Une question de confiance
Par Xavier le mercredi 3 mars 2010, - Témoignages - Lien permanent
Voici la deuxième lettre d’Aaron, qui est en fait antérieure à celle que
nous avons publiée récemment. C’est un témoignage poignant, dont l’original se
trouve sur le site life-after-rc.
Je publie également, en introduction et à la suite de ce témoignage, les
quelques commentaires de Giselle Sainte Marie, responsable du blog
life-after-rc.
Je place la seconde lettre d’Aaron «aux personnes concernées» ci-dessous, de façon à ce qu’il suffise de cliquer pour la lire. Elle est profondément choquante, mais cependant il désirait la rendre disponible pour vous permettre d’évaluer exactement les éléments de la culture légionnaire qui permettent que de tels comportements existent… et prospèrent. En tant que mère, je l’ai lu avec une profonde tristesse. En tant que catholique, j’ai été indignée. En tant qu’être humain, il convient d’exiger justice et réparation.
Le 26 mars 2004
Aux personnes concernées
Mon nom est Aaron Loughrey. Je suis né le 13 avril 1977, à Coleraine, en
Irlande du Nord, dans le diocèse de Down and Connor.
J’ai rencontré pour la première fois un recruteur vocationnel de la Légion
du Christ en Septembre 1990. J’avais alors 13 ans. Je suis allé plusieurs fois
visiter le noviciat, et j’y ai même fait un séjour de six semaines en 92. Le 15
septembre 93, j’ai reçu la soutane et fait la promesse de vivre en Chasteté,
Obéissance et Pauvreté, en accord avec les Constitutions de la Légion du
Christ, ainsi que les promesses légionnaires de ne pas critiquer et de ne pas
briguer des postes d’autorité pour moi-même dans la Congrégation. Et c’est
ainsi que je suis entré au Noviciat de la Légion du Christ, au Leopardstown
Road Dublin 18, à l’âge de 16 ans.
L’Instructeur des Novices était le père James McKenna, LC. Il m’avait été
affecté comme Directeur Spirituel et Confesseur. En septembre 1994, il a été
remplacé par le père Eoghan Devlin, LC, alors diacre. Avec un certain nombre
d’autres novices, je suis allé à son ordination à Mexico, au mois de novembre
de la même année. Il m’avait également été attribué comme Confesseur et
Directeur Spirituel.
Sous le couvert de me préparer à la Profession des Vœux Religieux et des
Vœux Privés de la Légion du Christ, que je désirais prononcer à la fin de mes
deux années de Noviciat, il me posait assez souvent des questions personnelles,
de nature sexuelle, au cours de mes entretiens de Direction
Spirituelle.
Il m’a demandé si j’avais eu des «expériences» sexuelles dans mon enfance.
Il m’a demandé, à propos de mes frères et sœurs, d’autres membres de ma famille
et de mes amis, si je les avais déjà vus nus. Il m’a demandé si j’avais déjà
pratiqué quelques « jeux sexuels », quand j’étais enfant. Il m’a également
demandé si j’avais des phantasmes sexuels, et lesquels. Il voulait savoir
jusqu’à quel point j’étais sexuellement « conscient ».
C’était son devoir de savoir cela, parce qu’il devait répondre de mes
capacités à être un candidat idoine pour le vie religieuse, et j’ai donc
répondu à ses questions aussi ouvertement et honnêtement que possible, bien que
je trouvais que ses questions étaient intrusives et gênantes. Mais, je n’avais
rien à cacher.
Je lui ai dit, cependant, que je pensais avoir une attirance pour les
hommes. Il m’a dit que l’homosexualité n’existait pas, que je ne devais pas
m’inquiéter pour cela, parce qu’étant dans un environnement exclusivement
masculin, je me sentais en fait attiré par les qualités les plus féminines des
hommes qui m’entouraient, dû de l’absence de femmes qui auraient pu m’attirer.
Lorsque je serais envoyé en apostolat, dans «le monde», tout cela
disparaîtrait.
Je n’ai jamais approuvé ou désapprouvé, mais j’ai décidé que, quoi qu’il en
soit, la chasteté était la même chose pour tous ceux qui acceptaient de
l’offrir à Dieu. J’ai également calmé ma conscience, en me disant que je ne me
sentais pas attiré par quiconque en particulier, homme ou femme, et que je
n’avais pas de grande difficulté à vivre la chasteté. De fait, la chasteté
m’apparaissait comme un don magnifique à Dieu, et une expression d’intimité
avec Lui.
Le père Eogan m’a dit en Direction Spirituelle que j’avais une «affection
désordonnée» à l’égard de l’un des novices. Je ne sais pas ce qu’il voulait
dire exactement. Je n’ai pas compris pourquoi il pensait une telle chose. Il
m’a demandé si, pendant les temps de conversation, je cherchais ce frère, pour
parler avec lui des autres frères. Il m’a demandé si je recherchais sa
compagnie, et si je préférais sa compagnie. Il a dit que j’avais eu un «coup de
foudre» pour lui, et m’a encouragé à lui confesser ce péché contre la chasteté,
à chaque fois qu’il se manifestait à moi.
Les amitiés individuelles, ou particulières, à la Légion ne sont pas
autorisées. Ce novice, en particulier, pour lequel j’avais apparemment le
béguin, était une personne aimable et intelligente. Je trouvais sa compagnie
agréable, et je dirais que mes sentiments envers lui étaient ceux de l’amitié,
de l’estime. Je l’aimais bien. Mais je n’ai jamais eu la moindre pensée
sexuelle, ni le moindre désir ou la moindre pulsion pour lui.
Néanmoins, je me suis retrouvé en train d’examiner sans cesse ma conscience
et ma pureté d’intention, à chaque fois que je lui parlais. J’ai réduit mes
contacts avec lui au minimum, effrayé à l’idée de «pécher». Si je riais de ses
plaisanteries… les autres riaient-ils ? Est-ce que j’étais le seul ?
Avais-je des affections désordonnées ? Il était très difficile de
qualifier de «péché» contre la pureté, et de confesser toutes ces choses qui
m’apparaissaient «inappropriées» à «l’universalité légionnaire». J’examinais
sans cesse ma pureté d’intention, dans mes rapports avec d’autres novices, avec
ma famille et avec mes supérieurs, afin d’éviter toute affection
désordonnée.
