Comment Maciel a réussi, grâce à l'argent, à se construire un réseau d'influences au Vatican? (1ère partie)
Par Xavier le vendredi 9 avril 2010, - Jason Berry - Lien permanent
Par Jason Berry, pour le National Catholic Reporter (NCR)
Le défunt père Maciel a été, en son temps, le plus grand collecteur de
fonds de l'Eglise Catholique. Il a également été une figure charismatique dans
le recrutement de jeunes hommes pour la vie religieuse, à une époque de pénurie
vocationnelle dans l'Eglise. Derrière cette imposante façade, cependant, Maciel
était un pédophile notoire, qui a eu, en plus, plusieurs enfants, à droite et à
gauche, de différentes femmes. Sa vie est sans doute le chapitre le plus sombre
de la crise des abus sexuels dans le clergé, qui continue d'affecter
l'Eglise.
La triste saga du fondateur de la
Légion du Christ, une congrégation opaque et sectaire, qui fait actuellement
l'objet d'une enquête du Vatican, débouche sur une histoire encore plus sombre,
à savoir comment un homme, par sa trahison et ses mensonges, a réussi à
aveugler les plus grandes figures de la Curie Romaine, et comment, grâce à
l'argent et à ses apparentes réussites, Maciel a su obtenir la protection et le
soutien du Vatican. Pendant des années, ni les responsables des différentes
congrégations vaticanes, ni même le Pape, n'ont su voir les signaux d'alarmes
avertissant que quelque chose était en train de pourrir dans cette communauté,
dont les membres appelaient leur chef «Nuestro Padre» (Notre Père), et le
considéraient comme un saint vivant.
Le charismatique mexicain, qui avait fondé la Légion du Christ en 1941,
envoyait régulièrement des quantités importantes d'argent aux représentants de
la Curie Romaine, avec des desseins très calculés, selon de nombreuses sources
interrogées par le National Catholic Reporter: Maciel se construisait
ainsi un réseau d'amitié pour sa congrégation, et de défense pour lui-même, au
cas où sa vie secrète ahurissante venait un jour à être connue.
Or, tout avait bien été établi dès la première visite apostolique: Maciel
était morphinomane, et avait abusé sexuellement d'une vingtaine, au moins, de
séminaristes de la Légion, entre les années 40 et 60. Mgr Joseph McGann, évêque
de Rockvill Centre, dans l'état de New York, avait envoyé à plusieurs reprises
(en 1976, 1978 et 1989) au Vatican une lettre écrite par un ancien prêtre de la
congrégation, portant des allégations très détaillées sur la nature de ces
abus, et cela, à travers les voies officielles. En vain. Maciel a commencé à
avoir des enfants dans les années quatre-vingt, trois d'entre eux avec deux
femmes mexicaines. A cela s'ajoute, d'après le journal El Mundo de
Madrid, une troisième famille de trois enfants en Suisse. Dissimulant ses
nombreuses liaisons, Maciel s'est construit une fortune colossale en soutirant
de l'argent à de riches bienfaiteurs et en gagnant les bonnes grâces des
représentants de l'Eglise à Rome.
«Tout ce que je peux dire à propos du père Maciel, c'est que c'était un
escroc fini», affirme le père Stephen Fichter, sociologue et ancien membre
de la Légion. «Il aurait utilisé n'importe quel moyen pour parvenir à ses
fins, y compris celui de mentir au Pape, ou à tous les cardinaux de la curie
romaine.»
Lorsque Maciel est mort, le 30 janvier 2008, les dirigeants de la Légion ont
annoncé que le fondateur de 87 ans était monté au ciel. Alors que Dieu seul
connait le destin de Maciel, la déclaration de la Légion apparaît avec le recul
comme le dernier acte de tromperie de celui dont l'hérédité continue de semer
le chaos depuis sa tombe. En février 2009, les Légionnaires ont révélé que
Maciel avait une fille. Et le mois dernier, les Légionnaires ont exprimé
maladroitement quelques vagues regrets à l'égard des victimes du père Maciel,
en oubliant de les citer nominalement... quatre après que le Pape Benoît XVI
ait demandé au père Maciel de se retirer de tout ministère publique et de vivre
une vie de prière et de pénitence, pour avoir abusé de jeunes
séminaristes.
