Pour en finir avec le Monstre...
Par Xavier le mercredi 30 décembre 2009, - Documents clés - Lien permanent
Voici la fameuse lettre de l'ancien
légionnaire, Juan José Vaca, qui a été l'un des principaux accusateurs contre
le père Maciel. Cette lettre a été publiée dans les appendices du livre de
Fernando M. González: "Marcial Maciel, los legionarios de Cristo: testimonios y
documentos inéditos." (Marcial Maciel, les Légionnaires du Christ, témoignages
et documents inédits). Vous pouvez lire le fac-similé de cette lettre en
espagnol ici.
Juan José Vaca est actuellement professeur à New York, USA.
St Christopher's Rectory
11 Gale Avenue
Baldwin, New York 11510
Rev. P. Marcial Maciel, L.C.,
Supérieur Général des Légionnaires du Christ,
Via Aurélia Nuova, 677,
Roma, Italia.
Le 20 octobre 1976
Très estimé dans le Christ, Père Maciel,
Je voudrais commencer cette lettre en vous remerciant sincèrement de m'avoir
envoyer la photocopie de mon Indulgence de sécularisation, avec la lettre
jointe. Je dois vous informer cependant que ce courrier ne m'est parvenu que la
semaine dernière, le 12 décembre exactement. Je vois que votre lettre a été
postée au service de courrier du Vatican le 26 août, mais celle-ci a été
timbrée au tarif ordinaire, et pour cette raison, elle a été envoyée par bateau
et est arrivée en très mauvais état (un peu déchirée et mouillée par endroit).
C'est à cause de ce retard que je n'ai pas pu accuser réception.
J'ai ensuite pris huit jours de plus pour vous répondre, parce que j'ai
voulu me donner le temps pour prier et pour méditer sur le contenu et la forme
de cette réponse, en prenant le temps que requière la prudence, afin de
l'écrire avec la plus grande modération et le plus grand respect
possible.
J'aurais aimé ne jamais avoir à vous envoyer cette lettre. Lorsque, en
décembre 1962, je vous ai écrit quelques pages dans lesquelles, en citant des
faits concrets, je vous demandais, au nom de Dieu et, pour la tranquillité de
conscience d'un certain nombre d'entre nous, une explication à propos des
contradictions morales de votre vie, votre réponse a consisté à m'envoyer à
Ontaneda, un mois et demi avant la date à laquelle je devais recevoir
l'ordination sacerdotale (J'ai moi-même rédigé le document approprié à la
Congrégation des Religieux) et votre réponse a consisté, en plus, à retarder
mon ordination pendant un temps indéterminé, qui a duré six douloureuses
années.
Bien qu'aujourd'hui, vous ne puissiez me faire pratiquement plus aucun mal,
après les dommages inimaginables et tellement graves que vous nous avez fait, à
tant d'entre nous, sachez que ce n'était pas mon désir, Père, mais bien
vous-même, et votre lettre, qui m'ont conduit à rédiger cette lettre.
Je le fais devant Dieu et je dépose mon espérance en Lui de vous voir
corriger, vous, Père, et d'une façon définitive, les contradictions aberrantes
de votre vie, afin que vous n'exposiez pas plus longtemps votre propre
personne, l'Institution de Dieu qu'est la Légion, la réputation de notre
sacerdoce catholique et de l'Eglise entière, au très grave scandale qui s'en
suivrait, si cela apparaissait à la lumière, si les abus sexuels (considérés
par la loi comme des actes de dégénération et d’ordre criminels, et par la
médecine comme une anomalie pathologique) parvenaient à la connaissance des
autorités compétentes), que vous avez commis sur tant d'entre nous pendant de
si longues années. Et cela seulement, sans mentionner le reste, comme les
différents aspects de votre vie sécularisée, tellement en contradiction avec
les vœux religieux, ou comme votre malheureux passé d'addiction, qui vous a
causé tant de peines et vous a conduit à de telles manipulations et tant de
dépenses pour étouffer le scandale.
Pour moi, Père, le malheur et la torture morale de ma vie ont commencé au
cours de cette nuit de décembre 1949. Utilisant le prétexte de vos douleurs,
vous m’avez ordonné de rester dans votre lit. Je n’avais pas encore treize ans.