Une nuit, le père Eoghan est entré dans ma chambre, après les prières du
soir. J’étais au lit, mais pas encore endormi. Il m’a demandé si tout allait
bien. Je lui répondu que oui. Il m’a demandé si je portais des sous-vêtements
sous mon pyjama. Je lui ai dit que je portais un slip. Il m’a dit qu’il n’était
pas normal de porter des sous-vêtements au lit, en plus du pyjama. Il m’a
ordonné d’arrêter de faire cela dans l’avenir.
Le père Eoghan passait de nombreuses heures, toutes les semaines, avec moi,
pour parler de chasteté, et il me félicitait pour mes efforts dans l’ordre de
la pureté. J’avais une correspondance écrite quotidienne, l’informant de mes
progrès au jour le jour. Il me donnait souvent des tâches à faire pour lui,
afin de «garder mon esprit occupé». Je l’accompagnais fréquemment quand il
avait besoin de quitter le Noviciat. Il avait fait de moi son secrétaire
personnel, et m’avais également nommé infirmier. Il m’avait donné la
responsabilité de redessiner les jardins du noviciat.
Un jour, au printemps 1995, il est tombé malade. L’Assistant de
l’Instructeur des Novices, le frère Patrick Colon, LC, me demanda de l’aider à
apporter son déjeuner au père Eoghan. Je fis cela, et le père Eoghan me
remercia. (Je ne me souviens plus exactement quand cela a eu lieu. Il me semble
que c’était vers le début du mois de mai, parce que nous avions passé tout le
mois à travailler dans les jardins et parce que le temps était beau. Je venais
tout juste d’avoir 18 ans. Je suis certain que c’était avant le mois de juin.
En fait, il est possible que cela ait eu lieu avant mon anniversaire, parce que
nous avions eu aussi quelques journées de travail en mars et en
avril.)
Selon les Constitutions de la Légion du Christ, un légionnaire ne peut pas
entrer dans la chambre d’un autre légionnaire, à moins d’être accompagné par
une autre personne. C’est la raison pour laquelle nous étions ensemble avec le
frère Patrick pour apporter le déjeuner au père Eoghan.
Or, cette nuit là, alors que tout le monde dormait, le père Eoghan est entré
dans ma chambre en pyjama, et m’a réveillé. Au noviciat, il ne nous était pas
permis de fermer la porte de notre chambre, sauf pour nous changer.
Il m’a demandé de le suivre. Il avait l’air très pressé, alors je n’ai pas
eu le temps d’enfiler ma robe de chambre. J’ai du courir pour le rattraper
alors qu’il se rendait dans sa chambre. Comme de coutume dans la Légion, nous
devions tous garder le Silence Absolu après les prières du soir, jusqu’après la
messe du matin, le jour suivant. Le Silence Absolu ne signifiait pas seulement
que nous n’étions pas autorisés à parler, mais également qu’il fallait essayer
de faire le moins de bruit possible (fermer les portes très calmement,
etc.).
Le père Eoghan était allongé sur son lit et me dit qu’il avait de terribles
crampes d’estomac. Il déboutonna le haut de son pyjama, et me demanda de me
mettre à genou. Il mit de l’huile sur son ventre et me demanda de lui faire un
massage. Je n’avais jamais fait une telle chose auparavant. Alors, prenant mes
mains, il me montra comment faire, en posant mes mains sur son nombril, et en
me demandant d’appuyer avec force, en massant de façon circulaire. Il se mit à
respirer profondément. Assez vite, il déboutonna le bas de son pyjama et versa
de nouveau de l’huile. Il me demanda «d’aller plus profond». J’ai cru qu’il
voulait dire avec plus de force, mais il en fait il voulait dire de descendre
plus bas. Son pénis était raide, et j’étais gêné. J’ai commencé à masser la
zone entre le nombril et la région pubienne. Il prit ma main, et la plaça dans
son entrejambe. Et je l’ai massé là. Il m’a demandé de le faire plus
vigoureusement. J’étais choqué, mais je ne comprenais pas ce qui se passait. Je
me souviens de mes mains qui touchaient les poils de son pubis, imbibée de la
crème de massage. J’ai fermé les yeux et j’ai prié. Son pénis était en pleine
érection, et découvert tout le temps. Il était humide et dégoulinant.
Je me souviens clairement des pensées que j’ai eues à ce moment là
:
- Pourquoi étions-nous seuls? Où était la troisième personne prévue par les
Constitutions? Je me suis dit que cela aurait été trop gênant d’être témoin
d’une telle chose. Une personne devait être suffisante.
- Pourquoi n’était-ce pas son supérieur (le Recteur, père Eugene Gormley,
LC) qui s’occupait de lui? Voire son assistant, le père Patrick Conlon? Quand
on a quelques besoins dans la Légion, il faut toujours demander à ses
supérieurs pour de l’aide ou une permission, et non un frère de même niveau
dans la hiérarchie ou un frère subordonné.
- Quelle terrible maladie pouvait donc avoir ce prêtre? J’ai pensé que ces
crampes devaient être de terribles douleurs… et qu’il venait tout juste d’être
ordonné. Il m’est également venu à l’esprit qu’il voulait que je le masturbe,
parce qu’il était prêtre et que je ne l’étais pas, et qu’il ne pouvait pas
contrôler cette faiblesse. C’est pourquoi si je le faisais, si je lui apportais
soulagement, le péché serait le mien, et non le sien…un moindre mal, ou quelque
chose comme cela. Néanmoins, je savais que je ne pouvais pas commettre un tel
péché, et je ne l’ai pas fait, bien que je m’attendisse à ce qu’il me le
demande.
Il a continué à me demandé de le masser plus vigoureusement, et plus fort.
Ce faisant, j’ai touché plusieurs fois, par inadvertance, son pénis en
érection, qui se déplaçait avec vigueur, en suivant le mouvement des mes mains.
Je gardais la tête baissée et les yeux fermés, autant que possible.
Il m’a alors demandé de me laver les mains et de lui donner une serviette.
Je suis allé dans sa salle de bain, mais quand je suis revenu, il était déjà en
train de s’essuyer avec un drap. Il s’est excusé pour les « circonstances
gênantes » de sa maladie. Il m’a dit qu’il était souvent malade, comme ça.
Il m’a demandé si j’avais remarqué qu’il avait eu une érection, lorsque j’étais
venu lui apporter le déjeuner. J’ai hoché la tête, pour dire non. Il m’a
renvoyé à ma chambre, et m’a dit que je pouvais aller dormir pour récupérer le
sommeil perdu.