Maciel a conduit ses disciples sur un sentier de perdition. Ironie brutale
du destin pour Benoît XVI, qui est le seul a avoir engagé une enquête, malgré
les pressions du principal défenseur de Maciel, le cardinal Angelo Sodano,
secrétaire d'État du Vatican de 1990 à 2006. Maciel a laissé un empire
ecclésial estimé par le journal italien L'Espresso à 25 milliards d'euros, avec
un budget annuel de 650 millions d'euros selon le Wall Street Journal. La
congrégation comptait 700 prêtres et 1300 séminaristes en 2008.
Il n'y a pas, au cours de l'histoire, de scandale dans l'Eglise aussi
complexe que celui-ci. Une gigantesque opération financière est dans les mains
d'une congrégation religieuse que beaucoup considèrent comme une secte, et dont
les dirigeants sont soupçonnés d’avoir dissimuler la vie dissolue de leur
fondateur. Alors que le Vatican est en pleine négociation avec la Légion - et
avec l'épineuse question juridique de savoir si le Saint-Siège peut intervenir
sur le cours de leurs transactions financières - trois des enfants de Maciel,
avec leur mère mexicaine, exigent une indemnisation, affirmant avoir été mis à
l'écart par la Légion à la mort de Maciel.
Outre les questions complexes sur l'éventuel démantèlement ou la
re-fondation de la Légion, le Pape est sous la coup des affaires d'abus sexuels
en Irlande et des cas plus anciens qui ont eu lieu en Allemagne et dans le
Wisconsin, cas où le Pape est accusé, par le New York Times, de
n'avoir pas su punir les prêtres pédophiles.
Le scandale de la Légion se démarque pour une autre raison: il soulève de
profondes questions éthiques sur la façon par laquelle l'argent circule au
Vatican.
Dans une enquête menée par le National Catholic Reporter (NCR)
depuis le mois de juillet dernier, comprenant plusieurs dizaines d'interviews à
Rome, à Mexico et dans différentes villes des États-Unis, il est ressorti une
chose: C'est l'histoire rocambolesque d'un homme qui a réussi à courtiser les
plus hauts responsables du Vatican, y compris ceux-là mêmes qui auraient dû
mener des enquêtes sur lui, en leur offrant des quantités faramineuses d'argent
et de cadeaux.
Maciel a construit son oeuvre en cultivant des riches bienfaiteurs, et plus
spécialement des veuves, et cela, dès les années 40 au Mexique. Malgré les
lourdes accusations de pédophilie qui pesaient sur lui, Maciel a su attirer un
grand nombre de séminaristes, à une époque de déclin des vocations. En 1994, le
Pape Jean Paul II a dit qu'il était «un guide efficace pour la jeunesse» et a
continué à faire son éloge, alors même que l'enquête menée par Gerald Renner,
pour le Hartford Courant, en 1997, avait exposé la toxicomanie de
Maciel, ainsi que ses abus sexuels sur des séminaristes. En 1998, huit anciens
légionnaires ont déposé une plainte canonique, afin de poursuivre Maciel en
justice, devant les tribunaux du cardinal Joseph Ratzinger. Pendant les six
années qui ont suivi, Maciel a bénéficié du soutien indéfectible de trois
personnages clés: le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'Etat du Vatican; le
cardinal Eduardo Martinez Somalo, préfet de la Congrégation pour les Instituts
de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostoliques; et Mgr Stanislaw Dziwisz,
secrétaire personnel du Pape Jean-Paul II. Pendant toutes ces années, Sodano a
fait pression sur Ratzinger, afin qu'il ne poursuive pas Maciel, comme NCR
l'avait déjà indiqué auparavant. Ratzinger aurait dit à un évêque mexicain que
le cas Maciel était un sujet «délicat», et lui aurait demandé son conseil, pour
savoir s'il était «prudent» d'engager un procès contre le fondateur des
Légionnaires.
En 2004, Jean Paul II – qui n'avait pas connaissance des accusations
canoniques contre le père Maciel – a honoré ce dernier lors d'une cérémonie au
Vatican, en confiant à la Légion l'administration du Centre Notre-Dame de
Jérusalem. La semaine suivante, le cardinal Ratzinger prenait sur lui la
décision d'autoriser une enquête à l'encontre de Maciel.