Vous savez que Dieu m’avait préservé intact et pur, jusque-là, sans jamais
avoir gravement souillé l’innocence de mon enfance. Au cours de cette nuit,
profitant de l’angoisse et du trouble qui m’habitaient, vous avez déchiré ma
virginité masculine, pour la première fois. Moi, qui étais arrivé à la Légion
dans mon enfance, sans jamais avoir eu quelque expérience sexuelle que se soit,
sans même savoir qu’il existait des actes comme la masturbation et autres
dégénérescences contra naturam, vous avez initié au cours de cette nuit des
abus aberrants - et sacrilèges de votre part - qui se sont prolongés
douloureusement pendant treize années. Treize années d’angoisse et de terribles
troubles, en ce qui me concerne.
Combien de fois m’avez-vous réveillé au milieu de la nuit pour m’avoir à
votre disposition, et pour abuser de mon innocence ? Des nuits de terreur.
De si nombreuses nuits sans sommeil, qui, en plus, mirent en danger de si
nombreuses fois ma propre santé psychique. Vous en souvenez vous, Père
?
En octobre 1950, vous me conduisez à Rome, seul adolescent au milieu du
petit groupe de philosophes et de théologiens, dans l’intention de pouvoir
continuer à abuser sexuellement de moi. Trois mois plus tard, au lieu de me
faire rentrer à Cobreces, vous tentez de me convaincre de rester à Rome, en me
proposant de m’inscrire dans une très bonne école pour me faire entrer par la
suite, quand viendrait le moment, au Noviciat, à Rome. Je bénis le Seigneur,
qui m’a permis d’échapper à votre proposition. Cependant, à chaque fois que
vous reveniez à Cobreces, puis ensuite à Ontaneda, je devais de nouveau
souffrir de vos abus. A ce moment, je me suis rendu compte que je n’étais pas
le seul. Un bon nombre de mes compagnons étaient aussi victimes de votre
luxure. Quelle horreur !
Et ainsi, alors que vos abus sur nous devenaient de plus en plus graves,
j’ai passé mes deux années de noviciat, mes deux années d’Humanités classiques,
mes trois années de philosophie et les trois premières années de ma
théologie.
Au mois de septembre 1956 le scandale de votre addiction apparaît en plein
jour. Vous craignez que l’on découvre également vos activités homosexuelles et
vous faites d’habiles remaniements de fonctions, en nommant comme supérieurs
des communautés de Rome ceux parmi nous qui vous aimaient le plus et qui
avaient conservé à votre égard la plus grande fidélité (Nous vous considérions
alors comme un père, saint et extraordinaire, pour qui nous avions tout donné;
vous nous aviez littéralement envoûté; vous pouviez faire ce que vous vouliez
de nous, de nos volontés, de nos esprits, de nos consciences...). Vous nommez
Jorge Bernal comme supérieur des théologiens, Alfonso Samaniego comme supérieur
des philosophes et Cristoforo Fernandez et moi-même comme supérieurs des
novices. Vous nous donnez des instructions, afin que nous ne révélions rien de
négatif au sujet de votre vie personnelle aux Visiteurs Apostoliques.
Au mois de mai 57, vous me faites appeler à Madrid. Là, vous me retenez
presque un mois. Comme à Madrid il vous devenait très difficile de vous
procurer la Dolantine, vous m'envoyez d'abord à Medilla, puis à Tetuan, et
finalement à Céuta. Quel moment d'angoisse j'ai passé au cours de cette soirée
à Céuta, quand, après être resté deux heures dans la baignoire, sans répondre à
mes appels, il a fallu que j’entre dans votre appartement pour vous sortir,
complètement inconscient, à cause des injections...
En février 58, vous êtes réhabilité par le Saint Siège. Cependant, nos
tourments continuent, parce que vous recommencez à abuser sexuellement de nous.
Le nombre de jeunes religieux que vous touchez s’agrandit. Combien de journées
entières et de nuits qui se succèdent, enfermés dans cette infirmerie du
Collège de Rome… dans votre appartement en face du chœur de la chapelle, avec
la porte coincée par le lit, le trou de la serrure bouché et les volets des
persiennes soigneusement fermés…. Combien de fois nous avez-vous obligé, non
seulement à un, mais également à deux religieux, de se faire mutuellement les
aberrations que vous nous faisiez… Tous ces voyages aller-retour entre Rome et
l’Espagne, au cours desquels vous nous conduisiez dans votre voiture et vous
vous arrêtiez, de façon inattendue, soit dans un hôtel, soit dans une auberge,
soi-disant pour dormir, vous faisant accompagner par l’un de nous… (à Solares,
Nice, Genève…). Ces huit jours à Bruxelles… Et comment ne pas avoir honte de ce
qui s’est passé dans cet hôtel de Montmartre, à Paris, alors que vous veniez de
finir une bouteille de Cognac ?…
Après quoi, à Mexico – de juillet à décembre 1961 – alors que vous nous
envoyez, Fdo. Martinez et moi-même, pour demander des bourses d’étude à Javier
Orozco, avec l’interdiction formelle de nous permettre de voir nos parents et
notre famille – après avoir passé douze ans sans les voir ! – peut-être
aviez-vous peur que nous parlions ?… Ces quelques jours à Acapulco… Le voyage
de Dallas, m'emmenant avec vous pour que je vous accompagne à l'hôpital de
Temple, au Texas... Et puis enfin, ces longues semaines d'angoisse à Salvator
Mundi (Je remplaçais alors Ramiro Fdez.), jusqu'à ce que, de façon inattendue,
le Cardinal Valeri vous surprenne, un matin, dans un état pitoyable... Combien
de lieux et combien de moments de si triste et terrible mémoire!
