"Les accusateurs étaient des menteurs payés par les médias"
Par Xavier le jeudi 6 mai 2010, - Témoignages - Lien permanent
J'ai reçu aujourd'hui ce témoignage et je remercie son auteur d'avoir
accepté qu'il soit publié sur le blog. Il donne un aperçu "vu de l'extérieur"
qui, je trouve, montre bien comment l'usage de la culpabilisation est au coeur
du système de recrutement dans la Légion. L'auteur ayant requis l'anonymat, si
vous désirez lui envoyer un message personnel, merci de passer par
moi.
Bonjour,
Tombé par hasard sur votre blog, j'ai été très troublé par les diverses
informations et témoignages qui s'y trouvent: cela appelle de mauvais souvenirs
pour moi, et, n'y tenant plus, je me permet de vous envoyer ce petit
témoignage, qui, je l'espère, vous aidera dans votre recherche de la
vérité.
Membre du Regnum Christi, j'ai participé à plusieurs camps de la L.C. en
Irlande et en France, d'abord comme jeune, puis comme encadrant. J'ai
rapidement été séduit par le Père responsable de la région dans laquelle je me
trouvais, et c'est en toute confiance que je l'ai écouté me prédire une
vocation religieuse. C'était un homme charismatique, dynamique, et fort zélé;
J'étais un jeune adolescent lorsqu'il m'a assuré que le Seigneur m'appelait à
devenir prêtre dans la Légion, et j'ai sincèrement cru ses paroles. De retour
chez moi, je ne pouvais pas me détacher de l'idée que si je n'étais pas prêtre
L.C.,je ne serai pas un bon chrétien.
Sur ses conseils, je suis allé au petit séminaire de Méry s/Marne,
officiellement pour y faire une retraite. Arrivé sur les lieux, j'ai été
instinctivement frappé par la discipline, le manque d'autonomie et la dévotion
(très belle et très touchante, je le reconnais) qui y régnaient. Les jeunes
semblaient répéter un discours appris par cœur, et m'ont tous rapidement
considéré comme l'un des leurs, alors que je ne devais être que de passage. La
veille de mon départ, le directeur de Méry m'a convoqué dans son bureau pour
m'annoncer que j'étais pris dans son établissement et qu'il ne me restait plus
qu'à l'annoncer à ma famille! Heureusement, la Providence m'a inspiré les mots
justes qui m'ont permis de gagner du temps et de ne m'engager à rien. Fasciné
par la L.C. et encore jeune, je crois avoir été à deux doigts d'être recruté et
intégré au sein du mouvement. Ma famille, très croyante, m'a rassuré (le Père
que je connaissais m'assurait que je ne serai pas heureux si je ne suivais pas
"le plan de Dieu") et m'a fait prendre du recul. Je me suis investit dans le
scoutisme, qui m'a libéré de l'emprise légionnaire, de leurs sorties et de
leurs camps. La glace était brisée.
Un an plus tard, j'ai accepté de reprendre du service dans la L.C. comme
encadrant d'un camp de jeunes. Mon regard avait totalement changé: les prières
à "Notre Père" inlassablement répétées me gênaient, je ne pouvais pas ignorer
les énormes portraits du fondateur qui étaient partout, et j'étais scandalisé
par les "soirées vocations" organisées par les Pères: on prenait 4 ou 5 jeunes
triés sur le volet pour leur annoncer qu'ils avaient une vocation de
Légionnaire... Comme on me l'avait fait auparavant. Plusieurs fois, je suis
allé voir d'autres encadrants de mon âge ou plus âgés, pour leur crier mon
désaccord, en vain. Lorsque j'ai fait allusion aux accusations de pédophilie
dont mes parents avaient entendus parler, l'un d'entre eux m'a dénoncé aux
Pères, qui m'ont convoqué et vivement repris. Macial Maciel était un saint
homme ! Les accusateurs étaient des menteurs payés par les médias pour
salir la Légion et l'Eglise ! En guise de leçon, ils m'ont donné des
livres écrits par le fondateur, qui prouvaient sa "sainteté". Entre-temps,
certains jeunes que j'encadrais sont venus me voir, en me disant qu'ils avaient
des doutes sur leur "vocation" légionnaire et qu'ils n'avaient plus confiance
dans les Pères. J'espère avoir pu les amener à réfléchir davantage en leur
partageant mon expérience.
Plus tard, en tant qu'étudiant, j'ai rencontré un ancien L.C. qui m'a parlé
crûment de la sexualité débridé du fondateur. Un prêtre diocésain, qui est
devenu mon père spirituel, m'a appris des cas similaires qui s'étaient produits
parmi les Légionnaires établis sur le diocèse, et enfin, un cardinal m'a confié
que le Pape avait banni Maciel pour des raisons tout à faits
fondées...
Je ne souhaite pas me venger de la Légion, ni de son fondateur, que je n'ai
jamais rencontré. Je n'ai pas à me plaindre d'un viol ou d'un abus
physique ; on a peut-être un peu "poussé", mais j'ai tenu bon, grâce à
Dieu, ma famille et mon caractère scout. Je suis donc un chanceux, et si je
suis revenu de ma fascination pour le mouvement, j'ai reçu beaucoup de grâces
en son sein. J'ai côtoyé des jeunes dont le désir de servir le Christ était
tout à fait authentique, et des prêtres réellement exemplaires. Les fruits sont
là, mais j'ai vécu les dernières révélations et la décision papale comme une
délivrance. La vérité libère, et j'espère désormais que le système bâtit par le
"Padre" sera remplacé par un véritable soucis de charité et
d'humilité.
J'admire votre travail pour éclairer les consciences. J'espère que ce
message que je vous laisse vous aidera quelque peu.
Un grand merci pour votre blog. Que l'Esprit saint vous aide,