Le soutien du Pape donnait à Maciel la crédibilité dont il avait besoin pour
se mouvoir librement dans des milieux extrêmement aisés. Au cours d'un
événement de bienfaisance, à New York en 2004, un cameraman a ainsi filmé le
père Maciel, faisant courir ses doigts sur le revers de la veste du
milliardaire mexicain Carlos Slim, l'un des plus grands bienfaiteurs de la
Légion. Outre les dons, les écoles légionnaires au Mexique, dont les coûts de
scolarité sont très élevés et les salaires très bas, a permis de subventionner
les opérations à Rome, affirment des personnes au courant de la gestion des
finances de la congrégation.

Ci-dessus, de gauche à droite: Thomas Monaghan, fondateur de Domino's
Pizza, Steve McEveety, producteur de film et l'ancien gouverneur de Floride Jeb
Bush. En-dessous: Mary Ann Glendon, ancien ambassadeur américain au Vatican. A
droite, Marcial Maciel avec Carlos Slim.
Parmi les bienfaiteurs de la Légion, on trouve, entre autres: Erik Major,
fondateur de Blackwater; Steve McEveety, producteur de cinéma (dont le film de
Mel Gibson, La Passion du Christ); Thomas Monaghan, fondateur de Dominos Pizza
et de l'Université Ave Maria en Floride. Parmi ceux qui ont également soutenu
le réseau (par des articles, des discours ou des évènements pour récolter des
fonds), on trouve: l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, frère de l'ancien
président; l'ancien sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum; le chanteur
d'opéra espagnol Placido Domingo, qui a donné des concerts de bienfaisance pour
la Légion; Mary Ann Glendon, professeur de droit à Harvard et ancienne
ambassadrice des Etats-Unis auprès du Vatican, qui a participé à l'organisation
de l'achat de l'Université de Sacramento et qui, en 2002, a écrit une lettre
pour le site Web des Légionnaires, dans laquelle elle prenait en dérision les
accusations contre Maciel, louant ensuite ce dernier pour «sa sainteté
rayonnante»; le défunt père Richard John Neuhaus, éditeur de First Things,
qui a même écrit qu'il avait «la certitude morale», que les
accusations portées contre Maciel étaient «fausses et
malveillantes».
L'écrivain catholique conservateur, George Weigel, a également approuvé la
Légion en 2002, en écrivant sur son site Web: «Si le père Maciel et son
charisme de fondateur doivent être jugés par les fruits de cette oeuvre, il
apparaît clairement que ces fruits sont très impressionnants.» Weigel a
depuis appelé le Vatican à enquêter sur la congrégation.
Au cours d'une rencontre organisée par la Légion, William Bennett,
commentateur sur CNN, a dit: «Je suis bien content de connaître et de
pouvoir faire confiance aux prêtres de la Légion du Christ... L'essor des
Légionnaires est un motif d'espérance dans une époque de ténèbres.»
L'ancien correspondant religieux de CNN, Delia Gallagher, s'est exprimé au
cours d'un événement de bienfaisance pour la Légion, et William Donohue,
président de la Ligue Catholique pour les Droits Civils et Religieux,
association basée à New York, a pris la défense de Maciel dans une lettre
adressée au Hartford Courant, après l'article de 1997, qui avait
exposé l'histoire de pédophilie de Maciel. Deux prêtres légionnaires sont
devenus des célébrités dans les médias: Jonathan Morris, sur la chaîne Fox, et
le professeur de théologie à l'université de Rome, Tom Williams, sur la chaîne
NBC, lors de la couverture du conclave en 2005.
Les conséquences sont arrivées très tard
En avril 2005, Joseph Ratzinger est élu Pape. En 2006, il banni Maciel de
tout ministère publique, et l'invite à «une vie de prière et de
pénitence». Maciel quitte Rome dans la disgrâce, bien que les Légionnaires
mettent en place une défense pour affirmer son innocence.
Au cours de la dernière semaine de janvier 2008, la fille de Maciel de 21
ans, avec sa mère, quittent l'Espagne pour se rendre au chevet de Maciel, peu
de temps avant sa mort, dans un hôpital de Miami. Cela réjouit le moribond,
mais horrifia les Légionnaires qui étaient présents. Les deux femmes ne se
rendirent pas à ses funérailles au Mexique. Ses autres trois enfants et leur
mère ne se rendirent pas non plus à ses funérailles. Ses successeurs à la tête
de la congrégation, qu'il avait lui-même choisi, se réunirent à Cotija de la
Paz, sa ville natale, pour un enterrement discret dans le caveau familial, bien
loin de la tombe qui avait été préparée pour lui, dans la basilique que le père
Maciel avait fait construire à Rome dans les années 50, Notre Dame de
Guadalupe.