Lorsque je commençais à avoir des angoisses et que j'étais pris par de
terribles problèmes de conscience, vous me rassuriez, au début, en m'affirmant
que vous ne vous rendiez pas compte de ce que vous faisiez dans certaines
circonstances; que vous ne vous souveniez de rien du tout, et par la suite,
vous m'avez donné plusieurs fois l'absolution vous-même (abusant du sacrement,
absolutio complicis!). Et, lorsque ma conscience ne me permettait pas d'être en
paix, vous me conduisiez, en incognito, vers quelques confesseurs, m'expliquant
la façon par laquelle je devais exposer les choses au confesseur, afin que je
ne vous dénonce pas.
Vous connaissez bien, Père, le mal si grave que vous m'avez fait, jusqu'à me
conduire au bord de l'aliénation psychologique et mentale. D'abord, comme
enfant, puis comme adolescent et ensuite comme jeune homme et adulte, j'étais
soumis à une discipline religieuse tellement rigide, moi, qui avais conservé un
amour si sincère et qui avait une vénération si grande pour une personne qui,
en plus d'être prêtre, fondateur et supérieur général, était à mes yeux un
véritable père et un homme extraordinaire... mais comment concevoir que cet
homme, si extraordinaire, vivait dans des contradictions tellement aberrantes,
et suivait un style de vie tellement en opposition avec ce qu'on exigeait de
nous... Comment une telle chose pouvait-elle être possible?
Voici ce que furent, en résumé et à quelques détails près, les expériences
similaires qu'ont dû souffrir tant de jeunes et d'adolescents, que Dieu avait
confié entre vos mains, dans le dessein de les conduire vers une vie exemplaire
de sainteté, mais à qui, vous, au lieu de cela, avez causé des dommages
incalculables, et, dans certains cas, irréparables. Tous ceux-là, des jeunes
bons et pleins de talents, comme les suivants, sur qui j'ai pu constaté
personnellement que vous avez commis les mêmes abus sexuels et dont je cite les
noms ci-dessous:
(NDR. Par respect vis à vis des victimes, nous ne publions pas la liste
citée dans la lettre originale de Juan José Vaca)
Naturellement, Père, vous savez qu'il ne s'agit là que des noms de ceux dont
j'ai connaissance, grâce à des témoignages personnels, mais que la liste des
personnes que vous avez maltraité est bien plus nombreuse. En effet, beaucoup
ont dû quitter la Légion, alors que d'autres, pour différentes raisons –
certaines parfois inavouables – continuent à l'intérieur de l'institution,
comme prêtres. Certains d'entre eux perpétuant la chaîne de ces activités
homosexuelles et scandaleuses, comme le Père Penilla, pendant la période où il
fut recteur d'Ontaneda, ou comme le Père Arumi (Vous a-t-on déjà informé des
libertés licencieuses que le P. Arumi s'était autorisé avec certains d'entre
nous, depuis les années 57: attouchements, voyeurisme à travers les portes des
douches, etc.?) Comment pouvais-je le tenir au courant de tout cela, à lui qui
expérimentait les mêmes activités que les vôtres?
Ayant souffert de tout cela, vous m'envoyez à Ontaneda, comme réponse à
cette lettre angoissée que je vous ai écrite en décembre 1962 et dont vous vous
êtes emparé, par l'intermédiaire de quelqu'un, dans ma chambre, à
Rome.