Je suis allé à l’oratoire, et je me suis mis à prier pour que Dieu le
guérisse de cette maladie. J’ai offert un sacrifice à son intention, pour
l’aider durant la nuit.
J’étais abasourdi par les évènements. Mais je n’ai jamais douté qu’il était
malade. J’ai pensé ainsi, parce que lorsque nous avions parlé de sexualité en
Direction Spirituelle, il m’avait confié qu’il ne fallait pas être gêné, ou de
faire des mauvais jugements sur sa malheureuse condition. Vers qui d’autre
aurais-je pu me tourner?
Je n’avais pas parlé pendant tout l’évènement. Je ne voulais pas briser le
Silence Absolu. A la Légion du Christ, il nous est demandé d'obéir aux
supérieurs, même à ses moindres désirs, et pas seulement à ses ordres. On nous
expliquait, dans la Légion du Christ, que si un supérieur désirait une tasse de
thé, même se ce dernier l'avait simplement mentionné en pensant à haute voix,
il fallait, selon « l'Esprit Légionnaire », la préparer et lui
apporter.
Dans la Légion du Christ, nous faisions également le vœu de ne jamais
critiquer les supérieurs, dans ses actions, ses agissements ou sa personne...
et dénoncer quiconque aurait enfreint ce vœu. Si jamais une critique devait
être faite, cela devait être fait d'une façon formelle au supérieur de ce
supérieur, dans un esprit de charité.
J'avais promis, au début de mon noviciat, de vivre dans cette obéissance et
de ne pas critiquer. J'étais alors dans une période de discernement pour
l'acceptation des Vœux Religieux.
Dans mon cœur et dans ma conscience, je crois que j'ai agit cette nuit-là
comme un vrai légionnaire, et j'ai placé tout cela au fond de mon
esprit.
Le jour suivant, j'ai vu le père Eoghan et le père Eugene qui parlaient
ensemble, en marchant le long du couloir du noviciat, comme on faisait souvent
pendant la Direction Spirituelle. J'ai pensé que le père Eoghan informait le
Recteur de ce qui était arrivé.
Après cela, le père Eoghan n'avait plus de temps pour moi. Il m'a dit que je
ne devais plus dépendre de lui autant, parce que j'étais sur le point de partir
pour mes humanités classiques, à Salamanque, en Espagne. C'était une grande
communauté, et mes supérieurs là-bas n'auraient pas autant de temps à me
consacrer.
J'ai remarqué un changement en lui à mon égard. Il semblait indifférent,
voir fatigué de ma présence. A la fin de l'été, j'ai professé les Voeux
Religieux, en accord avec les Constitutions de la Légion du Christ, ainsi que
les Voeux Privés de la Légion du Christ.
Je me souviens que j’avais hâte de lire les Constitutions de la Légion du
Christ dans leur version complète, étant donné que seuls les religieux ayant
prononcé leurs vœux et les prêtres avaient le droit de les lire. En tant que
novices, nous avions une version tronquée.
Je me suis donc rendu à Salamanque pour mes humanités classiques, au Centre
d'Humanité de la Légion du Christ, Avda. De la Merced.
Après y avoir passé un an et demi, mon Recteur, Confesseur et Directeur
Spirituel, le père Jesus Maria Delgado, LC, m'a dit qu'il ne me voyait pas
devenir prêtre, et m'a encouragé à quitter et «à me marier». Je n'étais pas
d'accord avec lui, et je n'ai jamais compris pourquoi il voulait que je parte.
Sa seule raison était que cela ne me convenait pas (bien qu'il n'ait pas dit
pourquoi) et que je n'avais pas la «matière première». Quand la période
d'humanité s'est achevée, il ne me permettrait pas de commencer la philosophie
à Rome, et disait qu'il avait une «mission spéciale» pour moi. J'ai attendu
deux mois pour découvrir de quoi il s'agissait. Un jour, on m’a enfin demandé
d’accompagner le père Luis Ignacio Nunez, LC, pour faire la tournée de
différentes villes espagnoles afin de chercher des vocations pour la Légion,
pour le mouvement Regnum Christi, de trouver des fonds pour la Légion et
d’essayer d’ouvrir une école de la Légion à Bilbao.
Pendant l’année et demi qui a suivi ce que m’avait dit le père Jésus au
sujet de ma vocation, j’ai prié et travaillé intensément, pour essayer de
trouver la volonté de Dieu. Je n’ai jamais douté dans mon cœur et dans
l’accomplissement de mes Engagements Religieux que Dieu m’avait appelé, non
seulement au sacerdoce, mais à la Légion du Christ, et je me sentais donc le
devoir de conscience d’obéir à l’appel de Dieu.
Finalement, avec toutes ces pressions, j’ai accepté, comme un signe de Dieu
manifesté à travers mes supérieurs, que je n’avais pas la vocation au
sacerdoce, ni à la Légion du Christ. J’ai également reçu une lettre du
Directeur Général et fondateur de la Congrégation, le père Marcial Maciel, LC,
que nous appelions Nuestro Padre, dans laquelle il disait que je pouvais partir
et retourner à la maison en paix, sans problème de conscience. Il m’affirmait
que la volonté de Dieu pour moi n’était pas que je devienne prêtre.
A partir du moment où j’ai décidé de quitter et où l’on m’avait remis un
billet d’avion, je n’étais plus considéré comme un Légionnaire, un membre de la
communauté. Il ne m’était pas permis de dire à quiconque, sauf à mes parents,
que j’allais sortir de la congrégation.
Jusqu’à ce jour, je continue à lutter avec ma conscience sur cette question.
Dans la Légion, on nous disait tout le temps que nous étions appelés de toute
éternité, choisis par Dieu pour co-fonder la Légion du Christ… et que si nous
n’étions pas fidèle à l’appel de Dieu, Il nous cracherait de Sa bouche, mettant
ainsi en péril notre salut éternel.
Lorsque des frères quittent la Légion du Christ, que ce soit de leur propre
choix, ou bien qu’ils y soient «invités» par leur supérieur, cela se fait en
secret. Ils disparaissent simplement pendant la nuit. Il était interdit de
parler d’untel qui n’était plus présent dans la communauté. Quand il arrivait
qu’on interroge les supérieurs au cours d’une «quiete» (récréation),
généralement, ces derniers inventaient un mensonge, racontant que ce frère
était parti pour accomplir une mission spéciale au Mexique, ou bien qu’il avait
été envoyé dans un autre pays.