En plus de Fichter, qui est devenu curé de paroisse dans le New Jersey, deux
autres anciens légionnaires, qui continuent d'exercer leur sacerdoce, ont
révélé en détail les pratiques financières de Maciel, à travers de longues
interviews. Ces prêtres, ainsi que deux autres prêtres à Rome, qui sont encore
dans la congrégation, ont requis l'anonymat par crainte de
représailles.
Cette histoire a également été recomposée grâce à différentes investigations
journalistiques, sur les travaux de quelques chercheurs espagnols et mexicains,
ainsi que sur des avocats qui ont compilé toutes sortes d'informations sur les
stratégies financières de Maciel, et sur sa famille.
Les journalistes du NCR ont fait tout leur possible pour essayer d'obtenir
des réponses de la part des trois cardinaux soupçonnés d'avoir reçu des grandes
quantité d'argent de Maciel. En plus des nombreux appels vers les résidences
des deux cardinaux à Rome, les journalistes se sont démenés pour contacter le
cardinal Dziwisz, archevêque de Cracovie, en Pologne. Iowana Hoffman, un
journaliste polonais travaillant à New York, a traduit un ensemble de questions
pour le cardinal, envoyé par fax à son secrétaire, mais s'est vu répondre que
le cardinal «n'avait pas le temps de donner des interviews».
Sodano, l'ancien secrétaire d'état du Vatican, et maintenant doyen du
Collège des Cardinaux, et Martinez Somalo, l'ancien Camerlingue du Pape, n'ont
pas répondu aux messages que nous leur avons envoyés. Ici et là, toujours la
même réponse: «No intrevista!» (Pas d'interviews).
Si Sodano, Martinez Somalo et Dziwisz avaient répondu, les cardinaux
auraient peut-être éclairci une question, qui reste sans réponse dans ce
terrible drame financier: Comment les responsables du Vatican choisissent-ils
les rapports qu'il convient de transmettre, et à qui... si on leur offre de
grandes quantités d'argent? Le Vatican n'a pas de constitutions ou de statuts
qui rendraient ce genre de transaction illégale. Mais ceux qui ont l'habitude
de ce genre de choses disent que c'était le but de Maciel de se protéger du
système archaïque de justice du Vatican, en gagnant l'amitié des hommes au
pouvoir.
Et pendant presque toute sa vie, ça a marché.
Se faire des amis aux bons endroits
Le bureau du Vatican qui avait le plus de chance de pouvoir mettre en échec
la carrière de Maciel avant 2001 – l'année où Ratzinger a convaincu le Pape
Jean-Paul II de consolider son autorité dans le traitement des affaires d'abus
sexuels – était la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, qui veille
sur l'ensemble des ordres religieux, comme les Dominicains, les Franciscains et
les Légionnaires, entre autres.
D'après deux anciens légionnaires, qui ont passé plusieurs années à Rome,
Maciel a financé la rénovation de la résidence à Rome du cardinal argentin
Eduardo Francisco Pironio, préfet de cette congrégation de 1976 à 1983.
«C'était un don énorme», explique un prêtre, ajoutant que les travaux
dans la résidence étaient très coûteux, et que les échelons supérieurs de la
congrégation étaient tous au courant. «On a tordu le bras de Pironio, pour
lui faire signer les Constitutions de la Légion.»
Les Constitutions de la Légion comprenaient des voeux privés, très
controversés, au nom desquels chaque légionnaire faisait le serment de ne
jamais critiquer Maciel, ou les supérieurs, et de dénoncer ceux qui auraient
enfreint ce voeu. Les voeux, en somme, conduisaient à faire de l'espionnage une
expression de foi, et solidifiait l'obéissance aveugle des Légionnaires envers
leur fondateur. Les voeux était une façon, pour Maciel, de se protéger. Mais
les cardinaux qui travaillaient au Conseil du Bureau de la Congrégation pour
les Instituts de Vie Consacrée rechignaient à donner leur
approbation.