Après avoir détruit mon innocence, après avoir abusé sexuellement de moi et
avoir attenté contre mon intégrité morale, psychologique et mentale durant tant
d'années, vous avez cherché à me faire encore plus mal, quand, à cause des
préoccupations et de l'amour d'un fils tourmenté, je vous demandais des
explications sur votre conduite et je vous demandais de corriger votre style de
vie, pour Dieu, pour votre propre bien et celui de nous tous: A Ontaneda! Et
pour un temps indéterminé! Un mois et demi plus tard, mes compagnons reçoivent
l'ordination sacerdotale, dans un groupe dont je devais faire partie. Ma
douleur, ma terrible déception et ma frustration furent telles qu'elles m'ont
pratiquement fait perdre toute foi et confiance en l’homme. Ma vie, à vingt-six
ans, se brise de façon brutale, en mille morceaux, dans une ambiance comme
celle d'Ontaneda de l’époque. Que de privations et de sacrifices sans limites
et de tous genres, physiques et morales, avons nous passé dans ce
centre!
Dans la situation personnelle dans laquelle je me suis trouvé à Ontaneda, il
fallait s'attendre à ce que je ressente, tôt ou tard, la tentation de
reproduire quelques unes des activités impures que vous m'aviez enseignées.
J'ai attendu et résisté pendant un certain temps; mais, la tentation, les
mauvais souvenirs que vous m'aviez laissé et la situation si pénible de la vie
à Ontaneda, m'ont fait tomber; Cela a été comme une sorte d'échappatoire, afin
de ne pas perdre la raison. Oui, je suis tombé, Père; Mais vous savez bien que
je n'ai jamais abusé d'aucun adolescent, de la façon avec laquelle vous abusiez
de nous. Ni même de façon lointaine, avec la gravité et l'étendue de vos abus.
Sachez que cela n'a jamais été plus loin que de simples caresses, lorsqu'ils
étaient endormis; jamais lorsqu'ils étaient éveillés et sans jamais leur causer
de plus grands maux. Cela a duré seulement quelques mois, et, depuis cette
époque, je n'ai jamais remis en pratique ce que vous nous aviez enseigné. Cela
m'a tellement dégoûté depuis lors, que je n'ai jamais entretenu la moindre
pensée à propos d'activités homosexuelles.
Après quelques années, vous m'avez envoyé à Orange. Je vie continuellement
sans jamais réussir à ôter de mon esprit les souvenirs de ces abus que vous
avez commis sur moi. Je continue à me rendre compte du style de vie sécularisé
que vous meniez: voyageant sans cesse d'un pays à l'autre, de façon compulsive,
toujours en incognito, dépensant des quantités énormes d'argent (voyageant
toujours en première classe; vous hébergeant dans les hôtels les plus chers;
allant dans les meilleurs restaurants); De façon fréquente et inattendue, vous
vous arrêtez à Acapulco, Tequisquiapan, Huston, Miami, Madrid... Et toujours
avec la consigne que « personne ne doit savoir où vous êtes ». Quelle
lamentable façon de vivre le vœu de pauvreté et les normes de la vie
religieuse! Je ne crois pas qu'il existe une seule personnalité ecclésiastique
– et je ne parle pas des religieux – qui jette l’argent par les fenêtres comme
vous.
Vous ne célébrez le sacrifice de la Messe qu'en de rares occasions et, bien
sûr, avec une dévotion impressionnante, pour susciter l'admiration et
l'édification de tous ceux qui vous observent. Combien de fois n'avez-vous pas
célébré ces messes, en sortant de l'infirmerie, après avoir abusé de nous? Seul
Dieu sait dans quel état de conscience vous vous trouviez alors. Combien de
fois n'avez-vous pas interrompu la messe, vous retirant à la sacristie, pour
vous faire une injection, de façon à continuer le Sacrifice Eucharistique dans
un état second.
Sans la messe quotidienne, sans la prière de l'Office Divin (car, d'après ce
que vous nous disiez, le Pape vous aviez accordé une dispense perpétuelle),
sans la prière nécessaire et avec de tels exemples de malhonnêteté personnelle,
de mensonge systématique, de viol des consciences... comment aurions-nous pu
rester indéfectible, après tout le mal si grave que vous nous aviez fait?
Certains en ont eu marre de toutes ces choses, et ont fini par quitter Légion.
Ceux qui ont commencé à parler, vous les avez accusés d'être des
« traitres », des « personnes ingrates », des « fils abortifs »,
les « instruments de la croix que Jésus-Christ vous offrait, pour vous
rendre semblable à Lui » (Quelle distorsion de langage et de conscience,
Père!). D'autre part, ceux qui n'ont pas parlé, préférant vivre en paix ou
éviter les problèmes, ont dû porter en eux le terrible souvenir de quelques
expériences, que nous ne souhaiterions jamais à quiconque de vivre.