On m’a donné une valise, conseillé de laisser toutes mes notes et de ne
prendre que mes vêtements et mes effets personnels avec moi. Il était
préférable, disaient-ils, de ne pas garder trop de souvenirs à la longue. On
m’a rendu mon passeport, donné un billet d’avion Madrid-Belfast, et un viatique
de 50$. On m’a dit que si je n’avais pas besoin de cet argent pendant le
voyage, il fallait le renvoyer à Salamanque.
C’est ainsi que je suis revenu chez mes parents, le 20 août 1998. Je leur ai
dit que j’avais vécu mes Vœux Religieux pendant les trois dernières années, et
que, sachant qu’il me fallait bientôt renouveler mes Vœux, j’avais décidé de ne
plus continuer à suivre cette voie. C’était un mensonge. Je n’arrivais pas à
leur dire que la Légion m’avait renvoyé, que je n’avais pas les aptitudes pour
le sacerdoce.
J’étais également embêté, parce que j’avais prononcé mes vœux pour trois
ans, à partir du 15 septembre 1995. J’étais donc encore théoriquement un
Religieux Consacré jusqu’au 15 septembre 1998… mais j’avais quitté la Légion.
Je ne savais pas comment vivre mes Vœux à la maison pendant cette période et je
me demandais si je devais me présenter à l’évêque ou au curé de la paroisse.
Mes parents m’ont donné de l’argent pour acheter quelques vêtements, mais je ne
savais pas si je devais l’accepter ou pas, étant donné que j’étais encore tenu
par mon vœu de pauvreté.
J’ai eu beaucoup de mal à me réadapter à la vie normale, mais j’ai essayé de
le faire du mieux que je pouvais. Je demandais de l’aide à Dieu, afin de
trouver Sa volonté hors de la Vie Religieuse.
Je suis allé à l’université, mais assez vite ma situation s’est détériorée
et j’ai du quitter. Au début de ma deuxième année, j’ai commencé à me sentir
mal. J’avais des nausées, je me sentais fatigué, souvent troublé et oublieux.
Ma mémoire à court terme s’est appauvrie et je me suis même perdu quelquefois,
ne sachant même plus où je me trouvais. J’avais du mal à savoir à quelle époque
de l’année on était, je me sentais souvent désorienté. Cela a bien sûr affecté
ma vie universitaire. Je ne savais pas ce qui allait mal, mais je suis allé
rencontrer un psychologue à l’université, et j’ai fini par reconnaître que je
faisais une dépression. Je me souviens que, lors de ma première rencontre, je
ne savais pas pourquoi j’étais là ou de quoi j’allais parler. J’étais surpris
de m’entendre parler autant de mes expériences de séminaire. Je ne me rendais
pas compte de combien j’étais encore tellement dépendant de la Légion du
Christ. Tout mon psychisme – ma structure émotionnelle, mon équilibre
psychologique… dépendaient du système de vie que j’avais eu à l’intérieur de la
Légion, et, pour autant que je le veuille, je ne pouvais pas fonctionner hors
de ce système. Chaque chose devenait un véritable défi pour moi. Il est
difficile de décrire cela… je ne veux pas dire que je voulais vivre comme un
Légionnaire, me lever tôt le matin et faire une heure de méditation avant
d’aller à la messe, mais que j’avais une dépendance inconsciente avec la
Légion.
Dans un certain sens, j’étais comme un lion qui aurait été élevé en
captivité et gardé dans une cage. Après avoir été «libéré» et remis dans la
nature, mon habitat naturel, je n’arrivais plus qu’à arpenter la longueur de ma
cage, bien que les barreaux aient été ôtés.
Depuis lors, j’ai suivi des psychothérapies, et cela m’a beaucoup aidé. Mais
cela a pris et continue de prendre des années pour réapprendre le nécessaire et
les choses de la vie les plus élémentaires, dans une société normale.
Peu de temps après avoir commencé la psychothérapie, en novembre 2000, j’ai
découvert un article sur Internet racontant les allégations d’abus sexuels
commis par le fondateur, Marcial Maciel, LC. Je n’arrivais pas à y croire et
cela me dégoûtait. Mais quand j’ai lu le détail des accusations, le souvenir de
ce que le père Eoghan Devlin m’avait demandait de lui faire quand il était
malade au Noviciat m’est revenu et j’ai réalisé, pour la première fois, la
vérité de ce qui était arrivé – à savoir qu’il avait effectivement abusé
sexuellement de moi. La similitude entre ce que les quelques premiers
légionnaires disaient que Maciel leur avait fait faire et ce que le père Eoghan
m’avait demandé de faire était étourdissante. Je n’arrivais pas à y croire.
J’ai imprimé l’article, j’ai écrit ma propre expérience, et je l’ai imprimé
également. Je les ai montrés à mon père et à mon accompagnateur. Je n’arrivais
pas à exprimer ce qui était arrivé. Je ne pouvais pas encore parler de cela,
j’avais un besoin urgent d’être compris. J’avais besoin que ces personnes me
croient, ou peut-être qu’ils me disent ce que je ne voulais pas
croire.
Jusque là, j’avais hésité à dire que j’avais été abusé. Je m’étais
auto-convaincu que le père Eoghan était vraiment malade, ou bien que c’était de
ma faute. Mais je ne pouvais plus me mentir à moi-même au sujet de ce qu’il
avait vraiment fait. Il m’a manipulé et a abusé de moi pour sa propre
satisfaction sexuelle. Mon déni ne servait qu’à masquer la difficulté que
j’avais à accepter la vérité. Je n’ai jamais nié les faits.
Je me souviens qu’un jour, alors que j’étais encore humaniste à Salamanque,
toutes les communautés de la maison avaient été convoquées à une réunion
spéciale dans l’auditorium. Le Recteur, le père Jésus Maria Delgado, LC, nous a
dit qu’un journal aux Etats-Unis avait publié des accusations accablantes et
mensongères contre Nuestro Padre. Nous n’avons reçu aucun détail au sujet de
cette accusation.
On nous a informés que notre courrier personnel allait désormais faire
l’objet d’une double vérification (dans la Légion, tous les courriers entrant
et sortant sont habituellement révisés par les supérieurs) pour filtrer les
messages qui pourraient contenir des détails sur l’article du journal. Il nous
était demandé d’être prudents, et si nous arrivait de découvrir quelque chose
dans notre courrier ou ailleurs à propos de ces accusations, il fallait
s’arrêter de le lire, et tout remettre à notre supérieur.
