les douze. L’Epouse de l’Esprit, celle qui a dit OUI, attire l’Esprit à nouveau, et celui-ci survient, purifiant chacun des douze réunis. Les comblant de ses dons. 
O Marie, attire à nouveau l’Esprit purificateur, Toi la Vierge Très Pure. Afin qu’Il nous comble de son Amour. Pour que nous le rayonnions pour le monde.

Esprit-Saint, consume-nous, fonds-nous dans le creuset de l’Amour qu’est le sein virginal de l’Immaculée, afin que nous soyons débarrassés de toutes nos impuretés, brûlants du désir de n’être qu’à Dieu par toutes nos actions et  pensées dans nos vies de chaque jour. Dans nos joies comme dans nos peines, auprès de nos frères et sœurs, ceux qui te cherchent et ceux qui ne te cherchent pas.

Que nous soyons UN, derrière Pierre, Ton serviteur, afin d’être à ses côtés dans ce qu’Il a à porter à ta suite. Pour lui et pour ses serviteurs, que nous soyons UN pour affronter les bouleversements qui peuvent survenir. L’Amour peut tout, et surtout servir de bouclier, de nourriture et d’onction pour l’âme éprouvée.

Demeurer UN en LUI, afin que tous, nous ses Bien-Aimés, nous devenions ce que nous sommes, répondant là à Jean (1Jn 3, 2): «Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté». 
EN LUI, cela sera manifesté. Quand nous serons UN.

Et grande sera notre JOIE.

Sainte attente de l’Esprit Saint à tous!