Effectivement, Père, après avoir passé deux ans à Orange, j'ai succombé à la
tentation de me distraire avec de la littérature érotique. (Mais encore une
fois, je m'interroge... sur le genre de revues mondaines que vous aviez
toujours avec vous, et que vous lisiez jusqu'à des heures indues de la nuit?).
Oui, je suis tombé dans la tentation de regarder de temps en temps des films et
des divertissements interdits. Tout cela, je vous l’ai confié, au cours du
sacrement de la confession, un soir, dans votre chambre de l’hôtel Hilton de
New-York. A partir de ce moment, vous avez décidé de me faire surveiller par
des agents privés, faisant ainsi usage de ma confession sacramentelle et
abusant de ma sincérité de conscience. Vous aviez déjà fait la même chose avec
le père Pedro Martin, et Dieu seul sait avec combien d’autres encore, allant
jusqu’à le prendre en photo et enregistrer ses conversations. Peut-être
espériez-vous me surprendre dans une mauvaise situation? Les sommes d’argent
considérables que coûtait le financement d’une telle surveillance ne vous
importaient apparemment pas. De même que le fait de violer le secret de la
confession, ainsi que l’intégrité et les droits privés d’un être humain de
plus… cela ne vous posait pas de problème. N’importe quelle dépense était
amplement justifiée et commettre tous types de violation supplémentaire, pourvu
d’obtenir entre vos mains des faits concrets pour « pouvoir me détruire
complètement », selon les intimidations que vous m’avait fait au téléphone et
dans votre lettre, dans le cas où, un jour, j’oserais parler et révéler les
scandales et les aberrations incroyables de votre vie, auxquels j’ai
malheureusement assisté et dont j’ai également souffert, pendant vingt-six
longues et terribles années.
Je ne sais pas, Père, jusqu’à quel degré de malhonnêteté et de folie, Dieu a
permis que vous arriviez. Après avoir lu cette lettre, je ne sais pas quelle
sera votre réaction. Ce sera sans doute celle de toujours : m’accuser
d’être un fils de la trahison, ingrat, un « instrument de votre calvaire
», un « tissu de mensonges et de calomnie », lequel « manque
d’imagination, car je ne fait rien d’autre que de répéter ce que l’on dit à
votre égard depuis 1946 »… je ne sais pas.
Pour l'amour de Dieu, j’espère que votre réaction sera la seule qui soit
honnête et juste : celle de reconnaître les terribles dommages que vous
nous avez causés. Renoncer, peut-être, à votre poste de gouvernement et
d'honneur, et commencer, une bonne fois pour toute, une vie vraiment correcte
aux yeux de Dieu.
Si cela n’était pas le cas, et si vous décidiez de continuer à m’attaquer
pour « me détruire complètement », sachez bien que tout ce que vous
pourrez présenter à mon Evêque ou bien à la connaissance du public à propos de
mon passé ne m’importe absolument pas, même si vous pouvez le prouver avec des
photos, que vous auriez obtenu par quelques détectives privés que vous auriez
engagé, comme vous l’avez déjà fait avec le Père Pedro Martin. Vous pouvez le
faire, de la façon que vous voulez et quand vous voulez! Je me suis déjà fait à
l’idée, Père, que vous êtes capable de faire n’importe quoi. Que n’avez-vous
pas déjà fait ? (J’en suis même arrivé à la possibilité que vous chargiez
quelqu’un de me donner une leçon, ou de me faire disparaître dans un accident,
d’une façon ou d’une autre).
Cette possibilité ne me perturbe en aucune façon, parce que, premièrement,
ces choses remontent à un passé strictement privé, dont j’ai honte, et pour
lequel j’ai demandé mille fois pardon à Dieu. Ce sont là des chutes qui
appartiennent au passé et dont, avec la grâce de Dieu, je n’accepterai jamais
qu’elles se répètent dans ma vie. Deuxièmement, parce que, lorsque j’ai quitté
la Légion, mon intention a consisté d’abord à oublier les évènements passés
avec vous, ensuite, à refaire ma vie en vivant en paix avec Dieu, et enfin, à
offrir mon sacerdoce avec simplicité et plénitude à toutes ces âmes que Dieu et
ma mère l’Eglise mettraient sur mon chemin. Troisièmement, parce qu’en révélant
ces aspects sans importance de mon passé, vous vous détruiriez vous-même,
provoquant un dommage de plus infiniment plus grave pour la Légion, un scandale
pour tant d’âmes innocentes, et une offense de plus envers l’Eglise et le
sacerdoce catholique. Car, si vous décidez de prendre une telle mesure, il me
faudra expliquer l’origine et les causes de ces aspects de mon passé, avec
lesquels vous prétendez m’intimider. En d’autres termes, Père, je serais dans
l’obligation de faire la seule chose que vous me laisseriez : révéler,
jusque dans les moindres détails, ces vingt-six années de votre vie dont j’ai
été le triste et malheureux témoin.