«C'est pourquoi Maciel est allé jusqu'au Pape, par l'intermédiaire de
Mgr Dziwisz,» explique le prêtre. «Deux semaines plus tard, Pironio
l'avait signé».
Dziwisz, le plus proche confident de Jean Paul II, avait une chambre dans
les quartiers privées du Palais Apostolique. Maciel a mis des années pour
gagner le soutien de Dziwisz. Sous les ordres de Maciel, la Légion a envoyé des
quantités importantes d'argent à Dziwisz, en sa fonction de gardien des messes
privées du Pape, au Palais Apostolique. Assister à la messe, dans la petite
chapelle, était un privilège assez rare pour quelque Chef d'Etat, comme le
Premier Ministre britannique, Tony Blair et sa famille. «La messe
commençait à 7 heure, et il y avait toujours quelques personnes qui y
assistaient: les laïcs, des prêtres, voire des groupes d'évêques.» (Voir
les mémoires du Cardinal Dziwisz, publié en 2008: Un vie avec Karol: mes
quarante années d'amitié avec l'homme qui devint Pape.)
«Lorsque les invités entraient (ils n'étaient jamais plus de 50), ils
découvraient souvent le Pape en prière, avec les yeux fermés, dans un état
d'abandon total, presque d'extase, complètement inconscient des personnes qui
entraient dans la chapelle. Pour les laïcs, c'était une grande expérience
spirituelle. Le Saint Père attachait beaucoup d'importance à la présence de
fidèles laïcs.»
L'un des ex-légionnaires de Rome a affirmé à NCR qu'une famille, en 1997,
avait donné pas moins de 50,000$ à Dziwisz, pour pouvoir assister à la messe.
«Nous avions l'habitude d'arranger ce genre d'affaires», explique-t-il
à propos de sa fonction d'intermédiaire. Jean-Paul II avait-il connaissance de
ces arrangements financiers? Seul Dziwisz le sait. Etant donné le style de vie
ascétique du Pape, et compte-tenu de sa propension à la charité, il est
probable que les fonds auraient été reversés à de bonnes causes. Le livre de
Dziwisz ne dit rien au sujet des dons, et ne fait aucune mention de Maciel et
de la Légion. Et pourtant, avec le recul, le prêtre qui arrangeait ces
transactions pour permettre à des familles mexicaines d'assister à la messe
s'étonne de la fréquence avec laquelle les Légionnaires apportaient des fonds à
Dziwisz.
«C'était tout le temps comme ça, avec Dziwisz,» affirme un deuxième
ancien légionnaire, qui était au courant des transactions.
Le père Alvaro Corcuera, qui allait prendre la succession de Maciel comme
directeur général en 2004, ainsi que quelques autres légionnaires «pouvait
monter au troisième étage pour voir Dziwisz. Ils étaient bien accueillis. Ils
étaient connus dans cette maison.»
Un peu géné de décrire le contexte de ces dons, le clerc continue: «Vous
disiez que ces quelques laïcs étaient de bons et fervents catholiques, et qu'il
était bon pour eux de rencontrer le Pape. L'expression utilisée était «opera
carita»: nous faisons un don pour vos oeuvres de charité. C'est ainsi que cela
se passait. En fait, vous ne saviez pas où finirait l'argent.» Et
d'ajouter: «C'est une façon élégante de donner un pot de
vin.»
Se rappelant de ces évènements, le prêtre explique la raison pour laquelle
il a quitté la Légion: «Je me suis réveillé un jour, et me suis demandé:
Suis-je en train de donner ma vie pour servir le Seigneur, ou bien un homme qui
avait des problèmes? Je ne voulais pas consacrer ma vie à
Maciel.»
A SUIVRE...
Commentaires
Nom d'une pipe,quel cloaque !
En toile de fond, Moscou a trouvé le truc : brancher son aspirateur a fric directement sur les poches de Sodano, et de Dziwisz ... ou mieux mettre sa ventouse-à-sous sur "les maletas, camiones et camionetas" stationnées au Vatican...
Quant à Maciel, on se pose de plus de plus de questions sur son ordination : - d'abord, était-il vraiment prêtre ?
