Par
Jason Berry
NDT. Voici la seconde partie de l'article de Jason Berry, dans lequel il
s'attaque aux raisons qui, du côté du Vatican, ont permis à Maciel et à
d'autres de prospérer en toute impunité. Cet article ne reflète pas forcément
les opinions des personnes investies dans ce blog, mais a l'avantage de
soulever un certain nombre de questions. Dans cette seconde partie, Jason Berry
dénonce l'attitude paradoxale de George Weigel, le grand biographe de Jean-Paul
II, lequel est devenu très critique vis-à-vis des évêques qu'il accuse d'avoir
manqué à leur devoir, dans le traitement des affaires de pédophilie... et
pourtant, apparait comme l'un des artisans de l'omerta sur ces questions
pendant des années... Vous pouvez lire la version originale en langue anglaise
de cet article sur le site du National
Catholic Reporter
Analyse
George Weigel, biographe du pape Jean-Paul II et chef de file conservateur
au Centre d'Ethique de Washington ainsi qu'au Centre de Politique Publique, est
devenu récemment un critique de la Légion du Christ, après l'avoir soutenu
pendant des années et avoir rejeté les plaintes et les accusations contre son
fondateur, le père Marcial Maciel Degollado.
Parmi les conservateurs catholiques américains les plus célèbres qui ont
défendu Maciel en dénigrant ses accusateurs, Weigel est le seul à avoir fait
volte-face et à avoir demandé que des réformes urgentes soient faites dans la
congrégation.
Cependant, il continue à sortir de son chemin, comme il l'a fait pendant des
années, pour excuser Jean-Paul II de toute faute dans le scandale de la Légion.
C'est Jean-Paul II, plus que n'importe qui d'autre, qui a soutenu Maciel et la
Légion, et a donné à cette dernière la place qu'elle occupe dorénavant dans
l'Eglise.
«J'ai été profondément impressionné par le travail de la Congrégation des
Légionnaires du Christ aux Etats-Unis, au Mexique et à Rome,» écrivait Weigel
sur l'un des sites Internet de la Légion en 2002. «Si le père Maciel et son
charisme de fondateur doivent être jugés par les fruits de son travail, ces
fruits sont en effet très impressionnants.» C'est en 1997 que pour la première
fois des accusations contre Maciel ont été publiées. Dans l'article co-écrit
par l'auteur de cet article dans le Hartford Courant, neuf hommes,
interrogés aux Etats-Unis et au Mexique, ont accusé Maciel de les avoir agressé
en Espagne et en Italie pendant les années 40, 50 et 60. Plusieurs d'entre eux
affirmèrent que Maciel leur racontait qu'il avait reçu une permission spéciale
du Pape Pie XII pour avoir des massages intimes afin de le soulager de ses
douleurs physiques.
Jason
Berry vient de signer il y a quelques jours deux nouveaux articles qui ont été
publiés dans le 

Rome, 1946. Alors que le pays est encore en plein chaos
économique, au lendemain de la seconde guerre mondiale, un étrange jeune prêtre
vient à la rencontre de quelques responsables du Vatican. Issu d'une famille de
l'aristocratie provinciale mexicaine, Marcial Maciel Degollado n'est prêtre que
depuis deux ans, et pourtant il dirige déjà sa propre congrégation
religieuse.
La triste saga du fondateur de la
Légion du Christ, une congrégation opaque et sectaire, qui fait actuellement
l'objet d'une enquête du Vatican, débouche sur une histoire encore plus sombre,
à savoir comment un homme, par sa trahison et ses mensonges, a réussi à
aveugler les plus grandes figures de la Curie Romaine, et comment, grâce à
l'argent et à ses apparentes réussites, Maciel a su obtenir la protection et le
soutien du Vatican. Pendant des années, ni les responsables des différentes
congrégations vaticanes, ni même le Pape, n'ont su voir les signaux d'alarmes
avertissant que quelque chose était en train de pourrir dans cette communauté,
dont les membres appelaient leur chef «Nuestro Padre» (Notre Père), et le
considéraient comme un saint vivant.