Malgré tout ce que je vous ai dit, soyez absolument certain, Père, que je ne
prendrai jamais l’initiative de révéler votre passé. Dieu m’est témoin que ce
ne sont pas mes intentions, car je suis bien conscient des terribles
conséquences qui s’en suivraient pour l’Eglise, pour la Légion, et pour
vous-même. Vous me connaissez et vous savez que je ne suis pas capable de faire
du mal de façon consciente à qui que se soit. Je ne suis pas capable de faire
du mal, parce que j’ai trop souffert et supporté cela dans le silence pendant
ces vingt-six années. Mais, si vous choisissez cette option, il me faudra
défendre mon sacerdoce – étant donné qu’il vient de Dieu et de l’Eglise – et
pour ce dernier, je suis prêt à donner, avec l’aide de Dieu, jusqu’au dernier
moment de ma vie. En plus de mon témoignage devant Dieu, je possède des preuves
nécessaires et irréfutables.
Enfin, Père, il me faut vous exposer le point qui me préoccupe et me fait le
plus souffrir. Il s’agit de la situation actuelle dans laquelle se trouve ma
sœur Tere, laquelle est à votre disposition, dans le mouvement.
Vous savez bien que le style de vie que ces femmes consacrées doivent suivre
a lieu, premièrement, dans le dos du Saint Siège, sans aucun statut canonique
ni aucune approbation ecclésiastique.
Deuxièmement, le Mouvement Regnum Christi, avec ses méthodes de culture du
secret, son absolutisme idéologique et son système d’enfermement des
consciences, ressemble plus aux méthodes employées par les sociétés secrètes,
que les méthodes ouvertes et simplement évangéliques de notre Mère l’Eglise.
Ces méthodes que vous avez créées suscitent au sein de l’Eglise des divisions,
et inocule dans les esprits de ses membres une idée qui suscite subtilement
l’orgueil et la suffisance : celle d’être des êtres de prédilection, élus
par Dieu, œuvrant en marge des évêques qui s’y opposent, au mépris des prêtres
diocésains qui travaillent en vérité pour les âmes et qui essayent de les
servir, avec un apostolat évangélique, au service de tous types de personnes –
et pas seulement les riches et les puissants – et en conformité avec la vie de
l’Eglise.
Troisièmement. Le style de vie auquel sont soumises ces femmes est un
flagrant abus de leur liberté et de leur conscience personnelle. En effet, vous
les avez formé de telle façon, avec tous types d’arguments exposés suffisamment
habillement pour qu’ils paraissent conformes à l’Evangile, afin de leur
supprimer leur liberté de discernement et de ôter le pouvoir de leur volonté
personnelle. Elles en viennent ainsi à devenir incapables de prendre quelques
décisions vraiment libres, ayant été conditionnées par tout ce que vous avez
réussi à distiller dans leur esprit. Comme vous avez été habile pour les
convaincre « qu’au nom de Dieu, elle ont le devoir moral d’obéir à l’appel
que Dieu lui-même leur a fait, et de le suivre avec un dévouement
inconditionnel », « laissant complètement de côté leurs parents et leur
famille », en arrivant à les convaincre de vivre une discipline religieuse, que
même les religieuses d’autres congrégations officielles ne vivent
pas.
Il est clair que vous avez besoin de ce genre de femmes, pour pouvoir
diriger des collèges de filles, et pour mieux pouvoir contrôler, grâce à elles,
les différentes activités destinées au femmes. Vous avez su leur inculquer
habilement l’idée – comme vous nous l’avez inculqué à nous aussi – que la
proximité et les rapports normaux avec la famille sont un obstacle pour le
service de Dieu. Dieu n’est-il pas lui-même le Créateur de la famille ?
N’a-t-il pas choisi lui-même de vivre une trentaine d’année, dans le sein et
l’intimité de sa propre famille ? La famille n’est-elle pas la plus belle
et sainte chose que Dieu a offerte à la Création ? Il est clair, Père, que
si vous n’imposiez pas une séparation aussi sévère et rigide entre les familles
et ces jeunes femmes (comme pour les autres membres de l’institution) vous ne
pourriez pas avoir un contrôle aussi totalitaire sur elles, comme cela a été le
cas jusqu’à présent. Comment se fait-il que vous n’ayez jamais pu engager l’une
ou l’autre de vos sœurs dans ce genre de vie, avant qu’elles se
marient ?