Il nous était également interdit de parler entre nous de choses qui auraient
à voir avec ces accusations.
J’ai réalisé que l’article de journal dont on nous empêchait de prendre
connaissance était ce même article que j’ai lu plus tard sur Internet,
rallumant dans ma mémoire le souvenir de mon propre abus. J’étais en colère à
cause du fait que la Légion m’avait empêché d’avoir accès à cela – J’aurais pu
le savoir plus tôt, j’aurais pu agir tout en restant dans la Légion. Peut-être
que d’autres aussi avaient été abusés comme moi, et sans le savoir, on les
privait de la possibilité de découvrir la vérité.
En avril 2001, j’ai rendu visite à Mgr Colm McCahon, du diocèse de Down and
Connor, et je lui ai raconté ce qui m’était arrivé. J’étais choqué et inquiet,
c’est le moins qu’on puisse dire. Je l’ai remercié pour son attitude exemplaire
de prêtre. Il m’a informé de ce que je pouvais peut-être faire, étant donné que
j’étais préoccupé par le fait que le père Eoghan pouvait encore abuser de son
autorité, pour assouvir ses désirs personnels, et c’est pourquoi je pensais
qu’il pouvait m’apporter son soutien.
En mon nom, il écrivit au Vicaire Général de la Légion du Christ, Luis
Garza. J’ai expliqué à Mgr McCahon que la Légion cultivait le secret et qu’elle
prenait soin de protéger ses membres et son image. C’est pourquoi je doutais
qu’un supérieur de la Légion aurait cru tout ce que je pouvais dire à propos
d’un autre Légionnaire. J’étais effrayé à l’idée que le fait d’envoyer cette
lettre ne serve à rien. Il m’a dit qu’il ne pensait pas que cela se passerait
ainsi, parce qu’il y avait des procédures dans l’Eglise. Il m’a dit qu’on
pouvait au moins essayer et voir ce qui arriverait. J’étais d’accord avec cette
idée. Je lui ai dit que j’aurais voulu parler au père Eoghan en personne, pour
«clarifier certaines choses». Je l’ai aussi prévenu que je ne voulais en aucun
cas provoquer un scandale ou blesser l’Eglise.
Luis Garza a répondu, et j’ai trouvé ses mots très blessants. Il affirmait
qu’il n’y avait aucun problème avec le père Eoghan, et que ce dernier ne
comprenait pas comment je pouvais monter une telle histoire. Il me proposait de
m’expliquer directement avec le père Eoghan, si je le voulais, mais seulement
en présence de témoins. Je me suis senti intimidé, et, étant encore dans une
période de déni et de trouble, j’ai laissé tomber. D’une certaine façon, cela
m’a apaisé un peu, parce que j’avais fait comprendre au père Eoghan que ses
efforts de supercherie devaient s’arrêter.
J’ai décidé de ne plus penser à tout cela, et finalement, je suis sorti de
ma dépression – ou plus exactement, j’ai appris à l’accepter et à vivre avec
ses effets. J’ai essayé de retourner à l’Université, mais le fait de faire
partie d’un autre « système » était trop difficile pour moi. La
dépression est revenue, et j’ai dû arrêter au bout de trois mois. J’ai repris
ma psychothérapie.
Je ne peux pas oublier, ni mettre de côté cette partie de mon passé plus
longtemps. Je me suis souvent inquiété du fait que le père Eoghan continue de
commettre des abus sur des enfants, ou sur d’autres personnes sous son
autorité. J’ai appris qu’il était devenu Supérieur d’une communauté de
Légionnaires en Colombie, et qu’il était également Directeur d’un Collège
Légionnaire.
Je crois avoir le devoir moral d’avertir l’Eglise et les autorités civiles
appropriées au sujet de ce que le père Eoghan Devlin m’a fait. Ce faisant,
j’espère obtenir justice, éviter que se produisent de nouveaux méfaits et aider
d’autres victimes à guérir.
Je demande qu’une autorité externe fasse une enquête formelle et rigoureuse.
Je ne fais aucune confiance dans les enquêtes internes opérées par la Légion du
Christ dans ce genre d’affaire, et je ne me contenterais pas de cela.
Je veux que le père Eoghan soit démis de son ministère jusqu’à ce qu’une
enquête complète et exhaustive soit faite, précisément parce qu’il est
actuellement Directeur d’une école primaire et secondaire à Medellin, en
Colombie, qu’il est également Directeur National du Mouvement de Jeunes du
Regnum Christi en Colombie et Supérieur de la Communauté de Religieux de la
Légion du Christ à Medellin.
Dans cette enquête, j’exige que toutes les personnes dont il a été
Supérieur, à quelque moment de sa carrière légionnaire, et pas seulement comme
prêtre ou comme Instructeur de Novices à Dublin, soit interrogé sur ses
comportements sexuels, au cours de leur formation.
Notez que je n’étais pas conscient de cet abus parce que ses supercheries et
l’utilisation de sa position d’autorité étaient vraiment efficaces. Il y a
peut-être d’autres légionnaires qui continuent de vivre dans le déni de ces
abus.
Je demande qu’au terme de cette investigation, le père Eoghan Devlin soit
démis de façon définitive de toute position d’autorité dans la Légion du
Christ, et soit également demis de son ministère auprès d’enfants et de jeunes.
Il sera peut-être nécessaire de s’interroger sur son aptitude au Sacerdoce et à
ses exigences.
Je l’invite à s’interroger sur son propre comportement, et sur les problèmes
qu’il peut avoir avec sa sexualité.
Je suis angoissé. Je suis angoissé à cause des choses que la Légion pourra
dire à mon égard. Que je suis acerbe, parce que j’ai dû quitter la
congrégation, que je ne suis pas bien, que ma dépression continuelle est une
preuve d’un déséquilibre mental, et donc que mon long récit était une histoire
sans fondement, etc. Quelqu’un m’a confié qu’on avait demandé pourquoi j’avais
quitté la Légion, et que la réponse avait été «qu’Aaron n’était pas bien dans
sa tête». Cela n’a fait que s’ajouter à ma douleur.
J’ai également peur que tout cela soit encore plus pénible à supporter pour
moi. Mais, comme mon expérience Légionnaire me l’a enseigné, si la vérité peut
faire mal, les mensonges encore plus. Puisse la vérité me conduire à la
liberté.
