Comment la Légion garde-t-elle un contrôle absolu sur ses membres ? Un rythme de vie démentiel...
Par Xavier le lundi 30 novembre 2009, - La Légion du Christ dévoilée - Lien permanent
Le légionnaire doit apprendre à
rentabiliser son temps, car son temps ne lui appartient pas. Il faut donc
l’aider à couper court avec toute tentation de paresse ou d’oisiveté. Voici à
peu près comment se déroulaient régulièrement nos journées :
A 5h15, le supérieur passait dans les cellules ou les chambres, en criant « Christ, notre Roi ! ». A ces mots, nous devions sauter du lit, d’un bond, sans nous délasser dans notre lit et courir à la douche. Jusqu’au soir, c’était la course : nous enchainions les prières du matin, la méditation, la messe, les repas en silence avec lecture, les services, les cours, le sport, les formations spirituelles, le chapelet, la direction spirituelle… Jusqu’aux prières du soir, nous n’avions pas un instant pour nous… et nous nous couchions vers 22h. Cela peut sembler fou, mais j’insiste sur ce point : le temps personnel n’existe plus dans la Légion : on n’a jamais un instant pour soi, jamais un moment pour penser « hors du cadre » !
Tout cela nous laissait environ 7h de sommeil, enfin, en théorie. Parce qu’on avait toujours un service à finir, ou un travail à faire… Il nous était parfois demandé de nous lever au « premier tour », à 4h45, pour préparer la chapelle ou le petit déjeuner. C’est un point important sur lequel j’aimerais insister : en plus de n’avoir jamais un seul moment de libre, nous avions très peu de temps pour nous reposer. Pendant toutes mes années à la Légion, j’ai souffert de ce manque de sommeil… A la fin, je ne dormais guère plus de 5h par nuit, ce qui me provoquait régulièrement des migraines et des douleurs au dos.
Les exercices spirituels suivaient également une dynamique intense (les légionnaires font une semaine d’exercice de Saint Ignace par an, en silence) : quatre méditations prêchées par jour, une conférence spirituelle, un examen de conscience par écrit (que l’on remet au supérieur), le ménage, le chemin de croix (quotidien également, et en rang !), les services, le chapelet… Pour vous dire la vérité, je n’ai jamais vraiment réussi à prier dans ce contexte tellement oppressant. Enfin, j’accorde qu’il s’agit peut-être là d’une opinion subjective.
On dit que l’on vit comme on pense, mais l’inverse est également vrai. Le rythme de vie dans la Légion du Christ était tellement intense qu’il finissait par créer en nous un sentiment oppressant d’urgence… comme si tout le salut du monde ne dépendait que de nous, de notre fidélité et de nos sacrifices.
Au petit séminaire, le rythme de vie est également intense, surtout chez les pré-candidats (les 15 – 18 ans). Même lors des temps de divertissement dans la salle de jeux, il leur est interdit de ne rien faire. Un ancien petit séminariste me confiait récemment combien ce contrôle absolu jusque dans les moindres moments de détente l’avait profondément terrorisé.
Commentaires
Comparons cette congrégation à une famille dont le père aurait à certains moments de sa vie commis crimes et exactions tout en se référant aux valeurs évangéliques. Ses enfants héritent de quoi? L'un des risques c'est d'hériter d'une propension institutionnelle à pervertir le message évangélique en l'assujettissant aux valeurs du monde, de domination et de collusion avec les puissants. Jésus s'est démarqué de cela et il l'a payé de sa vie.
Ce type de pratique était général dans l'église jusque dans les années 50/60: maints instituts fonctionnaient ainsi. La Légion n'a sans doute fait qu'emboîter le pas. Rétrospectivement on peut dire qu'il y a la dedans une composante répressive sadique dont l'esprit pervers peut jouir c'est-à-dire le diable qui sait habilement se cacher.