- ensuite , de quoi donc est mort l'oncle évêque qui l'aurait ordonné ? Se faire ordonner par son oncle a toujours paru louche mais il fallait le croire, y avait-il le choix ? Maciel n'a -t-il pas été soupçonnné de l'avoir tué ?
- autre question, l'enquête a-t-elle été menée jusqu'au bout ... De cela on ne sait pas grand chose pour l'instant !
En attendant, réfléchir n'est pas encore interdit et on peut s'interroger entre nous, même si cela devient de plus en plus risqué !
Comme de rire, retenez-vous, c'est mal vu de se détendre !
Anecdote sur les cadeaux...
Personnellement, j'ai plus d'une fois vu des légionnaires apporté des dons, non en espèce mais matériels, à des évêques ou à des cardinaux. Je me rappelle qu'une fois à Rome je m'étais scandalisé, car un religieux était revenu du Mexique en ramenant une magnifique bouteille de Tequila. Dans la voiture qui nous ramenait au CES je lui demandai ce que c'était et pour qui c'était. Il nous a répondu que les supérieurs lui avaient demandé d'en ramener une pour un cardinal ou un évêque (je ne me rappelle plus exactement). En effet, ce prélat aimait la Tequila, et les supérieurs voulurent lui en offrir un bouteille. Jusque là rien de scandaleux, mais quand on lui a demandé le prix de la bouteille, il s'est contenté de nous répondre, sans apparaitre géné, qu'elle avait couté plus de €1000,00. Quand je lui ai fait remarqué que ça semblait un peu cher pour un cadeau, même pour un prélat, il s'est indigné et m'a répondu que je n'avait à commenter ou à juger la consigne d'un supérieur.
On nous disait souvent que comme ils sont les successeurs des apôtres, il faut donc les traiter de la sorte. Certes, ils sont les successeurs des apôtres, on peut leur offrir de beaux présents, certes sans aucun problème: mais pour apprécier une bonne Tequila, faut-il que la bouteille dépasse le €1000,00.
De toute façon, il ne faut pas se leurer, on n'en parle peu mais je crois que c'est un élément qu'il faut rappeler. Dans la Légion il y avait une règle: "la deferencia". Tout ex légionnaire qui se respecte et honnête avec lui même le reconnaitra. Cette petite lettre demandait aux religieux d'offrir aux supérieurs les meilleurs places et les meilleurs choses. Et je crois que derrière cette excuse dene "la déférence", se cachait la justification parfaite pour les malversations et le style de vie de Maciel dans les Centres de la Légion. Qu' a t'on à faire d'arriver sans habit dans une ville après un voyage d'une journée, quand on sait que les LC du coin vont aller acheter ce qu'il y a de mieux comme habit et matériels de toilette???
Et ça c'était aussi bien pour Maciel que pour tout supérieur. Cela se justifiait car le supérieur est le représentant de Dieu sur terre, le réprésentant de Dieu pour moi!!! Le Christ avait-il et damandait-il un traitement de faveur de la part des disciples, des apotres??? Ne paratageait-il pas jusqu'au bout leurs conditions de vie???
Pour ce qui concerne mon opinion au sujet de la Légion, je vais être clair. J'aime la Légion, et je suis convaincu qu'elle peut encore jouer un rôle très important dans l'Eglise et le monde d'aujourd'hui. Elle est composée de nombreux et saints prêtres et religieux, sincères dans leur démarche. Cependant, la Légion a besoin d'un incroyable travail d'autocritique et de remise en question, qu'elle s'est toujours refusé de faire jusque maintenant. La Légion, selon moi, independamment de son fondateur (véritable erreur de la nature) doit continuer à grandir et à travailler pour l'extension du Règne du Christ, et non è l'extension du Règne de la Légion. Elle a besoin d'une profonde réforme interne.
Cependant, être en faveur de la Légion ne signifie pas fermer les yeux et garder le silence quand aux agissements condamnables de certains: c'est pour cela qu'en conscience, à chaque fois que je vois nécessaire, j'apporte une réflexion ou une expérience personnelle pour aider ceux qui se posent des questions ou qui souffrent ou ont souffert de la situation actuelle.
Enfin, je voudrais comprendre aussi beaucoup de chose. Pour comprendre j'aimerais des témoignages, ... . Xavier a mon adresse e-mail, et pourra faire suivre. AInsi nous pourrons échanger. Pour finir, merci à Xavier, même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qui se dit sur ce blog, j'avoue qu'il essaie de faire avancer le "Schmilblick". C'est le fruit de l'omerta et du manque de communication de la Légion.