Il m’a fallu un certain courage, et oui, beaucoup de temps, pour me
présenter comme cela. Je me sens perdu et sans soutien. Va-t-on me croire? Tout
cela va-t-il servir à quelque chose?
J’espère que vous pourrez m’aider à trouver justice et guérison.
Commentaire de Giselle Sainte Marie (Life after RC)
Je peux témoigner du fait que la Légion a reçu d’autres accusations contre différents membres de la Congrégation à cette époque, qui ont été rejetées de la même manière. «Une telle chose n’aurait pas pu arriver telle que vous la décrivez», et «Vous avez imaginé toute cette histoire» sont les deux réponses fermes reçus par le jeune homme que j’ai rencontré. Et cette accusation n’a conduit qu’à de nouveaux abus psychologiques de la part de ses supérieurs, allant jusqu’à le mettre en quarantaine, à l’écart de ses frères. Le père Bannon lui-même a été envoyé pour s’occuper de cette affaire.
Cette seconde lettre apporte des détails importants, à savoir :
- Elle montre que l’abus dont Aaron a été victime était exactement le même, au détail près, que les abus perpétrés par Maciel sur ses victimes;
- Elle montre qu’il y a eu des modèles-types d’abus, pendant des années;
- Elle montre que le contrôle du courrier servait surtout à empêcher que les informations concernant Maciel ne parviennent aux Légionnaires, et ne risquent de laisser les séminaristes s’échapper à cause de cela.
- Elle montre encore que la Légion était experte pour gérer le cas de ceux qui avaient vécus des attouchements sexuels, et de ceux qui posaient problème.
- Elle montre pourquoi les réseaux de discussion entre anciens légionnaires DEVAIENT être arrêtés, pour la propre survie de la Légion.
- Elle montre que l’atmosphère très religieuse couvrant les abus, avait l’avantage de la sincérité, de la charité authentique et de la transparence des séminaristes… pour des fins pernicieuses.
- Elle montre enfin comment la propre foi et l’intégrité des victimes étaient tellement abîmées, que cela les rendait, par la suite, inaptes à être considérés comme des témoins crédibles.
Il faut voir comment la Légion a su accuser ses détracteurs d’être des «progressistes», des «ex-prêtres» et des «ennemis de l’Eglise». Les éléments critiques de la lettre d’Aaron montrent exactement pourquoi certaines personnes ont perdu leur confiance dans «le système» ou dans «l’Eglise» qui a couvert des actes aussi abominables. Voyez-vous comment le cercle se referme, de sorte qu’il ne reste plus qu’à se tourner vers certains journaux (National Catholic Reporter, Boston Globe, New York Times) pour arriver à transmettre certaines informations honnêtes au sujet de corruption dans les couloirs de notre sainte mère l’Eglise ? Comprenez vous la complicité de la Congrégation pour les Religieux (et de façon spéciale le Cardinal Rodé) qui a caché ce poison misérable pendant des années ?
Et pour ceux qui voudraient nous faire avoir confiance dans la Légion, avec leurs larmes de crocodile quand ils disent «nous sommes vraiment désolés maintenant, et nous avons appris l’humilité à travers cette épreuve qui nous a choqué à propos de notre fondateur »… Comprenez vous pourquoi nous ne croyons pas à un seul mot de cela ?
Les accusations d’Aaron ont été faites il y a plusieurs années. Sa dernière lettre a été envoyée il y a quelques mois. Il n’a jamais obtenu de réponse. La Légion a agit comme si toutes ces révélations étonnantes avaient posé un énorme fardeau sur LEURS épaules. Basta.
Commentaires
J'ai regardé l'effrayante lettre...
On est bien dans un système où la corruption venant du haut était ensuite, sinon encouragée, du moins couverte.Je suis de plus en plus convaincu qu'il faut dissoudre cette congrégation, et damner la mémoire de son fondateur.
Mais que faire des malfaisants de la direction générale et de leurs sbires trop nombreux, beaucoup trop nombreux car le mal a gagné ?
- Les galères ?
- leur trouver un abbé de Rancé pour les mettre sur la bonne voie ?
Que faire d'eux ?
Fracassante lettre .
Merci, cher Aaron pour votre courage . Vous rendez service à l'Eglise . La vérité est traumatisante certes mais nos larmes lavent les souillures de notre Sainte Mère . Que donc va pouvoir faire notre Saint Père ?
L'Esprit Saint l'assiste pour tout cela qui fait exploser nos imaginations !
Pierre de Charentenay écrit sur son blog :
La deuxième question concerne l'absence totale de vigilance des responsables de l'époque sur de tels faits, suivie du refus de voir la réalité et de décider en conséquence.
Plaider l'ignorance est mensonger, car il y a toujours des rumeurs et des fuites qui devraient alerter. Les bons sentiments, beaucoup d'incompétence, la peur de faire des vagues et de ternir la bonne réputation de nos institutions, la mollesse dans la décision "pour ne pas faire de la peine", tout cela a été catastrophique.
La leçon semble être apprise. Mais elle reste amère pour tous. La vigilance extrême doit rester la règle, l'actualité de quelques cas récents le montre.
Pour répondre à lafoudre,
les orienter vers les écrits de Luisa Piccarreta sur la Divine Volonté voir site www.luisapiccarreta.ca destiné à nous faire entrer dans l'ère de sanctification.
Le 28 mars 1994 les écrits reçurent le "non obstare" du Cardinal Ratzinger,Préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi.
En janvier 1996, le cardinal Ratzinger fit sortir les 34 volumes des "livre du ciel" qui étaient retenu aux archives du vatican depuis 58 ans et des photocopies furent remises à l'archevêque Carmelo Cassiato de l'archidiocèse de Trani et Président du Tribunal pour la cause de béatification de Luisa Piccarreta.
Personnellement je suis entrain de lire le livre "Premiers pas avec Luisa Piccarreta vivre dans la divine volonté " editions christian" de Marcel Laflamme, c'est tout simplement merveilleux. Il est disponible aux éditions du parvis :tel:41 26 915 93 93 ou www.parvis.ch
Ils vont peut-être finir par perdre les pédales ceux qui ont tout appris de leur canaille de fondateur. Un système a toujours des failles et aujourd'hui le sépulchre blanchi pue . Les craquelures tournent à la béance : il y a des signes d'ébranlement par exemple la démission de Th Hoopes, LC éditeur du National Catholic Register, journal qui appartenant comme par hasard à Maciel, avait gagné pendant des années la confiance des catholiques aux USA afin de les tromper quand serait venu le moment . En effet ce journal a choisi de ne pas "couvrir" le scandale Maciel, préférant développer des nouvelles constructives ! ...