Ma douleur et ma préoccupation pour ma sœur ne sont pas seulement le fruit
des trois considérations que je viens d’exposer. Il y a également d’autres
faits graves de votre vie qui accentuent ma préoccupation pour ma
sœur.
Comment pourrais-je rester tranquille, Père, quand je sais que ma sœur a
perdu toute sa liberté et a été envoûté par une personne qui nous a fait tant
de mal, à tant de jeunes et de religieux ? par une personne qui s’est
permis de commettre les activités, que vous m’avez avoué vous-même, avec Mme
Camila Barragan (au cours de ce voyage que vous avez fait ensemble de Monterrey
à Madrid)… et les visites compromettantes de Mme Virginia Rivero (comme cette
visite qui a eu lieu dans le Collège de Rome, pendant laquelle vous avez fait
en sorte que personne, sauf deux d’entre nous, se rende compte des deux heures
que vous passiez avec cette femme, enfermés dans l’infirmerie, à côté de la
porte de service)…
Avec tant et tant de tristes précédents, Père, il est absolument impossible
que je puisse rester tranquille, alors que je sais que ma sœur, comme les
autres femmes consacrées, continuent avec vous. Vous comprenez que je ne serai
pas en paix tant que je n’aurai pas vu ma sœur libérée de toutes ces pressions
morales, et en paix avec notre famille. Avant tout se trouve le bien de son
âme, correctement entendu, et son bonheur personnel. L’autre voie, il est
impossible que Dieu la veuille, et, je crois qu’il existe de nombreuses autres
façons de le servir, de façon exemplaire et féconde, dans un apostolat à temps
complet, approuvé par l’Eglise et la hiérarchie.
Vous saurez trouver la bonne façon de libérer ma sœur, sans exercer sur elle
toute forme de torture de conscience. Nous proposons, mes parents, ma famille
et moi-même, un délai maximal s’achevant à la fin de l’année 1976.
Je vais achever, Père, en vous assurant que je n’ai jamais accepté, dans mon
cœur, de conserver quelque rancune que se soit, envers personne, et encore
moins envers vous. Je vous ai déjà pardonné sincèrement tout le mal si grave
que vous m’avez fait pendant tant d’années. Jour après jour, je prie Dieu et la
Sainte Vierge pour vous et pour toutes les âmes simples et bonnes, qui
continuent à être envoûtées par vous.
Pour finir, je vous expose par la suite trois demandes formelles, en
conclusion de cette lettre :
PREMIEREMENT : la liberté entière de ma sœur Tere, et son prochain
retour dans notre famille, sans aucune sorte de pressions de
conscience.
DEUXIEMEMENT : Que, pour l’amour de Dieu et le bien de notre sacerdoce
commun, vous me laissiez reconstruire maintenant ma vie en paix, et que vous me
laissiez vivre tranquille dans mon apostolat.
TROISIEMEMENT : Que, pour le bien de l’Eglise, et de vous-même, vous
preniez la décision, une bonne fois pour toute, de : reconnaître les
dommages si graves que vous avez fait sur tant d’âmes ; renoncer à votre
dignité de gouvernement – qui est la seule voie correcte et juste - ;
vivre une vie vraiment transparente aux yeux de Dieu. (je ne crois pas que vous
aimeriez finir comme le Supérieur Général des Oblats de Marie, ni comme
d’autres personnalités de la hiérarchie catholique…) car les endroits où la
vérité finira tôt ou tard par se savoir sont nombreux ! Pourquoi vouloir
faire tant de mal à notre mère l’Eglise ?
Voulant être absolument sincère avec vous, je vous informe que l’original de
cette lettre, ainsi que onze copies supplémentaires, se trouvent en sécurité,
dans des enveloppes fermées, dans un dépôt absolument inaccessible (par
sécurité, aucune de ces copies ne se trouve chez moi). Ces douze enveloppes
portent déjà les noms et adresses de leur destinataire – quelques personnalités
importantes de l’Eglise et de la société, lesquels, éventuellement, seront
amenées à prendre connaissance du contenu – et qui se retourneraient
immédiatement contre vous… Une telle chose arriverait en deux
circonstances : Premièrement, dans le cas où je trouverais la mort ou bien
si je disparaissais de façon inattendue. Deuxièmement, dans le cas où vous
décideriez de ne pas donner suite aux deux premières demandes que je vous ai
faites (dans ce cas, les lettres ne seraient pas envoyées par courrier, mais je
les transmettrais personnellement).