Je réponds à Le Supplément que, s'il croit quel la légion peut encore aujourd'hui jouer un rôle dans l'Eglise , c'est qu'il n'a pas encore compris l'étendue de la perversion profonde qui a infiltré toute l'Oeuvre, à tel point que, d'une telle perversion , aucun fruit ne peut exister, ni se donner, ni même prendre naissance. Tout ce qui y ressemble n'est qu'apparence et le temps montrera que les fruits eux aussi ne peuvent mûrir en ayant eu leurs racines plongées dans une terre aussi altérée. Une terre nauséabonde en profondeur , même si en surface semble saine, fini par tuer l'herbe dont les racines , pour vivre, doivent plonger T profond.
Seuls, ceux dont les racines seront plongées à la Véritable source survivront. Tous le autres mourront .Une source fétide finit par empoissonner.
La LC ne peut plus rien donner pour la simple et bonne raison qu'elle n'a jamais rien donné.
Cela ne veut pas dire que les bons prêtres n'existent pas. Bien sûr que non! Et ils ont exercé et exercent encore leur sacerdoce saintement, mais lorsque la Lumière sera tout à fait faite, il leur faudra choisir le Christ AVANT eux-même. Une sorte de 2ème OUI, qui sera leur salut, à la Source Véritable, le seul Christ.
qu'ont-ils à perdre? Rien! tout à gagner!
Prions!
Cher Veritatis Splendor,
J'ai lu votre commentaire, et commun un bon nombre de personnes aujourd'hui vous semblez bien catégorique. Je pense que vous aurez vos raisons pour offrir un tel jugement sur la Légion et ses oeuvres. Comme vous semblez si sûre de vous, je ne pense pas que cela serve d'entrer dans le débat vu que vous avez une idée déjà bien arrêtée.
J'imagine que vous avez, comme moi et d'autres, vécu 11 ans dans la Légion, connu un bon nombre des protagonistes, visité et participé aux oeuvres d'apostolat de la Légion et du Regnum Christi...
Personnellement, je partage en partie votre commentaire, mais ne peux être aussi catégorique quand à la nature et futur de la LC. Je vous souhaite une bonne continuation, et espère tout comme vous que l'Eglise prendra les décisions qui s'imposent. Mais surtout, sachons voir aussi la main de Dieu, si celle-ci ne prend pas la décision que l'on pourrait attendre.
Merci.
J'aime beaucoup les réflexions de Supplément et de trublion dont je partage la prudence. Depuis plusieurs semaines, je suis surprise de la virulence des commentaires sur ce blog et d'un point de vu unique apparemment indiscutable. Ne parlons pas des internautes qui jettent de l'huile sur le feu systématiquement à chaque article posté! Cela tourne très souvent au blog - défouloir. Ce manque de pondération est regrettable parce que les articles sont vraiment très intéressants .
Excusez moi, Le Supplément, mais je ne partage pas vraiment votre point de vue. En fait, le nombre d'années passé dans la Légion importe peu... et je dirais même que plus on est resté longtemps dedans, plus il est difficile d'en saisir les déviances. Ce qui est important, c'est plutôt le nombre d'années que vous avez passé "hors de" la Légion, après vos années légionnaires. A force de lire des témoignages, je me suis rendu compte qu'il faut souvent des années (une moyenne de dix ans, je pense) pour arriver à prendre du recul et être vraiment capable d'avoir une idée objective.
Je répondrai à "9 ans de mensonges" qu'il faut compter 9 à 10 ans de recul pour qu'un membre de Regnum Christi soit en mesure de faire un point complet et objectif : l'expérience le prouve ... Démêler les apparences du bien effectué en profondeur de ce qui a détruit est un exercice difficile souvent réservé au temps !
Le doute qu'a engendré cette affaire est un mal inestimable et qui passe par dessus bien des oeuvres apparemment bonnes ! Je parle du doute sur les personnes, les prêtres, les évêques, le pape Jean Paul II, sur le Cardinal Ratzinger devenu Benoit XVI !
Ce doute fait des ravages difficiles à endiguer et d'autant plus qu'ils touchent au plus profond... et sont invisibles comme ce qu'il y a de plus important souvent : le Démon savait ce qu'il faisait avec l'instrument maciel...