Aujourd'hui, Hoopes bien que démasqué et acculé à reconnaitre sa tromperie patente , (cependant maintenu à son poste) un an après démissionne de lui-même ! à moins que ce soit sur ordre ? il choisit la fuite sans en avoir le choix peut-être ... Enfin toutes les suppositions ont droit de cité... serait-ce plutôt de la poltronnerie ou serait-il "laché" par la DR...ou simplement "éloigné" au moment le plus brûlant de la visite ? Tout çà les LC savent faire; ils l'ont montré : au moment de la Visite de 1956, l'auteur de la rédaction du 4ème voeu (sévice de la langue coupée) avait été envoyé loin de Rome afin de ne pas avoir à témoigner des ordres qu'il avaient reçus de maciel !
Autre signe : le procurateur Cristoforo Fernandes, le dernier Joker de la DG, semblerait avoir disparu de l'horizon pour être remplacé par un de nom Irlandais .
Beaucoup de mouvement dans les troupes, observe-t-on . On cherche à embrouiller, on change les témoins de continents... ils se mettent en disponibilité, ils "sortent"; que sais-je ? Est-ce que ce serait une pagaille organisée ou une bérésina stricto sensu ? Allez savoir...
Les quelques semaines à venir vont être décisives ! la température monte : L'explosion n'est pas loin ! les gaz n'attendent que l'étincelle ! Aux abris les justes ! Mais comment être épargné de la bombe atomique sinon par miracle ? ? ? Alors demandons le miracle la face contre terre !
Ben non, en effet, cher Monsieur Lafoudre, je suis de votre avis, un charisme, une grâce de fondation ne peut passer par un gars en état de péché mortel qui n'est qu'une canaille, qu'un imposteur, un violeur, un narco-trafiquant, un maître fraudeur, un incestueux, et un voleur !
Maciel n'est qu'un pseudo-fondateur, j'ai vu cela quelque part et ça doit être vrai ! Des trésors de jeunes ou moins jeunes abusés sont totalement égarés "la-dedans" dans cette psudo fondation ... alors que faire maintenant ?
On dirait qu'on commence tout à coup à l'accepter, à pouvoir le dire, à pouvoir l'entendre comme si cela allait de soi ! Dieu sait qu'on nous a seriné avec les "Regardez et prosternez-vous devant l'oeuvre", et les "oui mais il y a le charisme", et nos oreilles sont encore pleines de " confiance, les cardinaux nous suivent" n'aurait-ce pas été plutôt correct -dans l'esprit de présenter que c'était à la LC de suivre les cardinaux !!!)
Le ciel tombe sur la tête... une histoire pareille affichée "au grand jour".... plus rien ne sera comme avant !
Que vont devenir tous ceux connus ou inconnus ? Il est impératif de les sauver de cet enfer, étant ordonnés PRÊTRES dans cette congrégation il va être tellement facile de les identifier à ce "FAUX PERE MACIEL",
Je prie pour tous qui ont tout donné, toute cette "belle jeunesse" allongée les bras en croix le jour de l 'ordination, avec un tel enthousiasme, une telle pureté, une telle foi, MON DIEU ! PITIE POUR EUX !
P. Peter Cronin est un prêtre catholique d’une paroisse des environs de Washington qui a été Légionnaire du Christ pendant 20 ans de 1965 à 1985 : traduction d'un témoignage bouleversant qu' est le sien !!
La LC : Congrégation religieuse ou secte ???
La réponse vous parlera d'elle-même : elle est longue, mais - si vous en avez besoin pour y voir clair - alors vous trouverez le temps de la lire !!! A chacun son heure .
"Une fois dans la congrégation, la personne est soumise à un programme intensif de « formation » i.e. de lavage de cerveau . Cela se fait par la conjugaison de différents éléments qui influencent, contrôlent la personne avec une grande efficacité : par exemple la direction spirituelle et la confession . il n’y a aucune liberté de choix de son confesseur ni de son directeur spirituel, cela est également vrai pour les prêtres . C’est une façon pour la légion d’accéder totalement à la conscience… tout doit être dit aux supérieurs, sans rien garder pour soi . D’autres armes sont les conférences, causeries, retraites, exhortations que les communautés reçoivent constamment et qui renforcent le message essentiel… .
Le point crucial est que les membres ont « une vocation pour la Légion » et que cette vocation vient de Dieu et pour l’Eternité… telle est la volonté de Dieu . S’ils ne sont pas fidèles, c’est à leur risque et périls et il prennent le risque d’être condamnés et d’aller en enfer . Ce message revient sans cesse et est omni- présent sous différentes formes .
Dès qu’un jeune entre à la LC il est soumis à un contrôle total en tout ce qu’il fait, dit et pense… la légion parle « d’intégration » et un légionnaire doit s’efforcer à se conformer - en comportement , en esprit et par sa volonté. Cela veut dire une conformité aux désirs de la LC en tout . Cela aboutit à une transformation de la personnalité au détriment de la personnalité réelle de chaque LC. Toutes les expressions d’individualisme seront éliminées . Ceci dès les début . tout cela se fait de façon très subtile, très doucement au début, avec le sourire et la bonne humeur, difficilement perceptible pour la victime
Quand on entre dans la LC on pense que c’est une congrégation traditionnelle comme les Franciscains, les dominicains ou les Jésuites. On est trompé par beaucoup de choses qui ne se découvrent que plus tard . Il y a toujours des voiles, des secrets . On peut passer des années comme cela sans voir l’ensemble
La personne qui entre à la LC est systématiquement séparée et éloignée de toute influence, spécialement de sa famille, de la culture, de l’Eglise en général et de la société (du « monde »). Les gens de l’extérieur sont appelés « ceux de dehors », ils sont vus avec la plus grande méfiance, la communication avec l’extérieur est contrôlée et freinée (sauf quand la LC essaie d’attirer quelqu’un aux objectifs de la congrégation . Il est interdit de communiquer avec l’extérieur, on doit rendre compte des conversations et de tout ce qui est extérieur à la congrégation .
