
Quel espoir pour la formation des prêtres de demain? C'est la question,
angoissante, qui travaille un certain nombre d'entre nous depuis toutes ces
révélations récentes sur le père Maciel et les dysfonctionnement obvies de sa
congrégation religieuse. Depuis le Concile Vatican II, l'Eglise cherche à
adapter la formation des séminaristes au monde d'aujourd'hui. Il y a eu
beaucoup de tâtonnements, des essais infructueux, des modèles plus ou moins en
lien avec les modèles traditionnels...
La Légion du Christ a proposé un modèle fascinant, qui possède sans doute
plein de qualités, mais qui, comme on peut le découvrir au fil des témoignages
de ceux qui sortent, n'aide pas forcément les séminaristes à grandir dans leur
liberté personnelle. Un modèle sans doute trop idéologisé, trop angélique... et
finalement dépersonnalisant.
Les légionnaires ont cru pendant des années qu'ils représentaient l'avenir
de l'Eglise, que leur système de formation était parfait, irréprochable... Les
autorités ecclésiales, étonnées par leurs fruits apparents, ont pensé (et on
peut les comprendre) que la méthodologie légionnaire était un exemple à imiter.
Aujourd'hui, on commence à se rendre compte que ce système tellement beau et
parfait conduit à des impasses: peut-être simplement parce qu'il ne laisse pas
assez de place à la liberté personnelle. Si "la gloire de Dieu, c'est l'homme
vivant", comme le dit St Irénée, alors l'école du sacerdoce doit conduire,
avant toute chose, à un épanouissement humain, qui suppose une mise en avant de
la liberté personnelle.
J'aimerais ouvrir une fenêtre vers un peu de lumière, qui m'a apportée
consolation et espérance: un documentaire magnifique "Au nom du père",
diffusé il y a quelques jours sur France 4 et qui est actuellement visible sur
le net. L'actrice Virginie Ledoyen a interrogé, et suivi de près, quelques
séminaristes du diocèse de Paris. Le reportage, regard bienveillant sur cette
réalité, présente un autre modèle de formation, celui qui a été pensé et mis en
place par le Cardinal Lustiger. Et qui sonne juste.
Attention: la vidéo sera en ligne jusqu'au 29 avril, c'est à dire demain! Ne
la ratez pas!