Si Dieu permet que vous vous ressaisissiez, Père, je vous promets
solennellement, devant Lui, que ces lettres, avec leur contenu, seront
détruites immédiatement. Vous pourrez être sûr que je ne révèlerais jamais
votre passé.
Si vous avez encore quelque chose à me dire, je vous demande de ne pas le
faire par écrit. Je suis à votre entière disposition, et je me rendrais avec
joie pour parler avec vous, dans votre hôtel, ou à l’aéroport, en quelque
occasion où vous passerez par New York. Mon numéro de téléphone est le (…). Je
ferai tout mon possible pour venir à votre rencontre.
Je vous remercie sincèrement pour vos prières. Dieu sait combien je prie
tous les jours pour vous, pour tous mes chers compagnons, pour votre mère et
vos frères, que j’aimerais beaucoup pouvoir revoir.
Cordialement en Jésus-Christ,
Juan José Vaca
Commentaires
Voici ce qu'on peut lire, encore aujourd'hui, à propos de Juan José Vaca, sur la page de Wikipédia consacrée à la Légion du Christ: "La congrégation et son père fondateur affirment qu'il s'agit de mensonges et s'interrogent sur l'origine de l'argent qui permet à Juan Jose Vaca de tant voyager à travers le monde pour faire connaître ses accusations."
Vous m'excusez, mais il faut que j'aille vomir.
Pas besoin de voyager pour publier une lettre sur internet, et pas besoin non plus d'argent ... La vérité se paie peut-être par des persécutions mais pas avec de l'argent ...
Epouvantable et terrifiant qu'une telle crapule ait pu agir ainsi dans l' Eglise pendant 68 ans ! Mais que certains des légionnaires se disent encore les "Fils du Père Maciel" est carrément atterrant ! Serait-il déshonnorant de renier un soi-disant père lequel en réalité ne l'a jamais été ! N'est-ce pas cela qu'il faut accepter ?
Que le Visiteur Apostolique n'ait rencontré en France qu'un seul laïc malgré la demande reste inexplicable . En effet les LC ont toujours été présentés comme les aumoniers d'une mouvement de laics, le Regnum Christi qui compte environ 70 000 membres dans le monde ! Les Laïcs n'auraient-eils pas des choses intéressantes et importantes à dire ???
Et bien vous voulez que les langues se délient, que les coeurs s'ouvrent à la Vraie Vérité, j'arrive!!!
Je suis mère d'un ancien religieux de cette abominable congrégation, qui n'est pas légion du Christ mais bien légion du diable...et je pèse mes mots!!!J
Je retiens ma bouche pour ne pas hurler des mots orduriers contre tous ces foutus "faux-frères" et contre ce monstre de maciel...Permettez-moi de vous dire qu'ils ont tous réussis à détruire notre famille, notre fils n'est plus qu'un" robot" qui s'humanise pas à pas, avec douleurs & confusions.Pourquoi croire que l'Eglise de Rome est celle qui vous sauvera vous pauvres parents et fils et pères? Ne voyez-vous pas qu'il ne reste qu'une solution: la dissolution totale de cette mascarade qu'est la pseudo légion?! Nos enfants ne pourront guérir et se construire que lorsque l'"abominable" ne sera plus existante. Vous avez besoin de la Vérité=JESUS et non de ces foutus visiteurs apostoliques et de ce faste puant Vatican!Nous nous sommes battus pour que notre fils garde sa liberté de pensée et son identité , nous n'avons jamais relâché notre éducation et nos conseils, nous avons tous soufferts cruellement de toutes ces règles strictes et insensées imposées par ce criminel! mais aujourd'hui nous sommes tous réunis en famille, et plus rien ni personne ne nous empêchera de crier notre indignation et notre immense déception contre cette légion qui doit disparaître.Vous parents, vous frères et vous prêtres sortis ou non, vous devez vous battre pour que la Vérité éclate et peu importe si la légion meurt, Dieu ne vous en voudra nullement il n'y aura que maciel et sa bande diabolique qui grinceront des dents!Il n'y a que les assassins qui ne sauvent pas mais tuent!
Regardez bien autour de vous, d'autres communautés vont tomber, Dieu ne peut plus tolérer tant de mensonges et d'atrocités infligés à ses vrais enfants humbles, innocents et honnêtes.Notre famille est trop en colère pour continuer à déverser son chagrin sur ce blog , qui est au demeurant génial et j'encourage notre cher Xavier à continuer.Pourquoi personne, ni même les victimes et parents ne dénoncent les actes de pédophilies de l'école de méry?!Et la presse dans tout ça? Et la TV? et la radio? Douce France ne veut pas non plus voir l'inracontable?