A la LC aucune intimité est possible, ni physique, ni psychologique. Elle n’a pas d’espace pour l’intimité . Les supérieurs peuvent entrer dans les chambres sans frapper, visiter la chambre, les affaires personnelles même elle n’est pas là et sans que l’intéressé le sache.
Le LC n’a pas de temps pour lui-même car chaque moment est programmé et intensément réglé . Les membres sont encouragés à épier et à rendre compte des autres membres de façon continue. « Nous devons aider le Frère John et quelle meilleure manière que d’informer les supérieurs
Il y a des règles qui contrôlent chaque action et chaque mouvement de la vie (repas, boisson, promenades, conversations) ...
Le secret est présenté comme une sagesse, une prudence, une discrétion ou un esprit de réserve Ceux du dehors sont vus comme une menace . Actuellement les membres ont l’interdiction de communiquer avec les gens de l’extérieur sans la permission du supérieur y compris les membres de la famille . Aucune information sur la congrégation ne doit sortir. Toutes les lectures sont contrôlées !
Aucune amitié est permise entre les membres.
A l’intérieur de la congrégation il y a un manque total de dialogue, de possibilité de désaccord . Le membre doit accepter tout sans discuter La motivation , chaque règle, chaque ordre, chaque idée de la LC est divinement ordonnée, directement inspirée par Dieu et donc incontestable . s’il y a discussion, désaccord, la personne est punie et envoyée dans quelque lieu éloigné d’où elle ne peut exercer d’influence sur les autres Mexique, Quintana Roo . .
L’autre point caractéristique semblable à une secte est la difficulté de sortir . c’est très difficile de sortir compte tenu que chacun constamment guidé, stimulé à rester avec toute une panoplie d’arguments et chacun se sent particulièrement chargé d’un sentiment de culpabilité « Tu es entrain de trahir ta vocation, tu as une responsabilité devant les âmes qui se perdront à cause de ce changement de direction » quand il y en a un qui sort, il est soigneusement isolé, changé de maison ou l’objet d’une campagne de rumeurs entre les autres membres « Attention à Peter, il a des problèmes » C’est une expérience qu’on vécue tous ceux qui sont sortis .
La sensation d’isolement et de solitude avec laquelle on quitte la Légion est terrible
Une fois sorti, l’ex LC ne saura plus rien de la congrégation. J’ai passé 20 ans dans la LC : depuis jamais plus je n’ai reçu aucune lettre, téléphone ou une invitation (compte tenu que j’habitais à proximité du centre aux environs de Washington). Aucune assistance ni soutien pour me trouver une place dans un diocèse, je n’ai été l’objet d’aucun intérêt ni envers ma personne ni à l’égard du prêtre que j’étais pendant 20 ans .
Pendant 20 ans, la légion avait été ma vie, ma famille, mon monde mais dès le moment où je suis sorti : La sortie est un exode " (fin) ------
A lire ce témoignage on peut dire que toutes les sorties LC ne sont pas, selon les pays et les circonstances et le tempéramment de l’ex LC totalement calquées , bien évidemment . Ce témoignage garde cependant toute sa valeur .
A un autre niveau, beaucoup d'entre nous avons été victimes de ce lavage de cerveau mais l'intensité en a été infiniment différente...
Ceux qui font notre admiration particulière ce sont les victimes directes dont la vie a été brisée . Ils sont d'une dignité extraodianaire . Leur ton n'est pas celui de la révolte, mais du devoir de servir la vérité, avec l'amour de l'Eglise qu'il continuent à considérer come leur mère dans le respect ... C'est cela vraiment un miracle éblouisant à nos yeux
Plus que jamais nous pensons que ceux qui résistent à une telle épreuve sont des miraculés… et …des héros ! le Bon Dieu veille sur "les victimes", cela garde dans l'ESPERANCE
Remarque en France, un LC qui "sort" peut connaître des régimes très différents ce qui infirme ce témoignage sans caucunement le diminuer ni le relativiser . C'est que la France est un petit pays . tout se sait. Donc l'intéret de la LC est de prouver de 1000 manières qu'elle s'occupent tb d'un exlc et elle y parvient ce qui musèle encore plus la victime ui rete ainsi dans le piège !
Des USA une amie qui n'est pas mère de LC écrit à la suite :
"+ Fr. Cronin a été ridiculisé par la Legion... son temoignage devait etre trop veridique . De toutes facons, la masse de Legionaires ne lisent pas ces temoignages.
Une famille d'un ex apostolique et ce n'est quand même pas anodin :
"Merci pour cette traduction que nous pouvons malheureusement confirmer en partie !"
Qui sait combien de LC ou d'anciens légionnaires sont à l'asile d'aliénés aujourd'hui ? tombés à jamais dans la trappe !
Devenir fous de douleur d'avoir été abusés dans sa confiance sur une longue durée, ça peut rendre tout simplement fou à lier ceux qui s'en rendent compte ?
Les responsables coupables de ces abus de confiance, avoueront-ils ? - ce serait bien étonnant : il nieront comme ils ont continué à faire depuis le début et avec effronterie : "un tel était fragile", "un tel avait des problèmes personnels" . Oh! la honte !
Tout cela pourrait bien mal finir : dans le sang, dans un corps à corps à arme blanche ou avec coups de feu .
Les bagarres au sommet avec tout ce qu'il y a derrière doivent être terribles !
Pourvu que ces bandist en soutane dont les noms apparaissent sur des listes interminables ne choisissent pas plutôt un agneau en la personne du Pape ...
Confiance limitée ?
Certains estiment que la Légion du Christ est un système qui protège les pédophiles et que la Légion a été créée pour cela.
Certes il existe des témoignages indubitables que des Légionnaires prêtres et pédophiles ont abusé de leur pouvoir sur des jeunes en formation
Cependant nous connaissons de nombreux Légionnaires qui vivent leur vocation de façon équilibrée qui n’ont pas vécu d’agression sexuelle et qui n’en font pas subir aux autres, et qui aident de nombreux jeunes à grandir
Nous refusons donc de dire que la Légion du Christ est un système pervers et pédophile.
Mais il y a un danger : celui que certains de nos enfants soient sous la domination de certains Légionnaires pervers qui n’ont pas été écartés, d’autant que lorsque des Légionnaires étaient mis en cause, la Légion notamment en ce qui concerne ses dirigeants, n’a pas dénoncé et remis à la justice les coupables soupçonnés.