La théologie naturelle repose sur un axiome de base : il y a toujours
quelques similitudes entre la cause et son effet. On ne peut en effet dire que
« Dieu est bon » que parce que nous faisons l’expérience, au cours de
notre vie, de ce qui est bon.
En ce qui concerne la Légion du Christ, on entend parmi les membres de la
Congrégation ou du mouvement, un raisonnement complètement inverse : la
vie dépravée du fondateur de la Congrégation n’aurait eu pratiquement aucune
conséquence sur la Légion elle-même. L’Esprit-Saint, qui est toujours à
l’œuvre, aurait réussi à utiliser le père Maciel, « malgré lui » pour
créer, sans faute, la congrégation des Légionnaires du Christ.
Je ne crois pas à cette interprétation… et j’aimerais aujourd’hui expliquer pourquoi. L’article que je propose, encore une fois, n’est que le fruit de mes réflexions personnelles, et je comprends qu’il puisse choquer certaines personnes. J’espère qu’on saura me pardonner si je me trompe.
Un article écrit par un ancien membre de la
congrégation des légionnaires du Christ, qui décrit par le menu la méthodologie
utilisée pour obtenir de nouveaux membres.
Une fois
entré dans la Congrégation, tout le système de formation est basé sur
« l’intégration » : il faut apprendre à renoncer à nos désirs et nos
critères pour embrasser, dans la foi, ceux de la Congrégation. Cette idée
d’intégration était d’ailleurs exaltée comme l’acte suprême de la vie
religieuse : le plus beau don que nous pouvions faire à Dieu, c’était de
mourir à nous-mêmes, de renoncer par amour à l’usage de notre liberté.
Le légionnaire doit apprendre à
rentabiliser son temps, car son temps ne lui appartient pas. Il faut donc
l’aider à couper court avec toute tentation de paresse ou d’oisiveté. Voici à
peu près comment se déroulaient régulièrement nos journées :
Même si le
père Maciel est maintenant tombé en disgrâce aux yeux du monde, il est
intéressant de voir comment, au sein de même de l'Eglise Catholique, et en
toute impunité, parfois soutenu aveuglément par de nombreux évêques et
cardinaux de la curie romaine, il avait réussi à se créer une image de saint
vivant, comme le font les gourous des sectes les plus grotesques. Quelle honte
pour l'Eglise de n'avoir rien vu...
C’est
l’anti-sainteté, le plus grand danger de la vie spirituelle : le désir
d’être parfait. C’est un piège spirituel très pernicieux, car il signe l’arrêt
de mort de la vie spirituelle. Comment devenir saint, si je crois que le
principe de ma sainteté se trouve en moi-même plutôt qu’en Dieu ?