Tous les bloguers et internautes ne sont peut-être pas tous du même avis, mais ils sont respectables, les commentaires sont lus par ceux que cela intéresse, il ne faut pas qu'ils s'en plaignent . Le ton sur lequel les commentateurs parlent dit quelque chose de leur expérience et de leur situation par rapport à la LC ou au RC !
Rien que cela représente un intérêt ...
Peu écrivent, beaucoup lisent restent en silence, parce qu'ils ont besoin d'assimiler de se situer par rapport à cette affaire et ont besoin de l'expression des autres, c'est l'intérêt d'un champ ouvert comme le fait Xavier ! Après tant d'années de bâillons et de musellière !
Cher 9 ans de mensonges,
Vous êtes bien catégorique, et j'imagine que vos conclusions sont le fruit d'un véritable travail scientifique! Je ne prendrai pas le temps de vous démontrer le contraire; c'est inutile!
Je pense qu'en suivant cette logique, la presque totalité des ex lc français ne peuvent donc pas parler car ils, nous n'avons pas suffisament de recul!
Toutefois, il faut absolument éviter que ce blog soit un defouloir: pour que la discussion soit constructive, il faut que les échanges soient equilibrés!!!
Mais, ma petite Raymonde, vous savez bien qu'on ne peut plus parler nulle part . Alors n'allez pas bâillonner le peu qui osent ne pas suivre les consignes qui continuent envers et contre tout à brimer la liberté d'expression .
Un blog est un rare espace fait pour laisser parler entre eux, les gens corrects qui ne sont pas du même avis, qui ont vécu des choses différentes, qui n'ont pas la même maturité, ni la même expérience...ni le même âge .
Il ne vous sied pas de faire pas le gendarme !
Je rebondis sur le commentaire de Raymonde.
Pour dire la vérité, je suis assez d'accord avec elle sur un point: cela me désole de voir le blog se transformer un peu trop souvent en défouloire...
En même temps, connaissant une certaine partie des personnes qui écrivent, et leurs situations personnelles, je peux vous assurer que leur colère est compréhensible.
D'abord bravo pour le site à Xavier. Les lecteurs français ont besoin d'info.
Même si j'ai tjrs eu des réticences avec les méthodes LC, mon fils a suivi bcp d'activités. Il n'y mettra plus les pieds.
Comment faire confiance à des gens qui se sont laisser manipuler à ce point. Je ne doute pas de la sincérité de la plupart, mais comment peut-on accepter de se laisser manipuler et tromper.
Cela laisse paraître un manque de discernement personnel qui rend les LC pour le moins dangereux. Comment faire confiance à des gens qui ont suivis la 'régle secrète' et son contenu malsain. Si qq'un à accepter qu'on choisissent les 'Candidats' sur des critères 'physiques' et 'intelligence supérieur à la moyenne', soit il est 'vicieux' soit il est manipulé, mais dans tous les cas il est dangereux.
Je me demande si la 'dissolution' invoquée par certains médias n'est pas la meilleure solution...
Cher La Verite rend libre:
jsuis un ex LC, et je suis très critique vis-à-vis de la LC. Je voudrais tout simplement vous dire que pour les activités auxquelles participait votre enfant; vois n'avez rien à craindre. Qu'une congrégation parle de la vocation n'est pas une mauvaise chose en soi, en effet, nos diocèses ne l'ont pas fait et on voit dans quelle situation on se retrouve: plus de prêtre!
Ensuite, vous êtes doué, je suppose d'un minimum de discernement, donc si vois trouvez que les LC on font un peu de trop avec votre enfant, au sujet de la vocation, vous pourrez mettre un halte là!
Apparamment vous n'avez pas été LC don vous ne connaissez pas les normes de la LC. Donc, vous ne pouvez pas les critiquer.je suis de veux qui pensent que certaines règles et normes sont archaïques et doivent être changées, mais en soi, elles ne sont nullement anti évangéliques. Elles ne correspondent tout simplement pas à une congrégation dans le monde.
Croyez-moi, la formation religieuse et humaine imparties aux jeunes et enfants dans leurs activités ne sont pas néfastes en soi! Avez-vous déjà eu à vous plaindre d'une activité.